Des écolières traversent une zone inondée par des eaux usées, Gaza.
Des eaux usées se sont déversées dans Gaza après qu'une station de pompage a manqué de carburant

Un an après le cessez-le-feu à Gaza, une embellie économique pour les Palestiniens se fait toujours attendre

“Les gens à Gaza luttent pour trouver du travail et nourrir leurs familles alors que le blocus se poursuit.”
Nishant Pandey
Directeur d’Oxfam pour le Territoire Palestinien occupé et Israël
Publié le : 21 Novembre 2013

Une nouvelle crise se profile alors que la pénurie d’électricité s’aggrave

Un an après le cessez-le-feu entre le gouvernement d’Israël et le Hamas, l’embellie économique attendue par la population de Gaza n’est toujours pas au rendez-vous, souligne aujourd’hui Oxfam.

Malgré les engagements pris lors du cessez-le-feu de faciliter la circulation des personnes et le transfert des marchandises depuis et vers Gaza, 1,7 million de personnes sont toujours soumises au blocus israélien et largement coupées du monde extérieur. Les exportations de Gaza autorisées par Israël ont chuté de moitié depuis 2012 et les pêcheurs et agriculteurs palestiniens continuent de voir leur accès aux zones les plus productives considérablement réduit.

Globalement, ces 12 derniers mois ont été la période la plus calme en termes d’incidents sécuritaires depuis dix ans. Cependant, les violations continuent. Cette année, Israël a été responsable de plus de 300 incidents de tirs à balles réelles aux frontières et sur les eaux – dont la moitié à l’encontre de pêcheurs en mer – et les factions palestiniennes ont tiré plus de 140 roquettes artisanales en direction d’Israël.

L'optimisme s'essouffle

Gaza est aujourd’hui confrontée à une nouvelle crise alors qu’il devient difficile de faire face à une aggravation de la pénurie d’électricité, avec seulement près de 40% du carburant nécessaire rentrant à Gaza quotidiennement, et ce à un prix deux fois plus élevé qu’auparavant. Les coupures de courant de 12 à 16 heures par jour réduisent la fourniture de services de base tels que la santé ou l’eau, impactant ainsi une économie déjà vulnérable. Cette semaine, une des plus importantes stations de pompage de Gaza a manqué de carburant et plusieurs milliers de litres d’eaux usées se sont déversés dans les rues.

Avec le blocus israélien, la population appauvrie de Gaza n’a d’autre choix que d’utiliser les tunnels égyptiens afin de faire rentrer de la nourriture, du carburant et des matériaux de construction moins chers. La fermeture par le gouvernement égyptien de la plupart des tunnels depuis juillet 2013 a exacerbé une situation déjà précaire.

« Les gens à Gaza luttent pour trouver du travail et nourrir leurs familles alors que le blocus se poursuit. L’optimisme d’il y a un an s’essouffle, et une sécurité sur le long terme pour les civils, tant à Gaza qu’en Israël, ne pourra devenir réalité que si celle-ci s’accompagne d’un développement et de réelles perspectives économiques », souligne Nishant Pandey, directeur d’Oxfam pour le Territoire Palestinien occupé et pour Israël.

Graphique sur les exportations de Gaza de 2006 à 2013

L'impact du blocus sur l'économie de Gaza

  • Lors des dix premiers mois de 2013, seuls 111 convois commerciaux d’exportations ont quitté Gaza, contre 254 en 2012 et plus de 5 000 l’année précédant l’imposition du blocus. Les exportations cette année seraient, d’après les prévisions, les plus faibles depuis 2009, tandis que les importations n’atteignent que la moitié du niveau d’avant le blocus.
  • Plus de 80% de la population gazaouie nécessite désormais une aide humanitaire. Selon une estimation, 65% des familles seront en situation d’insécurité alimentaire d’ici la fin de l’année – soit 44% de plus qu’en 2011. Deux tiers de la population de Gaza est approvisionnée aujourd’hui en eau potable seulement une fois tous les trois ou quatre jours.
  • Les restrictions d’accès continuent d’avoir un effet dévastateur sur les moyens de subsistance et l’économie. Les pêcheurs sont uniquement autorisés à pêcher jusqu’à 6 miles nautiques des côtes, tandis que les agriculteurs ne peuvent se rendre sur un grand nombre des terres fertiles proches de la clôture de sécurité entre Israël et Gaza.
  • Plusieurs milliers de travailleurs du secteur de la construction ont perdu leur emploi depuis juillet, alors que la disponibilité de matériaux de construction a été réduite à un tiers de son niveau d’avant le blocus. Le secteur de la construction avait été jusqu’à présent une des seules industries qui avait réussi à se développer malgré le blocus. On s’attend à ce que le taux de chômage à Gaza augmente au-delà de 40% d’ici la fin de l’année.
  • Seuls entre 300 000 et 400 000 litres de carburant par jour parviennent à entrer à Gaza aujourd’hui par les points de passages officiels – bien en dessous du million de litres par jour qui rentrait par les tunnels et qui est nécessaire afin d’approvisionner les centrales électriques, les hôpitaux, les centres de traitements des eaux usées et les ménages de Gaza. Les divisions intra-palestiniennes continuent et les contraintes budgétaires ont aggravé les restrictions sur les entrées de carburant à Gaza du fait du seul blocus.

Mettre fin aux tirs contre les pêcheurs et agriculteurs

Oxfam appelle instamment les autorités israéliennes à autoriser la circulation des biens et des personnes palestiniennes entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem Est, ainsi qu’à mettre fin aux tirs à l’encontre de pêcheurs et agriculteurs. L’ONG demande également au gouvernement égyptien qu’il assure la réouverture de points de passage officiels à Rafah pour des flux de personnes et marchandises palestiniennes. Oxfam soutient un règlement global et négocié du conflit basé sur le droit international.

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