Oxfam : "Les dirigeants doivent dégeler l’aide à l’autorité palestinienne"

Publié le : 31 Août 2006

Oxfam-International appelle les pays donateurs, réunis ce vendredi à la conférence de Stockholm, à reprendre l’aide internationale à l’Autorité Palestinienne afin de mettre fin à la dégradation de la situation humanitaire dans les Territoires Palestiniens occupés.

Au vu des évaluations faites par les Nations unies et la Banque mondiale, Oxfam estime que l’Autorité Palestinienne subit une perte de plus d’un milliard de dollars du fait de la suspension de l’aide décidée en début d’année et de la confiscation des taxes palestiniennes par Israël. Cette situation pousse les Palestiniens à vivre dans des conditions de grande pauvreté.

Des centaines de milliers de Palestiniens sans revenus

Des centaines de milliers de personnes se retrouvent sans revenus. Les détritus s’entassent dans les rues, les eaux d’évacuation débordent des fosses sceptiques, les écoles fonctionnent sans budget et les fonctionnaires font grève parce qu’ils ne sont plus payés.

L’accord provisoire des donateurs (juin 2006) visant à verser directement l’aide à la population palestinienne n’a pas résolu le problème, déclare Oxfam.

Hilt Teuwen, gestionnaire de programme Moyen Orient à Oxfam-Solidarité : “Si les pays donateurs veulent vraiment s’attaquer à la pauvreté et à la souffrance des Palestiniens, ils devraient immédiatement reprendre le financement des autorités locales et nationales en charge de la distribution des services essentiels. Ils doivent également faire pression sur Israël pour qu’il verse au gouvernement palestinien les taxes confisquées".

"Le schéma provisoire, établi pour fournir un soutien direct aux Palestiniens, exclut des dizaines de milliers de fonctionnaires. Les plans prévoyant d’assurer des revenus aux 40.000 Palestiniens les plus pauvres et à leurs familles (qui bénéficiaient auparavant d’allocations sociales) n’ont pas encore réussi à se mettre en place".

Les enfants subissent durement la situation

Fawsi Sadqi Nasser, professeur d’anglais à l’école Madama (près de Naplouse), a témoigné à Oxfam de l’impact des changements survenus : “Je suis un enseignant. Nous avons l’habitude d’attendre nos salaires... mais maintenant, cela fait des mois que je ne touche plus rien. La vie est devenue extrêmement difficile. Mes enfants ressentent fortement la situation. A l’école, près de la moitié des parents d’élèves travaillent pour l’Autorité Palestinienne. Quand on regarde bien les enfants, on peut clairement voir un changement dans leur visage”.

La conférence des donateurs traitera des problèmes continus rencontrés en matière d’accès aux organisations humanitaires, problèmes contribuant de façon significative à l’augmentation de la pauvreté. La fermeture répétée des points de contrôle à Gaza provoque de sévères pénuries de biens essentiels, tels que le lait en poudre et le pain, et asphyxie le commerce et l’activité économique en bloquant la libre circulation des personnes et des biens. Aucune aide humanitaire n’a pu arriver à Gaza depuis le 15 août. Cela a également interrompu le travail en cours d’Oxfam et de ses partenaires, actifs dans la réhabilitation des systèmes hydrauliques.

Oxfam International appelle les donateurs internationaux à :

  • Lever la suspension de l’aide internationale à l’Autorité palestinienne
  • Garantir l’accès et la distribution de l’aide humanitaire
  • Garantir la réparation des dommages causés aux infrastructures civiles
  • Reconsidérer le mécanisme temporaire d’aide
  • Garantir qu’Israël transfère les revenus fiscaux
  • Garantir la mise en place de l’Accord sur les Déplacements et l’Accès aux points de passage aux frontières de Gaza

 

Contacts

Pour plus d''information, veuillez contacter:
- Evelyn Lernout, Agent de liaison d’Oxfam-Solidarité à Jérusalem, tel +972 547 39 57 03

- Mirjam Van Belle, gestionnaire de programme pour le Moyen orient et l’aide d’urgence, tel. +32 (2) 501 67 44 - mobile: +32 (0)497 43 57 13