La crise humanitaire au Darfour risque de durer jusqu’en 2006

Publié le : 1 Novembre 2005

La crise humanitaire au Darfour risque de durer jusqu’à la fin 2006, prévient l’organisme d’aide internationale Oxfam. Oxfam enverra ce mois-ci deux chargements aériens de secours d’une importance vitale vers le Darfour et deux autres vers le Tchad. Des centaines de milliers de personnes déplacées s’y entassent dans des camps surpeuplés où l’eau manque désespérément et où les risques de maladie s’aggravent de jour en jour.

La crise humanitaire au Darfour risque de durer jusqu’à la fin 2006, prévient l’organisme d’aide internationale Oxfam. Oxfam enverra ce mois-ci deux chargements aériens de secours d’une importance vitale vers le Darfour et deux autres vers le Tchad. Des centaines de milliers de personnes déplacées s’y entassent dans des camps surpeuplés où l’eau manque désespérément et où les risques de maladie s’aggravent de jour en jour.

Le conflit qui dure depuis deux ans au Darfour a tué des dizaines de milliers de personnes, emportées par la violence, la faim et la maladie. L’énorme vague de secours humanitaire a permis de sauver plusieurs vies. Mais c’est loin d’être suffisant.

« Au Darfour, plus de deux millions de personnes dépendent presque entièrement de l’aide extérieure. Les travailleurs humanitaires font tout ce qu’ils peuvent, mais ça ne suffit pas. La plupart des personnes déplacées craignent encore de retourner chez elles. Si elles manquent la période des semis cette année, il n’y aura pas de récolte avant octobre 2006. Il faut mettre fin aux combats de toute urgence afin que les gens puissent reprendre le fil de leur vie » déclare Paul Smith-Lomas, directeur régional d’Oxfam.

Le premier de quatre avions doit quitter le Royaume-Uni lundi soir, le 2 mai, en direction d’El Fasher dans le Darfour Nord. Il transporte 34 tonnes métriques d’équipement pour l’approvisionnement en eau et assainissement, qui permettra de fournir en eau potable plus de 200 000 personnes déplacées dans la région. À Kebkabiya, une petite ville dont la population a triplé avec l’afflux de 60 000 personnes déplacées, la pénurie d’eau est telle que les femmes doivent faire la file par une chaleur torride, souvent pendant six heures, pour remplir leur bidon. Au camp de Dalih près de Tawila, 10 000 personnes se disputent l’accès aux deux seules pompes manuelles encore en usage.

Un deuxième chargement est destiné au Darfour Sud, entre autres au camp de Kalma, où 150 000 personnes ont afflué au cours des derniers mois. De concert avec les autorités locales, Oxfam installera des citernes d’eau et près de 8 milles de conduites d’eau en vue d’approvisionner en eau potable les 25 000 réfugiés qui doivent quitter ce camp surpeuplé pour se rendre dans un nouveau camp à Al Salaam.

On souffre aussi de la pénurie d’eau dans l’est du Tchad. Le camp d’Am Nabak (16 000 personnes) reçoit par camion-citerne l’eau du village d’Iriba, à 40 kilomètres de là. Mais le niveau d’eau baisse dangereusement dans cette région aride et désertique où les températures peuvent atteindre les 50° Celsius. La norme minimale quotidienne établie pour les secours d’urgence est de 15 litres d’eau par personne pour l’ensemble des besoins – eau de boisson, cuisine, lavage. Surutilisé depuis des mois, le puits d’Iriba ne fournit plus que 5 litres par personne/jour à Am Nabak, soit le tiers du minimum requis.

« Ce désert hostile est devenu le foyer de 200 000 réfugiés du Darfour, des gens qui ont tout perdu. Leur présence a rompu le fragile équilibre environnemental et maintenant, la population locale souffre elle aussi de la situation. Oxfam est en train de creuser un nouveau puits à 20 km d’Am Nabak. Mais il faut trouver une solution plus durable » explique Cedric Fedida, travailleur humanitaire d’Oxfam au Tchad.

Contacts

Lina Holguin, Oxfam-Québec, 819-664-22-01
Cedric Fedida (Tchad) 235 380 700 ou 88216 5010 1186

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