De nouvelles attaques sur les civils ont fait des douzaines de victimes.
Il ne faut pas laisser les attaques sur les civils dans l’Est du Tchad atteindre les niveaux constatés au Darfour, a déclaré ce jour l’agence humanitaire internationale, Oxfam, au moment où le Conseil de sécurité de l’ONU se prépare à prendre la décision d’envoyer ou non une force de maintien de la paix dans ce pays.
Le nombre de Tchadiens déplacés à l’intérieur de leur pays a quadruplé depuis mai 2006, passant de 30 000 à plus de 120 000 personnes, pour la plupart suite à de violentes attaques sur leurs villages.
Au cours de ces deux dernières semaines, les attaques sur les civils se sont intensifiées dans la province de Dar Tarma dans le nord-est, où les rivalités traditionnelles sont en train de se transformer en un conflit majeur à mesure que les groupes armés s’organisent mieux, sont plus nombreux et mieux armés. Dans la province sud-est de Dar Sila, des conflits et attaques interethniques dans des villages, y compris des attaques à partir du Darfour voisin, sont menés en toute impunité. Lors de la dernière semaine du mois de janvier, des douzaines de civils ont trouvé la mort dans des attaques de villages par des miliciens près de Djimeze et Biltine.
« Nous nous trouvons face à une situation exceptionnelle, car plus de 230 000 réfugiés qui ont fui les attaques au Darfour en 2003 et 2004, sont rejoints par des milliers de Tchadiens fuyant une nouvelle vague de combat se déroulant chez eux, » a déclaré Roland Van Hauwermeiren, directeur d’Oxfam au Tchad. « L’Est du Tchad est l’un des endroits au monde où il est le plus difficile de trouver de l’eau. Et, malgré tous nos efforts, certaines personnes ne reçoivent que 4 à 5 litres d’eau par jour alors qu’elles devraient en recevoir au moins 15 litres. »
Oxfam fournit de l’eau potable à 30 000 personnes déplacées dans et autour de la ville de Goz Beida, mais il est difficile de garder un tel niveau d’assistance alors que d’autres personnes déplacées arrivent, et que l’insécurité oblige à réduire les effectifs. Au cours des deux semaines passées, Oxfam a envoyé dans l’Est du Tchad trois avions cargos chargés d’équipement pour l’approvisionnement en eau et de matériel sanitaire. Outre les pompes à eau et du matériel de forage, ces avions ont transporté du matériel pour construire des latrines d’urgence pour les personnes ayant fui la violence.
Des déchets provenant des animaux et des humains jonchent le sol dans les zones où se sont installés les Tchadiens déplacés, et les enfants y marchent pieds nus.
« Dans certaines des zones où nous travaillons, vous avez 12 000 à 15 000 personnes, et pas une seule latrine. Si la violence se poursuit et nous empêche de construire rapidement des latrines, il sera très difficile d’empêcher l’irruption de maladies infectieuses et maladies liées à l’eau, telles que diarrhées, choléra et hépatites », a ajouté Van Hauwermeiren. « Chaque jour, dans l’Est du Tchad, de plus en plus de gens souffrent des conséquences d’un violent conflit, et la situation est en train de s’aggraver au point de devenir incontrôlable. Nous devons mettre fin aux attaques maintenant. »
Oxfam en appelle aux autorités tchadiennes et à la communauté internationale afin qu’elles entreprennent une action urgente et immédiate pour stopper la violence interethnique et aident ceux qui ont été affectés par cette violence.
Au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies délibère sur le déploiement d’une force internationale dans l’Est du Tchad, Oxfam rappelle à toutes les parties en conflit que :
Priorité doit être donnée à la protection des civils victimes du conflit. Toute force internationale déployée au Tchad devra être axée sur la sécurité des réfugiés soudanais, des Tchadiens déplacés, et des communautés locales, pour mettre fin aux attaques sur les populations civiles.