Les dangers de l’accouchement

Publié le : 7 Mars 2008

Oxfam demande que des mesures soient prises pour lutter contre la mortalité maternelle qui touche plus d’un demi million de femmes chaque année.

Alors que le monde se prépare à célébrer la Journée Mondiale de la Femme le 8 mars, l’agence internationale Oxfam rappelle les conditions révoltantes quand lesquelles des millions de femmes accouchent. En Afrique sub-saharienne par exemple, encore une femme sur seize décède au cours de la grossesse ou ors de l’accouchement. Le Niger, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, est l’une des nations où les dangers de l’accouchement sont les plus élevés, avec un chiffre absolument sidérant d’une femme sur sept qui décède.

Chaque année, selon Oxfam, plus d’un demi million de femmes vivant dans les pays en voie de développement décède des complications survenant pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, alors que la plupart de ces décès auraient pu être évités. En 2000, les pouvoirs internationaux se sont engagés à réduire la mortalité maternelle de soixante-quinze pour cent dans le cadre du programme des huit « Objectifs du Millénaire » dont l’ambition est de mettre fin à la pauvreté extrême. Au terme de ces huit années, Oxfam soutient que ce taux ne montre aucun signe de baisse.

« Il est absolument inacceptable qu’à notre époque tant de femmes décèdent encore pendant la grossesse, ou au cours de l’accouchement, dans les pays pauvres. Les pouvoirs publics doivent réagir vite. Ils doivent absolument tenir leurs engagements et apporter le soutien et le financement nécessaires pour améliorer les systèmes de santé et sauver des millions de femmes, » dit Emma Seery d’Oxfam.

L’organisme d’aide humanitaire internationale en appelle aux pays riches pour qu’ils apportent une aide plus soutenue et de meilleure qualité à la lutte contre la pauvreté. En 2005, le Groupe des 8 (G8) s’est engagé à augmenter la somme annuelle allouée à l’aide humanitaire de 50 milliards de $ d’ici 2010. Oxfam a montré que selon les chiffres actuels, le G8 pourrait bien dévier de son objectif de 30 milliards de $. L’agence en appelle aux pays les plus riches pour qu’ils tiennent leurs engagements lors de leur prochaine réunion qui se tiendra en juillet au Japon.

Oxfam souligne que le financement se fait plus particulièrement pressant dans le secteur de la santé où il manque encore 4 millions de docteurs et d’infirmières, notamment des centaines de sages-femmes qui pourraient sauver des milliers de femmes chaque jour.

Oxfam souligne le fait que ces sages-femmes sont l’élément tangible qui permettra de réduire la mortalité maternelle. Le Niger, le pays qui enregistre le plus fort taux de mortalité maternelle au monde, ne dispose que d’une seule sage-femme pour 33 500 habitants. En comparaison, le Sri Lanka dispose d’une sage-femme pour 1 800 habitants et affiche l’un des plus faibles taux de mortalité maternelle des pays en voie de développement.

« Les faits ont montré qu’en donnant accès à un système de santé solide à tous, y compris aux pays les plus pauvres, on pourra réduire la mortalité maternelle. Il est temps que les pays riches mettent la main au portefeuille et prouvent qu’ils souhaitent tenir leurs engagements et sauver des vies humaines. » dit Seery.

« Dans de nombreuses parties du monde, ce qui devrait constituer un évènement merveilleux dans la vie d’une femme se transforme parfois en une sentence de mort. Nous sommes en présence d’une situation d’urgence et nous devons agir sans attendre, » conclut Seery.

Les 10 pays où l’accouchement présente un réel danger :

  Pays Risque de mortalité maternelle
(1 sur x)   
Nombre d’infirmières
(1 infirmière pour x habitants)
1 Niger 7 4500
 2 Afghanistan 8 4500
 3 Sierra Leone  8 2770
 4 Tchad  11 3703
 5 Angola  12 869
 6 Libéria  12 5555
 7 Somalie  12 5263
 8 Rép. dém. Congo      13  1883
 9 Guinée-Bissau  13 1492 
 10 Mali 15 2040
 - Sri Lanka 850 632
 - Royaume-Uni 8200 82

Source : OMS, UNICEF, UNFPA et la Banque mondiale (2005)

 

Contacts

Contact : Louis Belanger, chargé de relations médias d’Oxfam, au +1 202 4961173