Cyclone au Myanmar: 1,5 million de personnes en danger de mort

Oxfam a déclaré aujourd’hui (11 mai) que dans la région birmane dévastée par le cyclone, jusqu’à 1,5 million de personnes risquent de mourir dans les semaines et les mois à venir, à cause des risques de maladie et d’une catastrophe sanitaire faute de fourniture urgente d’eau potable et d’installations sanitaires. Les risques d’épidémie augmentent quotidiennement et le Myanmar (Birmanie) se trouve au bord d’une catastrophe sanitaire.

Lors du tsunami de Noël 2004, 250 000 personnes avaient perdu la vie dans les premières heures, mais aucune épidémie de maladie n’avait été constatée, car les gouvernements concernés et le monde entier avaient mobilisé une aide massive pour l’éviter. Nous devons faire la même chose pour la population birmane », explique Sarah Ireland, responsable régionale d’Oxfam en Asie de l’Est.

Dans un message adressé aux généraux birmans, la communauté internationale et les gouvernements ayant de l’influence dans la région, comme par exemple la Thaïlande, Sarah Ireland a déclaré : « Nous soutenons l’appel à la levée des restrictions sur les visas pour les agences d’aide internationale qui souhaitent porter assistance aux personnes sinistrées au Myanmar. Oxfam, comme d’autres organisations, a besoin d’une permission pour travailler dans ce pays. Nous disposons des compétences et de l’expertise nécessaires pour sauver des vies. Nous sommes là pour venir en aide ».

Se référant à de précédentes expériences telles que le tsunami de 2004 dans l’océan Indien ou le tremblement de terre de 2005 au Pakistan, Oxfam estime que sans l’apport immédiat d’une aide d’urgence, comme par exemple des sources d’eau potable, environ 1,5 million de personnes sont au bord d’une crise sanitaire.

Au Myanmar, la résistance de la population aux maladies est affaiblie par le manque de nourriture et d’abris, par l’exposition aux phénomènes atmosphériques et à une eau potable de surface très vraisemblablement contaminée par des déchets humains et animaux. Ceci favorise le développement de maladies comme le choléra, la typhoïde et la shigellose, ces deux dernières étant endémiques dans la région. Avec les eaux de crue polluant les ressources en eau et les latrines débordant d’excréments humains, tous les facteurs d’une épidémie de choléra et de shigellose sont réunis.

Au fur et à mesure que les eaux reculent, elles deviennent un terrain propice aux mouches et aux moustiques, et donc aux menaces qui les accompagnent. La dengue est une maladie courante au Myanmar, qui se déclare principalement entre mai et octobre. De grandes épidémies ont eu lieu en 1998, 2001-02 et 2007. L’incidence de la malaria va également potentiellement augmenter. Les cinq régions les plus touchées par le cyclone sont par ailleurs des zones où les niveaux de transmission de cette maladie sont élevés.

Oxfam a déclaré que si elle était autorisée à répondre à la crise, comme elle déjà fait de nombreuses fois, cela aurait un impact non négligeable sur la réduction des risques de maladie et le nombre de vies sauvées.

« Oxfam s’inquiète du sort des millions d’hommes, de femmes et d’enfants touchés par le cyclone dévastateur au Myanmar. Comme d’autres organisations, nous avons des dizaines d’années d’expérience en matière d’intervention d’urgence et notamment dans la fourniture d’eau et d’installations sanitaires pour les sinistrés. Nous sommes convaincus que la communauté humanitaire internationale peut faire la différence sur le terrain et c’est la raison pour laquelle nous voulons travailler avec la population birmane touchée par cette terrible catastrophe », affirme Sarah Ireland.

Oxfam ajoute qu’un secours d’urgence comparable à celui mis en place au lendemain du tsunami est nécessaire au Myanmar. « L’aide à apporter doit être proportionnellement augmentée et doit être envoyée immédiatement. Le seul moyen d’y parvenir est que le pays lève les restrictions sur les visas et autorise les agences internationales à accéder aux personnes les plus vulnérables, dont les moyens de subsistance ont été fortement réduits par le terrible cyclone » explique Sarah Ireland.