« Pourquoi les Africains continuent-ils de souffrir ? » Angélique Kidjo, activiste

Publié le : 25 Avril 2006

Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF et militante d’Oxfam, a été témoin des effets dévastateurs et mortels de la grave sécheresse qui frappe des milliers de communautés dans la Corne et à l’Est de l’Afrique. Hier, lorsqu’elle a rendu visite aux communautés et aux familles de la ville de Wajir, située à 780 kilomètres au nord de Nairobi (capitale du Kenya), Mademoiselle Kidjo a tout de suite été frappée par ce qu’elle y a vu.

L’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF et militante d’Oxfam se rend au Kenya, frappé par la sécheresse

Nairobi, 25 avril 2006 – Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF et militante d’Oxfam, a été témoin des effets dévastateurs et mortels de la grave sécheresse qui frappe des milliers de communautés dans la Corne et à l’Est de l’Afrique. Hier, lorsqu’elle a rendu visite aux communautés et aux familles de la ville de Wajir, située à 780 kilomètres au nord de Nairobi (capitale du Kenya), Mademoiselle Kidjo a tout de suite été frappée par ce qu’elle y a vu.

« Bien qu’il ait un peu plus par ici, l’état de malnutrition des habitants est toujours critique et les gens souffrent vraiment, » dit-elle. « Des carcasses du bétail mort gisent sur toutes les terres : elles polluent l’eau et provoquent l’apparition de nouvelles maladies. J’ai vu un enfant de 8 ans qui pesait autant qu’un enfant de 3. »

« Les adultes aussi meurent de faim. Il y a la malaria, la dysenterie et la rougeole. L’UNICEF et Oxfam font de leur mieux : ils immunisent les enfants, distribuent de la nourriture, creusent des trous de sonde et viennent en aide aux communautés et aux hôpitaux locaux. Mais nous devons en faire encore beaucoup plus. »

Cette sécheresse est la pire de la décennie. Elle a laissé environ 11 millions de personnes dans un besoin d’aide urgent. Les communautés pastorales, déjà vulnérables, se trouvent plongées dans un cycle de pauvreté que l’absence de quatre saisons des pluies ont encore aggravé. Dans certaines régions, le taux de malnutrition sévère atteint 30% : ce qui signifie que trois enfants sur dix sont confrontés à de graves maladies, à des problèmes de santé sur le long terme, voire la mort. Dans d’autres régions, plus de 62% des femmes enceintes souffrent de malnutrition.

« Mais le Kenya n’est pas le seul pays à souffrir de cette situation, » déclare Kidjo. « La crise est en train de détruire toute la Corne de l’Afrique. Des millions de personnes souffrent toujours. Ce serait une terrible erreur que de penser que cette situation d’urgence est terminée uniquement parce qu’il a un peu plu. Si la pluie a apporté quelque chose, c’est une meilleure propagation des maladies qui menace non seulement les enfants mais aussi le bétail, détruisant ainsi l’espoir d’une rapide remise sur pied. »

Des interventions sur le long terme sont nécessaires car elles permettront aux communautés de se défendre lors de la prochaine sécheresse. Les communautés itinérantes ont besoin de solutions « itinérantes » : des écoles qui se déplaceraient avec les pasteurs nomades, des services de santé qui organiseraient régulièrement des animations pour les communautés retirées et des services vétérinaires qui leurs permettraient d’entretenir leurs moyens de subsistance.

« L’environnement est tellement diminué : nous devons planter plus d’arbres qui puissent survivre dans ce climat aride. Il n’y avait pas de routes ! Comment un quelconque développement pourrait-il avoir lieu s’il n’y a pas de routes ! Nous devons travailler avec ces communautés, les rendre plus fortes pour qu’elles ne vivent plus dans ces conditions précaires. »

Kidjo a également rencontré les anciens en provenance du Kenya mais aussi de Somalie. Ils avaient tous le même désir : recevoir une éducation, être traités avec dignité et avoir les moyens d’aider leur famille et leur communauté à se remettre d’aplomb.

Kidjo parle avec passion des personnes qu’elle a rencontrées. « Derrière chaque situation d’urgence se cache une voix d’homme (ou de femme) et aujourd’hui, j’ai entendu ces voix. Les femmes et les hommes avec lesquels j’ai parlé, qui ont perdu tout leur bétail, n’ont pas de foyer et dont les enfants sont à deux doigts de mourir ; ces personnes m’ont dit qu’elles étaient reconnaissantes pour la nourriture et l’aide que nous leur apportons, mais elles veulent gagner leur émancipation, en bénéficiant du savoir et des compétences qui leurs permettront de se protéger lors de la prochaine sécheresse.

« En tant que femme et mère africaine, je ne peux pas rester là à observer cette souffrance. Nous avons certes besoin de l’aide de la communauté internationale, mais il faut aussi que nous, les Africains, y prenions part nous-mêmes. Pourquoi devrions-nous attendre que d’autres viennent sécher nos larmes ? »

Contacts

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Anastasia Mutisya, Communications Oxfam: Tel: 254 20 2820220 Cell:0733 792674
Beatrice Karanja, Communications Oxfam: Tel: 254 20 2820136. Cell: 0733 632810
Sara Cameron, Communications UNICEF: Tel: 254 20 622977 Cell: 254 722 585262
Brenda Kariuki, Communications UNICEF: Tel: 254 20 624555 Cell: 254 722 880067

Pour les interviews qui auront lieu à New York le 3 mai 2006, veuillez contacter :
Susan Lagana, Communications UNICEF: Tel: 212-326-7516