Inondations au Pakistan : notre action

Enfants jouant sur des digues au milieu de terres inondées, au Pakistann, en 2011.
Chaque nouvelle inondation expose plusieurs millions de Pakistanais et Pakistanaises aux risques de maladie et de malnutrition

En 2010, le Pakistan est touché par la pire catastrophe naturelle de son histoire : des inondations submergent un cinquième du pays et endommagent gravement les infrastructures.

Routes submergées, ponts emportés, établissements scolaires et hospitaliers endommagés et quelque 20 millions de personnes touchées. Les populations sinistrées ont perdu leur habitation, leurs cultures et leur bétail – tout moyen de subsistance.

Notre action d'urgence face à l'insalubrité et à l'endettement

Trop d’eau, mais pas une goutte qui soit potable : c’est cette situation paradoxale qu’ont vécue plusieurs centaines de milliers de personnes, contraintes de boire l’eau insalubre des rivières, les canalisations ayant été éventrées et emportées par les flots. De nombreuses régions se sont retrouvées coupées du reste du pays, et des villages entiers, même les constructions en béton, ont été détruits. Parmi les sinistrés, beaucoup n’avaient pas les moyens de se déplacer ; ils avaient perdu le peu qu’ils possédaient, y compris leur gagne-pain et, pour échapper à la montée des eaux, nombre d’entre eux ont dû s’endetter.

Dans les provinces du Pendjab et du Sindh, nous avons aidé à l’évacuation en toute sécurité de plus de 240 900 personnes piégées par les eaux. Réagissant sans tarder, nos équipes sur le terrain ont acheminé des vivres et du matériel de base : produits d’hygiène et abris d’urgence. En distribuant des produits aussi simples que du savon, nous donnions aux sinistrés les moyens de se protéger des épidémies. Le personnel d’Oxfam est parvenu à accéder à certaines régions à pied pour y apporter de la poudre de purification de l’eau, qui agit en 20 minutes seulement. Des chèques ont été distribués aux familles sinistrées pour leur permettre de faire face pendant les premières semaines. Il leur fallait de l’argent pour s’acheter à manger, régler les médicaments et les soins médicaux, mais aussi rembourser les dettes contractées pour payer le transport et fuir les inondations.

« Lorsque c’est arrivé, nous étions tranquillement à la maison. L’eau est montée très vite. Nous avons pris les enfants et quelques vêtements, mais nous n’avons rien pu sauver d’autre, pas même un peu de vaisselle. Nous avons tout perdu... notre maison, notre bétail. » Razia, du Sindh, fait partie des personnes qui ont reçu un chèque suite au déplacement de leur famille. 

Inondations à répétition

Quatre années de suite après cette première inondation catastrophique, qui détruisit 80 % des réserves alimentaires, le Pakistan a subi de nouvelles inondations, notamment dans le sud du Pendjab et dans le Sindh, les greniers à blé et à riz du pays. Chaque crue aggravait encore le risque d’épidémie et de malnutrition pour des millions de personnes. À chaque fois que les eaux emportaient les cultures et détruisaient les habitations, l’endettement s’aggravait : sans abri pendant des mois, dans l’impossibilité de reprendre le travail ou de retourner aux champs, les sinistrés n’avaient rien à manger ni à vendre et devaient emprunter pour se nourrir

Quand enfin ils pouvaient rentrer chez eux, la plupart devaient dormir dehors, dans des abris de fortune, jusqu’à ce que leur maison ait suffisamment séché pour que les réparations puissent commencer. Les tentes que nous avons pu fournir grâce à votre soutien ont apporté un confort appréciable à celles et ceux qui n’avaient que des draps de coton tendus sur des poteaux de bois pour tout toit, pendant qu’ils reconstruisaient leur maison et recommençaient leurs cultures. Nous avons sillonné les villages afin d’inciter les communautés à se désigner des bénévoles sanitaires. Nous avons également distribué des kits d’hygiène et dispensé des formations pour assurer la bonne diffusion des connaissances et une prévention efficace des maladies. Nos programmes « travail contre argent » ont constitué une source précieuse de revenus pour les personnes dans le besoin, tout en permettant l’exécution de travaux de reconstruction essentiels.

« Nous n’avions rien et vous nous avez fourni toutes ces choses qui nous sont très utiles, se souvient Ajeeba, bénévole sanitaire à Goth Zawar Suleman, dans le district de Khairpur. On peut dire que rien n’était superflu. Je tiens à vous féliciter pour cet excellent travail ! »

Reconstruire l’avenir

Les inondations subies plusieurs années de suite ont empêché une grande partie de la population de se remettre tout à fait des terribles inondations de 2010. Les dispositifs anti-inondations n’étant pas reconstruits assez rapidement, chaque nouvelle inondation signifiait la perte des récoltes ou l’impossibilité de semer, et donc creusait davantage encore l’endettement des sinistrés. Nous aidons ces hommes et ces femmes à mieux faire face à de futures catastrophes naturelles et nous leurs apportons l’aide nécessaire au lendemain de celles-ci. La préparation aux catastrophes naturelles est essentielle, car chaque inondation risque de déclencher une crise humanitaire plus grave que la précédente, les mêmes personnes vulnérables étant encore et toujours touchées.

Nos programmes de réduction des risques de catastrophe couvrent un large éventail d’activités visant à préparer les communautés à faire face à des situations d’urgence : élaboration de plans de contingence, mise en place de systèmes d’alerte précoce, organisation d’exercices d’évacuation, élévation des habitations et d’autres bâtiments abritant le bétail et les récoltes, construction de digues et campagnes d’information.

Nous avons en outre encouragé le gouvernement pakistanais à investir davantage (avec l’aide de donateurs internationaux) dans des domaines tels que la construction anti-inondations, les systèmes d’alerte précoce, notamment dans les villages, ainsi que la préparation et la réponse aux situations d’urgence au niveau local. Dans le cadre de notre programme d’éducation des filles, nous avons déjà construit des écoles pilotes à l’épreuve des inondations et équipées d’installations sanitaires, et nous collaborons avec les administrations de district en vue de reproduire ce modèle dans l’ensemble des provinces concernées. 

À Oxfam, nous avons la conviction nous devons également nous unir pour lutter contre le changement climatique, car partout dans le monde, des familles se retrouvent prises dans une spirale infernale où la diminution de leurs revenus face à l’augmentation des prix alimentaires entraîne une baisse de qualité de leur alimentation.

« Après l’élaboration d’une stratégie solide de relèvement et de reconstruction, l’État doit intensifier les travaux afin d’assurer que la population pakistanaise soit mieux préparée à faire face aux catastrophes naturelles à l’avenir, souligne Arif Jabbar Khan, directeur pays d’Oxfam. Nous devons passer à la vitesse supérieure. Avec le changement climatique, qui devrait accroître la gravité et la fréquence des inondations et des sécheresses, le prochain gouvernement devra donner la priorité à ces efforts. »