Tsunami: deux ans aprés, à Aceh, plus de 25.000 familles sans terre attendent toujours de nouveaux terrains et de nouvelles habi

Publié le : 6 Décembre 2006

L’organisation internationale Oxfam tire la sonette d’alarme : deux ans après que le tsunami ait emporté leur maison et détruit leurs terres, 25.000 familles pauvres et sans terre d’Aceh (Indonésie) ne bénéficient toujours pas du programme de reconstruction et doivent encore être relogées.

Aceh bénéficie du plus grand projet de reconstruction en cours dans les pays en développement. Un grand travail a déjà été réalisé grâce à la générosité internationale et à l'action rapide du gouvernement indonésien. Jusqu'à présent, un tiers des 128.000 habitations nécessaires ont été construites.

Mais un obstacle majeur subsiste pour reloger les sans terre : les droits fonciers. Beaucoup de sans terre s’abritent encore dans des abris temporaires où les familles vivent à l'étroit, souvent dans des conditions d’hygiène déplorables.

Aujourd'hui, Oxfam publie un nouveau rapport « Deux ans après le Tsunami: Les droits fonciers à Aceh ». L’organisation fait pression sur le gouvernement indonésien afin qu’il trouve une solution juste et équitable pour reloger les sans terre.

« Aceh a fait énormément d’efforts pour se remettre du tsunami, » déclare Barbara Stocking, directrice d’Oxfam. « Malgré cela, deux ans après le passage du tsunami, les habitants les plus pauvres (les squatters, les locataires et les femmes) ne savent toujours pas où et quand ils seront relogés ».

« Le manque de politique claire vis-à-vis des sans terre a entraîné beaucoup d’incertitudes et de retards. Malgré les sommes importantes généreusement offertes après le tsunami, ces populations risquent de finir dans des bidonvilles. »

Aceh, la province nord de l’île de Sumatra, fut la région la plus touchée par le tsunami du 26 décembre 2004. Près de 169.000 personnes y ont perdu la vie, 600.000 se sont retrouvées à la rue et 141.000 maisons ont été détruites.

Aceh bénéficie du plus grand projet de reconstruction mené dans les pays en développement. Mais il reste des problèmes à résoudre, comme le souligne le nouveau rapport d’Oxfam :

  • Dans la province, la plupart des titres fonciers ont été détruits ou sont devenus illisibles (15 tonnes de documents ont été envoyées à Jakarta pour y être restaurés).
  • La plupart des gens ont perdu leurs papiers d’identité.
  • Les terres ont été submergées (jusqu’à 15% des terres agricoles de l’ouest d’Aceh sont définitivement perdues).
  • Il y a de nombreuses plaintes portant sur les héritages.
  • Les arbres et les chemins qui délimitaient les terrains ont été emportés.

« Reconstruire des habitations sans savoir qui possède les terres peut créer des problèmes pour l'avenir, » déclare Barbara Stocking. « Ce processus peut se révéler déserpérément lent et difficile. Oxfam travaille avec des dizaines de villages à Aceh pour les aider à décider de la manière à adopter dans la réallocation des terres, afin que chacun trouve un endroit pour vivre. »

Près de 10.000 ménages qui possédaient une propriété avant le tsunami doivent aujourd’hui être relogés car leurs terres ont été submergées ou dévastées. Le gouvernement indonésien a acheté 700 hectares de terrain pour ces ménages mais les progrès sont lents : à peine 700 habitations ont pu être construites et sont maintenant occupées.

De nombreux habitants pauvres d’Aceh louaient leur maison ou squattaient un terrain privé ou public. Aujourd'hui, 15.000 ménages (locataires ou squatteurs) ont besoin d'un terrain pour habiter. Ils n'ont droit à aucune terre ou habitation mais bénéficient d’une aide financière. Oxfam craint que cette aide ne soit pas suffisante pour ceux qui en ont le plus besoin. Etant donné la lenteur de la reconstruction, cet argent va être absorbé par l'inflation galopante à Aceh avant que leur nouvelle habitation ne soit prête.

Ces personnes représentent la majorité de ceux et celles devant vivre dans les abris temporaires. Oxfam demande au gouvernement indonésien d'adopter de nouvelles politiques et de les mettre en oeuvre afin d’assurer plus de protection pour les sans terre, les locataires et les squatteurs.

L’organisation souhaite voir :

  • Un engagement de la part du gouvernement indonésien et des organisations non gouvernementales (ONG) à trouver une solution à long terme aux problèmes des abris temporaires.
  • Une meilleure coopération entre le gouvernement indonésien et les ONG présentes à Aceh afin de mettre sur pied diverses solutions pour les locataires et les squatteurs.
  • Là où c’est possible, l’établissement d’un processus de relogement village par village avec l’accord de tous les membres du village.
  • Le rétablissement des baux de location.

 

Contacts

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