Les pays riches utilisent les accords commerciaux bilatéraux et régionaux pour arracher des concessions qu’ils ne peuvent obtenir à l’Organisation mondiale du commerce. Cela a de sérieuses implications pour le développement des pays pauvres, révèle un nouveau rapport publie par Oxfam aujourd’hui.
Vingt-cinq pays en développement ont à ce jour signé des accords de libre-échange avec des pays en développement et de nombreux autres sont encore en négociation, selon le rapport, « L’avenir hypothéqué ». Au total, il y a plus de 250 accords commerciaux régionaux et bilatéraux en vigueur, régissant 30% du commerce mondial.
« Le commerce est important pour la croissance, mais ces accords sont mauvais pour le développement. Ils exigent des concessions énormes et irréversibles de la part des pays en développement et en retour, presque rien des pays riches » a déclaré Céline Charveriat, directrice de la campagne d’Oxfam « Pour le Commerce Equitable ».
« Ces accords demandent une libéralisation plus rapide et des règles de propriété intellectuelle plus strictes que celles l’OMC. Ils enlèvent aux pays en développement le droit de régir leurs économies et de protéger leurs populations les plus défavorisées et de les sortir de la pauvreté », a t-elle ajouté.
Le rapport souligne un certain nombre de voies à travers lesquelles le commerce peut avoir des conséquences négatives :
Les implications pour le développement sont significatives. Durant les dix premières années de l’Accord de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALEAN), le Mexique a perdu 1,3 millions d’emplois dans l’agriculture. Des emplois industriels ont été initialement créés mais la compétition avec la main-d’œuvre chinoise à bas prix a conduit à la perte de 200.000 emplois entre 2001-2004 au moment où les entreprises ont délocalisé leur production. Au Pérou, près de 900.000 personnes risquent de se retrouver sans accès aux médicaments si l’accord avec les Etats-Unis est signé.
Pendant ce temps, une étude commanditée par l’UE prévoit que l’Accord de Partenariat Economique avec l’Afrique de l’Ouest va conduire à une hausse de 15% des importations de produits de base essentiels comme les oignons, la pomme de terre, le bœuf et la volaille, ce qui va dévaster le secteur rural.
Selon Charveriat « les pauvres sont pressés d’ouvrir leurs marches à travers des accords de libre-échange, mais les pays développés n’ont même pas à toucher leurs énormes subventions agricoles qui mènent à la surproduction et au dumping. C’est totalement injuste ».
Le rapport recommande que toutes les règles commerciales, qu’elles soient multilatérales, régionales ou bilatérales :