Six mois après le tremblement de terre survenu l’année dernière, la majorité des deux millions de pakistanais que la plus grande catastrophe naturelle du pays a laissé sans abri font face à une période critique, a relaté Oxfam International ce vendredi.
Selon Oxfam, les efforts de secours jusqu’à présent consentis ont généralement porté leurs fruits. Malgré l’ampleur considérable des défis, de la location et de la logistique, on a pu empêcher des épidémies de maladies graves, accéder à des communautés lointaines et parer à un deuxième désastre. « Grâce à un hiver doux et aux efforts combinés du gouvernement pakistanais, des organismes d’aide et des donateurs, les deux millions de sans-abri ont pu survivre à un hiver hymalayen sans que se produise la deuxième catastrophe humanitaire tellement crainte », a expliqué Farhana Faruqi Stocker, à la tête d’Oxfam au Pakistan.« C’est une nouvelle formidable qui n’aurait jamais eu lieu sans l’aide généreuse du public ». Néanmoins, étant donné que des milliers de personnes sont déplacées des camps officiels pour retrouver leurs régions locales et que le gouvernement entame la mise en application de ses plans de réhabilitation et de reconstruction, le besoin d’aide se fait encore ressentir. Les organismes d’aide sont préoccupés car des camps dans certaines régions ont été déplacés :
« Oxfam International soutient l’idée que les personnes déplacées devraient recevoir de l’aide pour rentrer chez eux », a dit Stocker. « Ce processus soit être sûr, volontaire, digne et informé ; de même, le gouvernement doit garantir que des installations de soutien appropriées serontbmises en place lorsque les gens rentrent. Un tel processus sera bien plus durable et efficace à long terme. »« Nous nous réjouissons des étapes positives que franchit le gouvernement afin d’atteindre ces objectifs », a-t-elle ajouté, « cependant, ils sont des milliers à avoir été renvoyés chez eux, par conséquent, nous avons besoin de plus d’actions sur le terrain ».Le célèbre boxeur anglais Amir Khan, qui a rencontré de nombreux survivants du tremblement de terre et qui a eu l’occasion d’observer le travail d’Oxfam lors de sa visite au Cachemire sous contrôle pakistanais ce jeudi, a vivement conseillé aux différentes parties de soutenir autant que possible les personnes affectées par le séisme. « Ces personnes ont vécu un énorme tremblement de terre et ont survécu à un hiver de neige et de pluie, réfugiées dans des tentes à côté de l’Himalaya », a expliqué le boxeur médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de 2004, après avoir visité des camps proches de la villes de Muzaffarabad. « Nous devons tous travailler ensemble afin de leur apporter tout l’aide, tous les soins et tout le temps dont ils ont besoin pour reconstruire leurs maisons et leur vie ». Plusieurs organismes d’aide ont rendu compte que de nombreux camps ont été fermé sans aucune indication précise de ce qui allait se passer pour les plus vulnérables comme les personnes malades ou handicapées, les veuves et leurs jeunes enfants, et les sans terre. « Nombreux sont ceux qui veulent rentrer chez eux mais qui ne peuvent pas car leurs villages se sont fait ensevelir par l’éboulement », a expliqué Stocker. « Nous devons rentrer dans une phase bien suivie et dirigée afin d’empêcher que ces gens se trouvent dans de nouveaux camps spontanés ».En outre, les résultats des études sismiques devraient être entièrement publiés de façon à ce que les personnes déplacées puissent commencer leur reconstruction dans des endroits sûrs, a déclaré Stocker. Plus de 1840 répliques ont secoué la région depuis la catastrophe du mois d’octobre dernier. Mardi, un séisme d’une magnitude de 5,2 sur l’échelle de Ritcher a emmené au moins douze personnes tout droit à l’hôpital.Mais que faire de ces personnes déplacées dans des camps spontanés déjà bondés, où les conditions sont généralement pire que dans les camps officiels ? Le risque de maladie augmente avec la hausse de la température (qui devrait dépasser 30C/86F en avril et 40C/104F vers le mois de juin dans la plupart du territoire), par conséquent, plus d’attention et de soutien sont requis afin d’empêcher un sérieux problème sanitaire. « Nous ne devrions pas oublier de soutenir également les nombreuses personnes déplacées qui vivent toujours dans des groupements de tentes trop petits pour être considérés comme des camps », a ajouté Stocker. Le 8 octobre, un puissant tremblement de terre de magnitude 7,6 sur l’échelle de Richter a secoué le Cachemire sous contrôle pakistanais, faisant plus de 73.000 morts et un nombre similaire de blessés. Selon L’Inde, près de 1.400 personnes sont mortes dans la zone se trouvant sous son contrôle. Le manque d’abris adéquats mis en état pour passé l’hiver constituait un sérieux problème durant la première moitié de l’hiver. Un manque de coordination a également entravé le travail et les objectifs des organismes de secours durant les premiers mois, engendrant de cette façon un doublement de l’effort et une extension d’aide inadaptée dans certaines régions isolées.La communauté internationale devrait en tirer des leçons, a déclaré Oxfam International, notamment en déployant à l’avenir des ressources humaines et financières dévouées plus rapidement et plus efficacement, grâce à une réaction correctement subventionnée par les Nations Unies.Oxfam International a fourni de l’eau, des toilettes et des lavabos pour plus de 540.000 hommes, femmes et enfants vivant dans les zones touchées par le tremblement de terre. L’organisation a distribué des tentes pour faire face à l’hiver et des abris de transition prêts à monter à plus de 350.000 personnes tandis que son programme de moyens d’existence a déjà aidé plus de 40.000 à se reconstruire.