Face à l'intensification de la violence dans l'Est du Tchad, des centaines de travailleurs humanitaires ont dû être évacués prov

Publié le : 15 Décembre 2006

La vague de violence qui secoue l'Est du Tchad a provoqué l'évacuation provisoire de plus de 400 membres du personnel humanitaire ces deux dernières semaines, provoquant une grave suspension de l'approvisionnement de l'aide humanitaire, a dit l'agence internationale Oxfam aujourd'hui. La détérioration de la situation sécuritaire dans cette région à la frontière du conflit au Darfour est préoccupante et risque de provoquer une crise sanitaire et alimentaire importante pour des centaines de milliers de personnes.

Ces trois dernières semaines, des confrontations entre groupes rebelles et forces du gouvernement ont eu lieu dans et aux environs des plusieurs villes de l'Est du Tchad, et dans leurs environs; y compris dans celles qui abritent quelques unes des bases humanitaires les plus grandes : Abeche, Goz Beida, Guereda et Biltine. Les combats ont entraîné une interruption des activités humanitaires et de l'approvisionnement. Les six camps de réfugiés du nord de Abeche abritant 110.000 hommes, femmes et enfants du Darfour ont été les plus touchés. L'insécurité croissante a contraint l'O.N.U à interrompre l'aide alimentaire destinée aux 56.000 tchadiens, qui ont dû fuir leur village à cause des violences interethniques.

Les violences ont gravement touché 25 membres du personnel humanitaire et trois entrepôts des agences d'aide humanitaire ont été saccagés à Abeche et Goz Beida ces dernières semaines. Plusieurs tonnes de matériel de secours, d'aliments, de tentes, d'ustensiles de cuisine et de matériel médical ont disparus. Pour cette année seulement, plus de 50 véhicules humanitaires ont été attaqués et volés.

Par conséquent, les agences humanitaires ont décidé de se limiter strictement, dans l'Est du Tchad, aux activités indispensables de secours, telles que l'approvisionnement en eau potable, en aide alimentaire et en soins sanitaires.

Oxfam a évacué provisoirement 16 de ses 24 travailleurs humanitaires internationaux de la région Est du Tchad, certains vers N'djamena, la capitale tchadienne et d'autres hors du pays. Sur place, une équipe minimum assure le maintien de l'approvisionnement en eau, destinée aux 32.000 réfugiés des deux camps à Djabal et Goz Amer, ainsi que 20.000 tchadiens qui ont dû fuir les violences récentes de la région Est du Tchad.

Selon Roland Van Hauwermeiren, le chef des opérations humanitaires d'Oxfam dans l'Est du Tchad, « des dizaines de milliers de déplacés qui ont besoin d'aide risquent d'en être coupés, tant que la situation sécuritaire nous oblige à évacuer du personnel ». « Même si l'aide continue d'arriver, la situation risque de se détériorer rapidement si nous n'y retournons pas bientôt ».

Oxfam lance un appel à toutes les parties impliquées dans le conflit, afin de respecter le droit humanitaire international, et exige pour les populations civiles, la sécurité et l'accès à l'aide des agences humanitaires impartiales. Oxfam demande également aux Nations Unies de maintenir dans l'Est du Tchad fonctions essentielles de coordination humanitaire. Un abandon total de la part des agences des N.U. et des ONGs internationales laisserait la voie libre à une violence incontrôlée dans la région.

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