Un retrait prématuré de la MONUC serait un désastre humanitaire pour le Congo

Publié le : 16 Février 2007

La crise humanitaire en République démocratique du Congo risque de se prolonger si les moyens à disposition de la force de maintien de la paix venaient à se réduire. Oxfam appelle donc la communauté internationale à maintenir l’engagement de la MONUC à son niveau actuel.

Dans un nouveau rapport rendu public ce vendredi (“Un Avenir Fragile”) Oxfam déclare que sans une forte présence des Nations unies, le Congo risque de faire face à une reprise généralisée des combats, réduisant à néant les acquis des élections historiques de 2006.

Appel au Conseil de sécurité

La République démocratique du Congo ferait face à un véritable désastre en cas de retrait prématuré des soldats de la MONUC (Mission des Nations Unies au Congo). Le 15 février, les Nations unies ont débuté le processus de renouvellement du mandat de la MONUC. Oxfam appelle le Conseil de Sécurité des Nations unies à maintenir l’engagement de la MONUC à son niveau actuel.

“Sans une présence substantielle et efficace de la MONUC, le niveau de sécurité – relativement stable pour l’instant – pourrait rapidement se détériorer” déclare Thierry Dethier, responsable du plaidoyer humanitaire à Oxfam-Solidarité. “Cela serait désastreux pour la République démocratique du Congo et pour l’ensemble de la région. La MONUC a contribué à la stabilité et à la sécurité dans de grandes parties du pays, et a soutenu le peuple congolais lors des élections de 2006.”

“La période actuelle offre des opportunités jamais rencontrées pour la RDC, mais il faut pour cela que la communauté internationale prenne les bonnes décisions dans les mois à venir", poursuit-il. "Les ressources mises à la disposition de la MONUC sont déjà bien limitées. Réduire ces ressources et le nombre de troupes à disposition de la MONUC constituerait un désastre pour de nombreuses communautés qui bénéficient actuellement de sa protection."

Améliorer l’efficacité de la MONUC

“Toute diminution reviendrait à laisser les civils en RDC faire face à un avenir très incertain et effrayant. Il faut donc maintenir la MONUC à son niveau actuel.”

Au lieu d’envisager une réduction du nombre de troupes, le Conseil de Sécurité devrait profiter du processus actuel de renouvellement de mandat pour améliorer l’efficacité opérationnelle de la MONUC.

La priorité des casques bleus devrait être la protection des civils, en augmentant par exemple le nombre de patrouilles nocturnes. Ils devraient également assurer la sécurité et l’accès humanitaire dans les zones où les populations déplacées retournent dans leurs villages.

Pour Oxfam, une stratégie de retrait à long terme devrait être liée à la réforme de l’armée et de la police congolaise. Le secteur de la sécurité en RDC n’a actuellement pas les moyens de protéger la population face aux chefs de guerres, aux rebelles étrangers ou aux forces de défense locales. Les Nations unies ne devraient considérer une réduction de troupes de la MONUC que lorsque la RDC sera davantage capable de protéger ses citoyens.

Contacts

Thierry Dethier, Responsable du plaidoyer humanitaire à Oxfam-Solidarité Tél : 02 501 67 42 - GSM : 0497 45 18 31 - Email : tde(at)oxfamsol.be