Oxfam International salue le fait que le rapport de la Banque mondiale souligne la contribution vitale de l'agriculture dans la lutte contre la pauvreté. Les bailleurs et les gouvernements ont récemment changé d'attitude à l'égard de ce secteur essentiel en diminuant de deux tiers l'aide mondiale pour l'agriculture - de 11,5 milliards de dollars en 1987 à 3,9 milliards en 2005 – aux dépens de millions de personnes pauvres vivant dans les zones rurales. Les prêts de la Banque en faveur de l'agriculture n’étaient que de 1,75 milliards de dollars en 2006, soit 7% de l'ensemble des prêts délivrés par l'institution, alors que ce secteur représentait plus de 30% des prêts lors de la publication du dernier rapport en 1982. Les pays les plus riches du monde – France, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, États-Unis – fournissent tous aujourd'hui moins d'aide publique au développement pour l'agriculture qu'auparavant.
"Il semble que les pays riches redécouvrent enfin l'immense potentiel de l'agriculture en matière de lutte contre la pauvreté", affirme Gawain Kripke d'Oxfam International. "Les trois quarts des populations pauvres des pays en développement vivent dans des zones rurales et la majorité d'entre elles sont des femmes.
Les femmes produisent plus de la moitié de toute la nourriture cultivée au monde, elle ne disposent pour autant que de 2% de la terre et ne reçoivent qu'1% des prêts alloués à l'agriculture."
Oxfam International appelle la communauté internationale à ne pas répéter les erreurs du passé.
"Les financements ne représentent qu'une partie
de la bataille", a déclaré Gawain Kripke. "La Banque mondiale a longtemps
insisté pour que les pays pauvres libéralisent leurs secteurs agricoles avant
que l'aide ne leur soit versée, ce qui a laissé des millions de paysans sans
assistance face à des marchés orientés en faveur des riches pays exportateurs.
Les règles du commerce international sont biaisées au profit des pays riches en
empêchant les pays en développement de profiter de la croissance économique
qu'offre l'agriculture.
"La Banque mondiale doit tirer les leçons du passé. La libéralisation
commerciale en soit n'aide pas les pays pauvres. Une libéralisation rapide peut
non-seulement compromettre la croissance mais également accentuer des inégalités. Qui plus est, les
pays riches n'ont toujours pas réformé leurs propres politiques agricoles et
continuent d'inonder le marché mondial de leurs surplus. Contraindre les pays
en développement à la libéralisation dans un tel contexte a des conséquences
désastreuses."
Il est désormais prouvé que libéraliser au mauvais
moment affecte le développement. Au Pérou, les petits producteurs de quinoa,
haricots et pommes de terre n'ont pas été en mesure de rivaliser avec les
importations de farine et de riz bon marché qui ont suivi l'ouverture du
marché.
Le rapport de la Banque mondiale ne prend pas en compte la qualité des emplois
pouvant être créés par le marché du travail rural, ni l'impact sur les femmes
qui travaillent. Il n'explique pas non plus clairement comment les
industries agro-alimentaires devraient être réglementées ni de quelle manière
les agriculteurs démunis pourront éviter d'être exploités au sein d'un marché
incontestablement dominés par les multinationales. L'État doit jouer un rôle
plus important dans la protection des intérêts des petits agriculteurs.
A consulter :
1. Rapport : Quel avenir pour l’agriculture? Une réponse au Rapport sur le développement dans le monde 2008 (Oxfam International, novembre 2007).
2. Chiffres de l'OCDE sur l'aide pour l'agriculture 1980-2005
http://stats.oecd.org/wbos/default.aspx?DatasetCode=TABLE5
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Le Japon a versé 2,4 milliards de dollars d'aide pour l'agriculture en 1996 (montant le plus haut), 539 millions de dollars en 2004 (montant le plus bas), 1 milliard de dollars en 2005
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Les États-Unis ont versé 1,1 milliard de dollars en 1980 (montant le plus haut), 199 millions de dollars en 2003 (montant le plus bas), puis 644 millions en 2005
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Le Royaume-Uni a versé 244 millions de dollars en 1990 (montant le plus haut), 121 millions de dollars in 2001 (montant le plus bas), 161 millions de dollars in 2005
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La France a versé 642 millions de dollars en 1988 (montant le plus haut), 127 millions en 2005 (montant le plus bas)
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L'Allemagne a versé 588 millions de dollars en 1996 (montant le plus haut), 136 millions en 2000 (montant le plus bas) et 211 millions de dollars en 2005
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