Oxfam International plaide pour des solutions de long terme en faveur de l’emploi des personnels de santé et d’éducation

Publié le : 11 Avril 2007

L’organisation Oxfam International pousse les gouvernement et les principaux donateurs à fournir une aide plus importante afin de résorber la pénurie de médecins, d’infirmiers et d’enseignants dans les pays pauvres.

Dans le nouveau rapport, "Du personnel et des salaires" , publié aujourd’hui, Oxfam estime à 13,7 milliards de dollars l’investissement nécessaire chaque année pour employer les 2,1 millions d’enseignants et 4,2 millions de personnels soignants supplémentaires nécessaires – dont la moitié en Afrique –  pour lutter contre la pauvreté.

« Vous pouvez enseigner à un enfant sans une salle de classe, mais pas sans un professeur. Inutile de construire des cliniques, des écoles ou de financer des programmes d’accès aux médicaments, s’il est impossible de trouver des médecins, des infirmières ou des enseignants. L’éducation et les soins médicaux sont essentiels pour sauver des vies et sortir de la pauvreté. Pourtant sur un dollar d’aide dépensé, seuls 8 centimes sont consacrés au financement des salaires du personnel dans ces secteurs » explique Elizabeth Stuart, d’Oxfam International. 

Oxfam International demande à ce que 25 % de l’aide bilatérale soit allouée directement aux budgets de santé et d’éducation des pays pauvres, sur une durée d’au moins 6 ans. Cette aide doit être prévisible et de long terme pour permettre aux gouvernements de résoudre la crise de personnel dans ces secteurs essentiels. Avec des salaires à peine plus élevés que le seuil de pauvreté et le manque de formation dans les pays pauvres, l’emploi de personnel n’a pas seulement stagné, il a reculé.

Le FMI doit arrêter d’imposer des plafonds sur la masse salariale consacrée aux personnels de santé et d’éducation dans les pays en développement. Cette décision doit appartenir aux pays, les mieux à même de gérer le plus efficacement leurs propres budgets.

« Aujourd’hui, dans trop de pays pauvres, les services d’éducation et de santé dépendent d’une poignée de personnels qui s’efforce héroïquement de travailler avec un salaire de misère et dans des conditions épouvantables.  Devenir médecin, infirmier ou enseignant conduit inévitablement à la pauvreté ».

Oxfam International accuse des pays du G8 et de l’Union européenne d’esquiver leurs responsabilités et de concentrer leur aide sur des projets de court terme et rapidement décidés. Ainsi, l’Allemagne – qui préside actuellement le G8 - et la France continuent à fournir une aide bilatérale sous une forme qui ne permet pas de payer suffisamment les enseignants et personnels de santé.

Cet avertissement arrive une semaine après la publication des chiffres de l’OCDE sur l’aide internationale en 2006, montrant que l’aide venant des 22 pays les plus riches du monde a diminué de 5,1%, pour la première fois depuis 1996.

Dans le passé, l’aide accordée à la santé et à l’éducation se concentrait sur des projets ponctuels au lieu de permettre le développement de services publics au bénéfice des populations les plus pauvres. Dans la semaine, la Banque mondiale discutera du Plan d’Action pour l’Afrique. Mais ce dont l’Afrique et les pays en développement ont besoin est que chaque gouvernement prenne en charge ces services essentiels.

Preuve est déjà faite que seule une aide de long terme bénéficie aux populations. Des pays comme la Zambie, la Tanzanie, le Mozambique et l’Ouganda ont investi l’argent débloqué par les réductions de dette ou l’aide dans les hôpitaux et les écoles. Grâce à cela, les enfants de ces pays ont un accès gratuit à l’école primaire et les populations rurales à la santé.

Les chefs d’Etats avaient promis d’augmenter l’aide dédiée à la santé et à l’éducation et se sont engagés à l’utiliser là où les besoins sont les plus urgents. Cependant, ils n’ont pas tenu leurs promesses. Le nouveau rapport d’Oxfam International plaide en faveur d’une action urgente pour aider les pays pauvres à recruter les 6 millions d’enseignants et personnels médicaux nécessaires pour assurer l’accès universel à la santé et à l’éducation.

Contacts

Pour plus d’informations ou obtenir le rapport, contactez Sébastien Fourmy à Washington au 00 1 858 205 5116 ou Laetitia Guidi à Paris au 01 56 98 24 46

En savoir plus sur :