Pérou, deux semaines après le séisme

Publié le : 29 Août 2007

Deux semaines après l’énorme séisme qui a frappé le Pérou, Oxfam International concentre ses activités dans les régions les plus affectées de la région de Pisco. Oxfam fournit de l’eau potable, des services sanitaires et des tentes à près de 1.500 familles sans abris ou dont la maison a été gravement endommagée.

Depuis le terrible tremblement de terre survenu le 15 août 2007 au sud de Lima, Oxfam est sur place pour apporter de l’aide aux villes et villages affectés. La semaine passée, Oxfam a distribué plus de 350.000 litres d’eau dans les zones urbaines. Avec l’appui de partenaires locaux, plus de 2.500 couvertures ont été fournies aux familles sans abris des districts ruraux de Humay et d’Independencia, dans la vallée de la rivière Pisco. Pendant la nuit, les survivants ayant dû fuir leur maison tentent tant bien que mal de se protéger du vent glacé dans des tentes improvisées.

De l’eau potable pour les victimes
En collaboration avec d’autres organisations humanitaires, Oxfam a construit 34 abris à Humay et dans la commune voisine de Montesierpe. Mardi dernier, l’installation de 20 réservoirs d’eau a débuté avec les habitants. Plus de 1.500 familles bénéficieront ainsi d’un accès à l’eau potable. Une citerne a également été fournie, capable de fournir 19.000 litres d’eau par jour.

La première priorité est d’assurer l’accès à l’eau potable et aux sanitaires. Ces éléments sont essentiels pour éviter l’apparition de maladies contagieuses. Les populations rurales de Humay et d’Independencia, qui ont participé à l’installation, disposent aujourd’hui de davantage d’eau potable qu’avant le séisme. Selon Jacob Ocharan, d’Oxfam, "dans les semaines à venir, nous donneront des formations aux populations afin qu’elles puissent bénéficier de cette eau potable pendant des semaines, voire même des mois".

Les abris temporaires ne peuvent devenir permanents
Dans les régions de Humay et Independencia (respectivement à 30 et 12 km de Pisco), Oxfam s’occupe de l’hébergement temporaire des populations affectées. Il est important que cet hébergement n’affecte pas trop les familles déjà traumatisées. Certaines peuvent se réinstaller dans des abris construits sur les débris de leurs maisons. Pour les autres, des camps d’hébergement temporaires comprenant entre 10 et 40 abris ont été mis sur pied près de leurs habitations.

"Les gens se sentent moins vulnérables lorsqu’ils peuvent continuer à habiter sur leur propre terrain", explique Ocharan. "Cela facilite aussi la reconstruction de leur maison, ce qui est très important car nous voulons éviter que les abris temporaires se pérennisent."

Si l’aide s’est considérablement améliorée dans les semaines ayant suivi le séisme, il reste encore beaucoup de choses à faire. Oxfam collabore dès lors étroitement avec d’autres organisations humanitaires et avec les autorités pour évaluer au mieux les dégâts et les besoins, et s’assurer que l’aide parvienne bien à ceux et celles en ayant le plus besoin. "Nous impliquons la population dans la fourniture de l’aide et la reconstruction. Les expériences passées nous ont appris que l’assistance est plus efficace quand la population peut coopérer d’une façon organisée."

Témoignages du Pérou
Une équipe d’Oxfam a visité la commune de Sans Jacinto, dans le district d’Independencia. Voici le récit qu’en fait Renato Guimaraes :

"A San Jacinto, 54 familles vivent dans des tentes montées en hâte sur la place du village. Lors de notre arrivée, quelques femmes étaient occupées à préparer le déjeuner commun autour d’une grande marmite. Une bonne odeur de riz et de haricots flottait dans l’air...

Julio Carbajal, l’un des chefs du village, nous salua et nous expliqua comment le village tentait de survivre depuis le séisme. ’Nos maisons avaient heureusement été bâties autour de la place, et nous avons donc pu nous en échapper assez facilement quand la terre s’est mise à trembler. Presque toutes maisons ont été détruites. Certaines personnes ont tout perdu. Maintenant, nous essayons de nous organiser. Nous avons construit les abris où les gens se protègent contre le froid. Nous voulons éviter l’apparition des maladies, mais nous ne disposent pas de suffisamment de toilettes et d’eau potable. Nous allons devoir renforcer les abris de toute urgence pour faire face au Paracas, le vent qui se déchaîne en cette saison.’

Un peu plus loin, nous tombons sur Natividad Alejo. Cette femme de 59 ans était dans sa maison avec son petit-fils de 13 ans quand le séisme a commencé. Ils ont pu s’échapper juste au moment où la maison s’effondrait. "Cela fait tant d’années que j’habite ici... Le lendemain du séisme, j’ai voulu aller voir si je pouvais sauver l’une ou l’autre chose. Mais tout à coup, une partie de la structure s’est effondrée et a cassé mon bras. Aujourd’hui, j’habite avec mon mari et ma fille dans un abri.

La situation est encore pire à Cabeza de Toro, ou au moins 300 des 500 familles ont été affectées par le séisme. Les gens vivent ici de l’agriculture. Ils cultivent le coton et leurs habitations sont fort éloignées les unes des autres. Les habitants ont pris l’habitude d’utiliser l’eau non potable des canaux d’irrigation. Juan Carlos Ruiz Munaya, qui a perdu la maison où il vivait avec sa femme et son fils de 14 ans, nous montra ainsi le réservoir d’une eau recouverte d’une couche verdâtre. C’était l’eau prévue pour ses bêtes et sa famille..."

Selon Sergio Alvarez, d’Oxfam, beaucoup de familles courent le même risque : "Cette eau n’est absolument pas faite pour la consommation humaine. Tout le monde risque de tomber malade. Avant le séisme, seuls 10% des personnes avaient accès à une conduite d’eau. Il faut donc fournir au plus vite des filtres à eau à la population. Nous allons aussi apprendre aux gens comment utiliser cette eau et la rendre sûre."

Contacts

Pour plus d’informations :
- Celia Aldana, Lima : +51 1 9737-2499 (Espagnol, anglais)
- Renato Guimaraes, Lima : +51 1 9278-1078 (Espagnol, anglais, portugais)
- Amy Barry, Oxfam International Oxford : +44 1865 472313 of +44 7980 664397

En savoir plus sur :