Des services publics essentiels pour en finir avec la pauvreté dans le monde

Publié le : 29 Août 2006

Le rapport, "Dans l'intérêt du public: santé, éducation, eau et assainissement pour tous", exhorte les gouvernements des pays en développement à consacrer une proportion plus élevée de leur budget à la mise en place de ces services vitaux pour les citoyens, et les gouvernements des pays riches à les appuyer grâce à une aide accrue et à long terme.

Des salles de classe dotées d’enseignants, des cliniques dotées d’infirmières, de l’eau courante et des toilettes qui fonctionnent : ces services publics de base sont essentiels pour venir à bout de la pauvreté globale, selon un nouveau rapport d’Oxfam et de WaterAid. Les deux organismes soutiennent que seuls les gouvernements ont la possibilité de fournir ces services dans la mesure nécessaire pour transformer la vie de millions de gens qui vivent dans la pauvreté.

Le rapport, "Dans l'intérêt du public: santé, éducation, eau et assainissement pour tous", exhorte les gouvernements des pays en développement à consacrer une proportion plus élevée de leur budget à la mise en place de ces services vitaux pour les citoyens, et les gouvernements des pays riches à les appuyer grâce à une aide accrue et à long terme.

« La mise sur pied de services publics dans les pays pauvres est fondamentale pour un monde sans pauvreté » déclare Bernice Romero, directrice des campagnes et du plaidoyer d'Oxfam International. « Quel investissement plus judicieux pourrait-on faire que celui nécessaire à la formation et à la rémunération d’enseignants et de travailleurs de la santé, ou à la construction d’installations sanitaires et d’alimentation en eau? ».

Les pays riches et la Banque mondiale font l’objet de critiques pour leur appui à des projets inappropriés du secteur privé visant l’approvisionnement en eau et la santé qui amenuise la capacité des gouvernements de fournir des services publics. Selon le rapport, les entreprises privées, tout comme les organisations de la société civile, peuvent apporter une contribution importante. Elles n’ont cependant pas la capacité de fournir ces services dans la mesure requise, en fonction des besoins de tous les citoyens, y compris les femmes et les filles, les membres de groupes minoritaires et les personnes les plus démunies.

Le rapport indique que la prospérité des pays riches s’est édifiée sur des services publics universels.

« Il y a cent ans, l’espérance de vie en Europe était comparable à celle que connaît l’Afrique d’aujourd’hui », affirme Bernice Romero. « C’est seulement grâce à des programmes publics efficaces que nous avons enrayé les maladies et créé une main-d’œuvre instruite, la pierre angulaire de notre richesse actuelle. »

Les organismes, conscients de la faiblesse de nombreux systèmes gouvernementaux, soulignent néanmoins certaines réussites récentes. Le Sri Lanka, le Botswana, la Malaisie et l’État du Kerala en Inde ont, en l’espace d’une seule génération, fait des progrès en santé et en éducation que les pays industrialisés ont mis un siècle à accomplir.

Malgré qu’il soit un pays pauvre dont les revenus du tiers de la population n’atteignent que deux dollars par jour, le Sri Lanka fournit gratuitement à ses citoyens des soins de santé et l’éducation. Le taux de mortalité maternelle y est parmi les plus bas au monde.

« Plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à de l’eau potable et 2,6 milliards de personnes, à des toilettes, déclare Belinda Calaguas, directrice politique de WaterAid. Il en résulte la propagation inévitable de maladies disséminées par l’eau qui causent la mort de 6 000 enfants chaque jour. La solution à cette crise d’une ampleur croissante dans certains des pays les plus pauvres du monde réside dans une réforme complète du secteur public appuyée par les gouvernements des pays riches. »

Chaque jour dans le monde, 4 000 enfants meurent de diarrhée, 1 400 femmes meurent inutilement pendant leur grossesse ou leur accouchement, et 100 millions d’enfants d’âge scolaire, la plupart des filles, ne vont pas à l’école. Or, on dépense dans les pays riches une somme pratiquement aussi élevée en aliments pour animaux domestiques (40 milliards de dollars) que le montant qui serait nécessaire (47 milliards de dollars) pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement relatifs à la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement.

Et Bernice Romero de conclure : « En l’espace d’une génération, pour la première fois dans l’histoire, chaque enfant du monde pourrait aller à l’école, chaque femme pourrait donner naissance avec les soins appropriés, chaque personne pourrait boire de l’eau potable, des millions de nouveaux travailleurs de la santé et enseignants pourraient sauver des vies et former des esprits. C’est le minimum acceptable ».

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Taylor Thompson
Attachée de presse
Oxfam International
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