Une action internationale est requise d’urgence pour alimenter le fonds humanitaire de l’ONU

Publié le : 9 Mars 2007

Oxfam a appelé aujourd’hui la communauté internationale à s’engager pour un renforcement du fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF) afin de fournir une assistance humanitaire rapide et vitale pour des millions de personnes dans le monde.

Dans un rapport lancé à l’occasion du premier anniversaire du Fonds (Le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies après un an), Oxfam a démontré que les performances du Fonds étaient mitigées. Si le CERF a augmenté la fourniture d’aide humanitaire pour des urgences sous-financées et a parfois contribué à fournir une réponse plus rapide, le transfert d’argent aux organisations actives sur le terrain a toutefois été inégal et lent.

“Le fonds d’urgence a donné quelques bons résultats dans un laps de temps restreint, mais il reste beaucoup à faire pour qu’il atteigne son potentiel durant sa seconde année”, a déclaré Jeremy Hobbs, directeur exécutif d’Oxfam International. “Des améliorations sont nécessaires si nous voulons mettre en place un système de réponse rapide destiné à aider les 46 millions de personnes dans le monde frappées chaque année par des catastrophes naturelles et des conflits.”

Le fonds d’urgence a été mis sur pied pour accroître la capacité de réponse des organisations humanitaires durant les premiers jours d’une crise, particulièrement cruciaux. Avant la création de ce fonds, les organisations humanitaires – qui dépendent des contributions des donateurs – avaient souvent à attendre des semaines (voire même des mois) avant de pouvoir répondre de façon adéquate à une situation d’urgence. Les organisations humanitaires font en outre appel à ce fonds pour venir en aide  aux peuples victimes des récurrentes “crises oubliées”.

Oxfam a constaté que les organisations non-gouvernementales travaillant sur le terrain ont besoin d’un accès plus rapide aux moyens financiers afin d’augmenter leur impact dans la sauvegarde de vies humaines. Actuellement, les moyens financiers du fonds d’urgence transitent d’abord par d’autres agences des Nations unies, ce qui accentue les démarches administratives, le temps et le coût des opérations. Une fois l’efficacité du système existant améliorée, le budget du Fonds devrait être augmenté à 1 milliard de dollars, assurant dès lors une réponse humanitaire plus rapide et efficace.

“L’augmentation du budget du CERF à 1 milliard de dollars ne coûterait en fait que 1,14 dollar à chaque citoyen des pays riches. Chaque année, ces mêmes pays consacrent en moyenne  857 $ par habitant pour leurs dépenses militaires”, poursuit Hobbs. “Quand un enfant meurt de faim ou est laissé sans abri parce que des groupes armés ont rasé son village, il n’a pas le temps d’attendre l’arrivée de l’aide. Chaque jour, chaque heure, chaque minute compte pour lui sauver la vie.”

L’appui financier du CERF a été mitigé durant sa première année de fonctionnement, et est loin des 500 millions de dollars visés (il manque en effet encore 158 millions de dollars pour atteindre ce montant). La contribution individuelle des pays riches au Fonds – leur “participation équitable” – a été déterminée sur base de leur produit national brut respectif. Oxfam félicite ici des pays comme la Grande-Bretagne ou la Norvège. La Grande-Bretagne a fourni 83 millions de dollars au Fonds, et la Norvège 57 millions – soit 14 fois plus que sa part équitable.

Mais certains pays parmi les plus riches du monde, en ce compris de nombreux pays pétroliers, sont loin du compte. La France, les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne ont jusqu’à présent échoué à fournir leur part équitable. Si les Etats-Unis contribuaient pleinement au CERF, cela ne leur coûterait que 195 millions de dollars, soit moins que le budget requis pour la production du dernier film “King Kong”...

Par comparaison, les Etats-Unis n’ont fourni que 10 millions de dollars, soit 5 % de leur part équitable au Fonds. Le Japon n’a fourni que 7,5 millions de dollars, soit également 10 % de ce qu’il aurait dû débourser.  Aucun des deux ne s’est encore engagé financièrement cette année. Pour 2007, la France a jusqu’à présent donné 1,3 million de dollars, soit 4 % de sa part équitable, et l’Allemagne a fourni 6,7 millions de dollars, soit 16% de sa part.

Le rapport d’Oxfam souligne aussi que les pays donateurs affectent des moyens au Fonds en les retirant d’autres programmes humanitaires, au lieu d’apporter des moyens additionnels destinés à accroître la réponse rapide aux urgences et aux crises oubliées.

“Transvaser le financement humanitaire d’un pot à un autre n’aide pas à répondre plus efficacement aux crises dans le monde. Il faut au contraire remplir un nouveau pot, destiné exclusivement à appuyer une assistance rapide et une réponse aux crises oubliées”, note Hobbs. “Avec plus de moyens, un transfert plus rapide et une coopération plus étroite sur le terrain, le fonds d’urgence  pourra améliorer de façon significative la réponse internationale aux catastrophes naturelles et aux conflits.”

Oxfam déclare que le succès du fonds d’urgence nécessite :

  • Une assistance accrue pour les “urgences oubliées” comme celles de la Somalie ou de la République démocratique du Congo.
  • Une mise en place plus rapide des actions de secours, comme par exemple l’aide aux déplacés du Timor oriental ou les projets touchant à l’eau et à la santé dans les régions du Kenya affectées par la sécheresse.

Pour améliorer le financement, Oxfam recommande  :

  • Un transfert plus rapide des moyens financiers du fonds d’urgence et des agences de l’ONU.
  • Une collaboration plus étroite entre l’ONU et les organisations actives sur le terrain.
  • Une meilleure évaluation et une meilleure analyse des programmes soutenus par le Fonds.
  • Une augmentation du budget du Fonds à 1 milliard de dollars une fois l'efficacité du système améliorée. Cette augmentation ne doit pas provenir de moyens normalement consacrés à d’autres budgets humanitaires.

 

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