Fonds mondial d’urgence : les donateurs doivent agir

Publié le : 1 Mars 2006

A une semaine du lancement officiel du Fonds mondial d’urgence par Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, jeudi prochain, cinq des principaux pays donateurs ne se sont pas engagés pour son financement.

A une semaine du lancement officiel du Fonds mondial d’urgence par Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, jeudi prochain, cinq des principaux pays donateurs ne se sont pas engagés pour son financement. Oxfam International a déclaré aujourd’hui que les Etats-Unis, le Japon, l’Australie, l’Italie et le Canada n’ont pas engagé le moindre cent dans le Fonds central de réponse d’urgence (Central Emergency Response Fund- CERF). Malgré qu’elle soit l’un des pays les plus riches du monde, la France lui a accordé à peine plus d’un million de dollars. À titre de comparaison, des pays plus pauvres comme le Mexique, Grenade et le Sri Lanka ont tous participé au fonds.

Le Fonds mondial d’urgence permettra d’assurer une réaction rapide aux urgences, sauvant potentiellement des milliers de vie en rendant possible des actions endéans 72 heures, plutôt que d’avoir à attendre que l’ONU puisse récolter des fonds à chaque nouvelle crise. Le nouveau CERF a été approuvé formellement au cours de l’Assemblée Général de décembre et sera lancé à New York jeudi 9 mars.

Sarah Kline, Conseillère politique d’Oxfam, a déclaré que le fonds pourrait aider à la fois pour les catastrophes imprévues et aussi fournir de l’argent aux crises oubliées comme celle du Tchad auxquelles les gouvernements donateurs adéquats ne prêtent ni fonds, ni attention.

« Le fonds pourrait aider à sauver des vies dans des crises comme celles de l’Ouganda et du Tchad qui n’en font pas pour autant l’antenne du monde », affirme Sarah Kline. « Il pourrait très largement aider à résoudre les disputes continues et récurrentes à propos des dons d’argent en faveur des catastrophes naturelles et des conflits oubliés ».

« Les gouvernements se sont engagés à répondre rapidement et efficacement pour aider ceux qui en ont le plus besoin, mais maintenant qu’un fonds mondial d’urgence existe, ils semblent rechigner à y mettre de l’argent », ajoute-t-elle.

Oxfam s’est servi de l’exemple du Tchad pour illustrer un cas d’urgence oublié et que le Fonds mondial d’urgence pourrait aider. Le Tchad souffre des conséquences de l’entrée massive de 200 000 réfugiés en provenance du Darfour voisin, et a donc besoin de recevoir une aide internationale pour les provisions en eau, les installations sanitaires, la santé, l’éducation et les programmes alimentaires. Malgré cela, l’appel humanitaire lancé par les Nations unies n’a reçu que 55% des fonds requis en 2005 : soit à peine 125 millions de dollars des 227 millions requis. Le Fonds mondial d’urgence pourrait contribuer à combler ce vide.

Les gouvernements (parmi lesquels le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, l’Irlande, la Suisse, le Danemark, la Finlande et le Luxembourg) ont promis au CERF un montant total s’élevant à seulement 118 millions de dollars. Oxfam International estime à un milliard de dollars le fonds nécessaire pour permettre à l’ONU d’assurer une réponse immédiate aux catastrophes futures. Depuis plusieurs années, cette somme d’un milliard correspond à l’écart existant entre les besoins humanitaires mondiaux et les donations qui ont été effectivement versées.

Oxfam insiste sur le fait que les gouvernements doivent placer en tête de leurs budgets pour l’aide humanitaire tout l’argent nécessaire au Fonds mondial d’urgence (ce qui équivaudrait pour chaque habitant des pays riches de l’OCDE à donner moins d’un dollar par an) jusqu’à l’obtention du milliard de dollars supplémentaire espéré.

 

Contacts

Pour plus d’informations, veuillez contacter : Caroline Green +1 202 321 7858 ou Sarah Kline au +1 858 205 8734