Morts du VIH/Sida : victimes de l’avarice du G8 en Allemagne?

Publié le : 6 Juin 2007

Avant même que n’ait commencé le sommet du G8, organisé du 6 au 8 juin en Allemagne, l’organisation Oxfam International appelait déjà les dirigeants des pays les plus riches du monde à prendre des engagements financiers concrets pour soutenir des programmes contre le VIH/Sida dans les pays en voie de développement.

Si aucune action concrète n’est proposée par le G8 en matière de financement dans le domaine de la santé, suite aux réunions préalables organisées en urgence pour cette nuit, les dirigeants du G8 porteront la responsabilité de nombreux décès qui pourraient être évités.

Max Lawson, expert politique d’Oxfam : « Ce que nous avons besoin d’obtenir du G8, ce sont des financements - pas juste un autre communiqué déclarant que le VIH/Sida est un problème important. D’ici à 2010, 10 millions de personnes auront besoin de traitement et 7 millions en ont besoin dès maintenant. Le G8 doit dès à présent débloquer des fonds en faveur d’un accès universel à la prévention, aux médicaments et aux soins, comme il l’avait promis en 2005.

« Que l’Allemagne intègre ce sujet à l’agenda du G8 constitue une véritable opportunité, mais ce temps peut être gaspillé à force de litiges et de marches arrière. Au cours des discussions de dernière minute, quelques pays - dont le Canada et l’Italie - essayent d’éviter toute question d’argent. Des négociations sont prévues toute la nuit. Les Allemands devraient pousser ces négociations jusqu'à ce que des chèques soit signés. »

Oxfam International a aussi déclaré que le G8 doit accepter de consacrer davantage d’argent pour lutter contre la pénurie de personnel de santé (4,25 millions de professionnels de la santé supplémentaires sont nécessaires) et les services de santé inadéquats dans les pays en voie de développement. Les fonds doivent être attribués globalement et de façon coordonnée, car il ne suffit pas de construire des cliniques ou de mettre en place de nouveaux traitements s’il n’y a personne pour les administrer.

« Rien qu’aujourd’hui, alors que le G8 profite du soleil et du champagne, 4000 enfants seront tués par la diarrhée et 1400 femmes vont mourir durant leur grossesse ou pendant l’accouchement. Or, le G8 a le pouvoir d’empêcher ces morts honteuses », rappelle Max Lawson.

« Lors de visites dans les hôpitaux du Malawi, j’ai rencontré des infirmières travaillant 30 heures d’affilée, sans véritable pause. Epuisées, mais ne pouvant s’arrêter. Dans certains endroits les médicaments sont disponibles, mais il n’y a personne pour les administrer. C’est ce qui arrive quand les pays du G8 reviennent sur leurs engagements ».  

Oxfam International ajoute que les règles commerciales empêchent un accès à des médicaments abordables en soutenant le monopole des compagnies pharmaceutiques contre le développement des médicaments génériques. Aujourd’hui, une personne sur trois dans le monde ne peut pas payer les médicaments nécessaires pour combattre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme.

Oxfam International appelle le G8 à:

Fournir une aide supplémentaire de 21 milliards de dollars, afin d’aider les pays en voie de développement à renforcer leurs services publics de santé.

Débloquer 10 milliards de dollars annuels contre le VIH/Sida et réaffirmer leur engagement de reconstituer pleinement le budget du Fonds mondial

Mettre en œuvre un mécanisme coordonné de financement des services de santé 

Reconnaître le droit des pays en développement à échapper au droit international de la propriété intellectuelle dans le domaine de la santé pour assurer l’accès à des médicaments à prix bas pour les populations pauvres.

Lors du contre-sommet, où les militants se réunissent depuis samedi, Oxfam International a organisé un évènement mettant en scène les marionnettes des chefs d’Etats du G8 habillés en docteurs et infirmières, examinant la santé de l’Afrique au stéthoscope sur une carte du continent.

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