Le boycott financier plonge les Palestiniens dans la pauvreté et porte atteinte aux services essentiels

Publié le : 12 Avril 2007

Une enquête d'Oxfam démontre que le boycott financier plonge les Palestiniens dans la pauvreté et porte atteinte aux services essentiels.

Une enquête commanditée par l'organisation internationale de développement Oxfam et rendue public aujourd'hui démontre que la suspension de l'aide occidentale et le refus d'Israël de transférer l'argent dû à l'Autorité Palestinienne (AP) ont eu des conséquences humanitaires importantes pour les Palestiniens.

L'enquête (Pauvreté en Palestine : le coût humain du boycott financier) menée par le Palestinian Centre for Public Opinion (PCPO) souligne que plus des quatre cinquièmes des 677 familles interrogées déclarent avoir connu une baisse de revenus suite au boycott imposé à l'Autorité Palestinienne depuis un an. La moitié des familles ont  avoué avoir perdu plus de la moitié de leurs revenus.

Le PCPO a également interrogé 67 responsables d'écoles, d'hôpitaux et de services liés à l'eau en Cisjordanie et à Gaza. Les neuf dixièmes confirment que leurs services ont été négativement affectés par le boycott. La moitié des responsables de services essentiels ont reconnu avoir dû réduire de 50 pour cent la fourniture des services du fait du manque de financement.

Les Palestiniens luttent pour joindre les deux bouts depuis que des donateurs clés comme les Etats-Unis, l'Union européenne ou le Canada ont suspendu leur aide directe au gouvernement palestinien en avril 2006, suite à la victoire du Hamas aux élections parlementaires. Peu après, Israël a cessé de transférer les recettes fiscales et douanières dues à l'AP.

Les donateurs occidentaux ont expliqué que leur but n'était pas de punir le peuple palestinien, mais plutôt de changer les politiques du gouvernement dirigé par le Hamas. Mais l'enquête d'Oxfam démontre que le boycott financier a eu un impact dévastateur sur la population civile.

"L'aide internationale devrait être fournie de façon impartiale, sur base des besoins, et non servir d'outil politique destiné à changer les politiques d'un gouvernement" a déclaré Jeremy Hobbs, le directeur exécutif d'Oxfam International. "Oxfam s'oppose à toute violence commise à l'encontre de civils et soutient le droit d'Israël d'exister aux côtés d'un Etat palestinien viable et indépendant. Mais suspendre l'aide et confisquer les revenus fiscaux (en violation d'accords internationaux) ne constituent pas des moyens éthiques et efficaces pour parvenir à ce résultat. Dans ce cas-ci, cela n'a pas fonctionné et cela a poussé les parents à s'endetter, les enfants à quitter l'école et les familles à ne plus avoir accès aux médicaments et aux soins de santé", a poursuivi Hobbs.

Les efforts de l'Union européenne pour continuer à soutenir les populations civiles palestiniennes en effectuant des paiements directs à de nombreux fonctionnaires et bénéficiaires d'aide sociale ont échoué à éviter la spirale de la pauvreté : selon les Nations unies, la pauvreté a augmenté de 30 pour cent en 2006.

"Lors de leur prochaine réunion à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont l'occasion de restaurer la confiance des Palestiniens vis-à-vis de l'Union européenne. Ils ne doivent pas rater cette opportunité", a déclaré Hobbs. "Si elle a salué la mise en place d'un  gouvernement d'unité nationale, l'Europe a toutefois échoué à remettre en marche le déboursement de l'aide. Face à l'effondrement des institutions palestiniennes et à l'augmentation de la violence, la reprise de l'aide internationale à l'Autorité Palestinienne est nécessaire pour éviter une souffrance accrue et permettre un règlement juste et durable basé sur le droit international", a conclu Hobbs.

Pauvreté en Palestine : le coût humain du boycott financier - rapport complet

Contacts

Pour plus d''information, pour toute interview avec les équipes d''Oxfam et/ou du Palestinian Centre for Public Opinion (qui a réalisé l''enquête), merci de contacter

 Richard Stanforth à Oxford : +44 1865 473171 ou +44 7722 567 420
 Jennifer Abrahamson à New York : +1 212 687 2150 ou +1 202 321 7858