Réunions de printemps : Balade dans le parc ou progrès pour les pauvres ?

Publié le : 19 Avril 2006

18 avril 2005, Washington D.C. - A l’approche des réunions de printemps qui auront lieu à la Banque Mondiale et au Fonds monétaire international, tout est étrangement calme chez ces institutions financières internationales. La Banque, le Fonds et les pays riches actionnaires espèrent que la réunion sera détendue et ne les engagera à rien : ils souhaitent donc une réunion différente de celle de l’an passé, au cours de laquelle s’était prise la décision historique d’annuler la dette et d’augmenter l’aide étrangère. Mais les agences internationales d’aide humanitaire et les militants contre la pauvreté ne permettront pas que, comme d’habitude, les choses retournent à la normale.

18 avril 2005, Washington D.C. - A l’approche des réunions de printemps qui auront lieu à la Banque Mondiale et au Fonds monétaire international, tout est étrangement calme chez ces institutions financières internationales. La Banque, le Fonds et les pays riches actionnaires espèrent que la réunion sera détendue et ne les engagera à rien : ils souhaitent donc une réunion différente de celle de l’an passé, au cours de laquelle s’était prise la décision historique d’annuler la dette et d’augmenter l’aide étrangère. Mais  les agences internationales d’aide humanitaire et les militants contre la pauvreté ne permettront pas que, comme d’habitude, les choses retournent à la normale. 


 « Nous maintenons la pression sur la Banque, le Fonds et les pays riches donateurs », a déclaré Max Lawson, Conseiller politique d’Oxfam. « L’histoire de 2005 peut se résumer aux promesses que les pays riches avaient formulées en ce qui concerne l’augmentation de leur aide. L’histoire de 2006 dira si ces promesses se réaliseront grâce à de nouveaux apports concrets d’argent destinés à lutter contre la pauvreté plutôt qu’en augmentant l’aide en faisant de savants calculs, en recourant à des politiques intelligentes et en favorisant un intérêt purement personnel. »

En dépit des efforts mondiaux pour mettre un terme à la pauvreté, les pays les plus pauvres du  monde n’ont pas bénéficié des augmentations de l’aide en 2005. En fait, l’Iraq a reçu plus d’aide que l’Afrique. L’année passée, le montant de l’aide a augmenté de 27 milliards de dollars mais 23 milliards de cette augmentation était constituée de crédit à l’exportation et autres déductions fiscales. L’Iraq a reçu la majorité de cet argent, marquant ainsi un rachat de créances de 12 milliards de dollars. Alors qu’au même moment, des mécanismes financiers clés tels que l’Initiative de promotion accélérée de l’Education pour tous sont insuffisamment financés, privant ainsi 100 millions d’enfants dans les pays pauvres de leur droit à l’éducation.

Pour empirer encore la situation, la qualité de l’aide que les pays pauvres reçoivent effectivement est hautement inefficace. Les augmentations des dernières années ont souvent été dépensées pour financer une assistance technique coûteuse comme les consultants. Les chiffres de la Banque Mondiale montrent que la même quantité d’argent nécessaire à la rémunération d’un consultant durant 100 jours pourrait servir pour payer 100 enseignants pendant un an. En moyenne, les gouvernements donateurs dépensent un tiers de leur aide en assistance technique et cette proportion est croissante.

Il est indispensable de prévoir une aide souple et sur le long terme pour financer la réduction de la pauvreté. La grave pénurie d’enseignants formés et de professionnels de la santé est l’un des problèmes majeurs que les pays pauvres ont à affronter. Ces pays ont besoin de deux millions d’enseignants et de quatre millions de professionnels de la santé immédiatement. La prédictibilité de l’aide est essentielle: les pays pauvres ne peuvent organiser efficacement la rémunération des employés et les frais de formation sans savoir si les apports d’aide seront assurés et supporteront des frais récurrents.

 « Les dirigeants des pays riches se sont levés et ont déclaré qu’ils voulaient mettre les enfants à l’école et sauver les gens de maladies curables, » a déclaré Lawson. « Que va faire la Banque Mondiale pour embarrasser systématiquement les gouvernements donateurs qui n’améliorent pas la qualité de leur aide dans les années à venir ? »

Il faut également s’attaquer à la corruption et à l’autorité afin de lutter efficacement contre la pauvreté. Paul Wolfowitz, Président de la Banque Mondiale, a récemment parlé d’un plan de corruption et Oxfam salue l’intérêt qu’il porte à cette question importante. Les compagnies multinationales s’accompagnent d’incitations à la corruption massives : le coup de projecteur que Wolfowitz porte sur ces corrupteurs revêt donc une importance particulière. 

 « Bien que la Banque Mondiale soit la seule banque qui favorise le développement à rendre publique sa liste noire des compagnies corrompues, nous espérons que le nouveau plan de Wolfowitz provoquera des efforts encore plus agressifs afin d’exposer les corrupteurs qui graissent les rouages de la corruption et volent les personnes les plus pauvres,» a déclaré Bernice Romero, directeur du bureau de plaidoyer pour Oxfam. « Si Wolfowitz et la Banque Mondiale sont vraiment engagés dans la réduction de la corruption, il doit y avoir une responsabilité mutuelle entre les pays pauvres et les pays riches, les donateurs et les nations en développement, la Banque et ceux qui reçoivent son aide. »

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