La Zambie se sert de l'annulation de la dette du G8 afin d'offrir des soins de santé gratuits aux plus démunis

Publié le : 31 Mars 2006

Ce 1er avril, le gouvernement zambien a introduit l'accès gratuit aux soins de santé pour les habitants des zones rurales en supprimant les frais qui empêchaient des millions de personnes de se faire soigner depuis des années. Ce pas en avant a été possible grâce aux fonds dégagés par l'annulation de la dette et par l'accroissement de l'aide consentis lors du sommet du G8 à Gleneagles en juillet dernier. La Zambie a reçu 4 milliards de dollars d'allégement de la dette, somme qui est désormais investie dans les secteurs de la santé et l'éducation.

Aujourd'hui (le 1er avril), le gouvernement zambien a introduit l'accès gratuit aux soins de santé pour les habitants des zones rurales en supprimant les frais qui empêchaient des millions de personnes de se faire soigner depuis des années.

Ce pas en avant a été possible grâce aux fonds dégagés par l'annulation de la dette et par l'accroissement de l'aide consentis lors du sommet du G8 à Gleneagles en juillet dernier. La Zambie a reçu 4 milliards de dollars d'allégement de la dette, somme qui est désormais investie dans les secteurs de la santé et l'éducation.

Actuellement, 65 pour cent des zambiens vivent avec moins d'un dollar par jour. Jusqu'à aujourd'hui, une visite de routine dans un hôpital équivaudrait à plus du double de ce montant, ce qui reviendrait à dire qu'un travailleur britannique devrait dépenser 120 livres sterling (soit 200 dollars américains) pour une simple visite à l'hôpital.

« Il s'agit de l'un des premiers exemples concrets attestant que l'action du G8 l'année dernière a créé une véritable différence dans le quotidien de ces gens », a expliqué Barbara Stocking, directrice d'Oxfam Grande-Bretagne. « Les gens déplorent souvent le manque de bonnes nouvelles venant d'Afrique ; voici donc la preuve d'un réel progrès. Cela démontre ce dont sont capables les populations des pays riches et des pays en voie de développement lorsqu'elles incitent leurs dirigeants à tenir leurs engagements. Ceux qui ont soutenu la campagne Make Poverty History l'année dernière devraient être fiers de cette réussite ».

Les « user fees » (« contributions financières aux frais médicaux ») ont été introduites en Zambie suite à des pressions émanant du FMI et de la Banque Mondiale au début des années 1990. Les jeunes filles des zones rurales ont été les principales victimes de cette politique étant donné que leurs familles étaient rarement prêtes voire incapables de financer leur traitement.

Maintenant que les « user fees » ont été supprimées, l'expérience des autres pays prouve qu'il y aura de plus en plus de patients se rendant aux consultations dans les hôpitaux du pays ; effectivement, nombreux sont ceux qui n'auraient pas eu les moyens de payer les soins auparavant. En Ouganda, la plupart des cliniques ont déjà vu le nombre de leurs patients doubler.

Selon Oxfam, le prochain défi de la Zambie sera de remédier à la pénurie chronique de professionnels de la santé. En Zambie, il n'y a actuellement qu'un médecin pour 14.000 habitants (chiffre qu'il convient de comparer à celui de un médecin pour 600 habitants en Grande Bretagne), il faudrait également doubler le nombre d'infirmières dans le pays. De plus, les professionnels de la santé dans le secteur public gagnent un salaire de misère et doivent faire face à des conditions de travail épouvantables.

« Nous prions le gouvernement de supprimer les « user fees » dans les zones rurales et nous lui conseillons vivement de faire de même dans les zones urbaines. C'est la principale étape à franchir afin d'aborder la crise sanitaire en Zambie.

« Nous avons maintenant besoin de plus de fonds afin d'acheter des médicaments et d'améliorer les conditions de travail des docteurs et des infirmières », a déclaré Henry Malumo, coordinateur national de Action Mondiale contre la Pauvreté en Zambie.

Afin de s'assurer que la suppression des frais aboutisse à un accès aux soins de santé efficace, Oxfam fait appel aux donateurs afin qu'ils apportent leur soutien financier à l'éducation et au recrutement de professionnels de la santé, à l'instar du Ministère britannique du Développement international au Malawi.

Le FMI doit également s'assurer que ses conditions de prêts ne limitent pas l'embauche de professionnels supplémentaires.

« La déclaration d'aujourd'hui fera la différence pour des millions de pauvres. Sur le terrain, cela signifie que des centaines de personnes auront accès à des traitements pour la toute première fois. La Zambie nécessitera également un soutien financier continu pour recruter du nouveau personnel mais il s'agit avant tout d'un pas de géant entrepris dans la bonne direction. Maintenant il faudrait que d'autres pays africains en fassent de même », a expliqué Barbara Stocking, directrice d'Oxfam Grande-Bretagne.

Une étude récente a révélé que sur 30 pays africains, seuls 3 n'utilisaient pas les « user fees ».



 

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