L’industrie de l’armement exploite les failles importantes dans le contrôle existant sur le commerce des armes

Publié le : 2 Octobre 2006

Le rapport Armes Sans Frontières met en valeur les lacunes majeures qui permettent aux entreprises d’armement de contourner légalement les règles, y compris les embargos, grâce à la vente de pièces individuelles en lieu et place de la vente de matériel assemblé.

Nouveau rapport de la campagne Contrôlez les armes.

Le rapport Armes Sans Frontières a été lancé ce lundi 2 octobre 2006, première étape avant un vote décisif aux Nations unies pour commencer à élaborer un Traité sur le commerce des armes.

Le rapport met en valeur les lacunes majeures qui permettent aux entreprises d’armement de contourner légalement les règles, y compris les embargos, grâce à la vente de pièces individuelles en lieu et place de la vente de matériel assemblé.

« Ce dont le monde a besoin c’est d’un Traité international efficace sur le commerce des armes qui arrêtera le flot d’armes vers les Etats qui violent les droits humains », a déclaré Benoît Muracciole, d’Amnesty International France.

Ainsi, l’Union européenne impose un embargo sur les armes à destination de la Chine tandis que les États-Unis et le Canada refusent de vendre des hélicoptères à ce pays. Pourtant, le nouvel hélicoptère d’assaut chinois Z-10 ne pourrait pas voler sans les pièces et la technologie d’une entreprise italo-britannique (AugustaWestland), d’une entreprise canadienne (Pratt & Whitney Canada), d’une entreprise des États-Unis (Lord Corporation) et d’une entreprise franco-allemande (Eurocopter). Or la Chine a déjà vendu par ailleurs des hélicoptères d’assaut à divers pays dont le Soudan, qui, en ce qui concerne les armes, est sous embargo total de l’Union européenne et sous embargo partiel des Nations unies.

Selon Michel Roy du Secours Catholique - « ce rapport révèle une litanie de failles et souligne le nombre de vies détruites parce que certains gouvernements préfèrent s’armer plutôt que de lutter contre la misère ».

Le rapport montre également que la technologie est souvent à double usage – le domaine militaire profitant des avancées technologiques issues du civil. Or des applications technologiques civiles, lorsqu’elles sont détournées de leur utilisation d’origine à des fins militaires, échappent aux règlementations sur les armes. Celles-ci n’ayant pas été adaptées.

« Les entreprises d’armements sont mondiales tandis que les régulations sur les armes ne le sont pas, et la conséquence en est que les régimes s’arment au détriment du développement », a déclaré Caroline Maurel, d’Agir Ici-Oxfam.

Contacts

Caroline Maurel - Directrice des campagnes Agir Ici - Oxfam
Tel : + 33 1 56 98 29 67