Des personnalités appellent les gouvernements à établir un Traité sur le commerce des armes, pour sauver des vies humaines

Publié le : 23 Avril 2007

Campagne Contrôlez les armes : Oxfam International, Amnesty International et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL).

New York. Trois personnalités féminines soutenant la campagne pour contrôler le commerce international des armes – la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, l’actrice Helen Mirren, titulaire d’un Oscar et l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson – ainsi que 20 journalistes célèbres, ont demandé ce lundi 23 avril aux gouvernements d’établir un traité strict sur le commerce des armes, fondé sur le droit international humanitaire et relatif aux droits humains, afin de cesser les transferts d’armes qui entretiennent les conflits et la violence dans le monde.

Les gouvernements ont officiellement jusqu’à la fin du mois pour soumettre leurs projets de traité au Secrétaire général des Nations unies. Si ces propositions ne mentionnent pas explicitement l’interdiction des transferts d’armes qui aggravent les conflits, la pauvreté et les atteintes aux droits humains, il existe un risque réel que le traité qui en résultera ne puisse sauver aucune vie, selon les partisans de la campagne. Il est à craindre que des gouvernements sceptiques, comme les États-Unis, tentent d’empêcher l’adoption d’un traité strict.

L’actrice Helen Mirren a déclaré : «Du Kenya au Brésil et au Sri Lanka, il y a plus d’armes que jamais, plus faciles et moins chères à obtenir. En décembre 2006, 80 p. cent des gouvernements mondiaux ont voté pour commencer l’élaboration d’un traité international sur le commerce des armes. Tous les gouvernements ont maintenant la responsabilité de faire de ce traité une réalité.»

Ce lundi 23 avril, des gouvernements, notamment ceux de l’Australie et la Finlande, soumettent leurs propositions aux Nations unies, à New York. Les partisans de la campagne Contrôlez les armes exhortent les autres États à leur emboîter le pas.

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a déclaré : «Nous avons à présent l’occasion d’arrêter les transferts d’armes qui entretiennent les atteintes graves aux droits humains, les conflits et la pauvreté. Je demande aux gouvernements du monde entier, aux fabricants, négociants et marchands d’armes de ne pas refuser au Libéria, ni à tout autre pays, maintenant et à l’avenir, cette grande chance de consolider la paix, pour nous-mêmes et nos enfants.»

Ce lundi 23 avril, la campagne Contrôlez les armes, dirigée par Oxfam International, Amnesty International et le RAIAL, organise une journée mondiale d’action pour faire pression sur les gouvernements, afin qu’ils établissent un traité strict. Pour marquer cette journée, 20 journalistes ou anciens journalistes célèbres ayant travaillé dans des zones de conflit, ont publié une lettre conjointe. Christiane Amanpour, Jon Lee Anderson, Martin Bell, Janine Di Giovanni, Sebastian Junger, Don McCullin, Paul Moreira, Sorious Samura et Charles Wheeler figurent parmi les journalistes et photographes ayant signé la lettre, qui déclare :

«Il est temps que tous les gouvernements assument leur responsabilité face aux tragédies personnelles provoquées par les armes qu’ils fournissent : la femme violée sous la menace d’une arme, le jeune homme écrasé sous les chenilles d’un tank, l’enfant forcé de devenir soldat.»

Dans le monde entier, des militants de la campagne organiseront des événements pour soutenir l’adoption du traité. Dans des pays comme le Canada, la Guyane, le Mali, l’Afrique du sud, la Tanzanie et la République démocratique du Congo, ces militants participeront à la « consultation populaire ». Organisée par la campagne Contrôlez les armes dans plus de 60 pays, au cours des trois prochains mois, cette consultation permettra aux gens ordinaires, qui sont pour beaucoup directement touchés par le commerce des armes, de dire ce qu’ils souhaitent voir figurer dans le traité. Cette consultation est organisée parallèlement à celle des gouvernements, dirigée par le Secrétaire général des Nations unies. Les résultats de cette « consultation populaire » seront présentés aux Nations unies, à New York, en octobre prochain.

Mary Robinson, ancienne présidente irlandaise et ancienne Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, a déclaré : «Il faut une solution mondiale au commerce irresponsable des armes, cette histoire d’horreur mondiale : le Traité sur le commerce des armes. Les gouvernements doivent s’entendre sur un traité strict, capable de sauver des vies, pour les millions de personnes qui courent le risque de subir la violence armée dans le monde.»

Joseph Dube, porte-parole de la campagne Contrôlez les armes, a déclaré : «Il existe un risque bien réel que des gouvernements sceptiques, comme les États-Unis, cherchent à affaiblir le traité, en le rendant trop faible pour sauver des vies. Les personnes qui soutiennent ce traité, soit plus d’un million dans le monde, ne laisseront pas cela arriver.»

Contacts

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RAIAL :
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