Il y a cinq ans, les gouvernements du monde ont promis qu’un nombre égal de filles et de garçons seraient scolarisés avant 2005. Cet objectif – le premier de tous les Objectifs du millénaire pour le développement de l’ONU à arriver à échéance – ne sera pas atteint, et selon les experts, un second Objectif du millénaire, visant à donner à tous les enfants une éducation primaire de qualité, est également menacé.
Dans le cadre de la campagne de la CME ‘Envoyez mon ami à l’école’, qui se déroulera du 24 au 30 avril, les enfants vont présenter aux hommes politiques, aux ministres des gouvernements et jusqu’aux chefs d’Etat des découpages en carton multicolores, leurs ‘ami(e)s’, représentant chacun l’un des plus de 100 millions d’enfants exclus de l’éducation. Un million de ces ‘ami(e)s’ découpé(e)s, collecté(e)s dans le monde entier, seront amené(e)s aux dirigeants du G8 lors du Sommet du G8 en Ecosse au mois de juillet. A partir du 24 avril, le public pourra également participer en ligne à l’adresse www.sendmyfriend.info
« L’éducation des filles est la clé pour mettre fin à la pauvreté dans le monde. L’année 2005 sera marquée comme l’année où les dirigeants mondiaux ont rompu leur promesse de scolariser un nombre égal de filles et de garçons. Je soutiens l’appel de la Campagne mondiale pour l’éducation des filles comme moyen de mettre fin à la pauvreté, et j’appelle les dirigeants mondiaux à répondre aux appels des enfants du monde entier demandant d’‘envoyer mon ami(e) à l’école’ », a affirmé Graca Machel, militante des droits de l’homme et épouse de Nelson Mandela, en confectionnant son(sa) propre ‘ami(e)’ pour la campagne.
M. Mandela a lancé son propre cri de ralliement en direction des jeunes du monde entier lors d’une rencontre avec des enfants participant à la campagne Envoyez mon ami à l’école : « Parfois il arrive qu’une génération doive faire preuve de génie. Vous pouvez être cette génération de génie. » Des enfants venus des quatre coins du monde vont relever le défi lancé par M. Mandela et feront preuve de leur solidarité avec plus de 100 millions d’enfants et 860 millions d’adultes illettrés dans le monde qui ont été privés de leur droit fondamental à l’éducation, et qui sont en majorité des filles et des femmes.
Kailash Satyarthi, président de la CME, a déclaré : « Permettre aux filles de fréquenter l’école représente littéralement une question de vie ou de mort. L’éducation, notamment celle des filles et des femmes, est le meilleur moyen de briser le cycle de la maladie, de la faim et de la pauvreté. Sans elle, nous ne pourrons pas atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement . Les études de la Banque mondiale montrent que, pendant cette seule année, un million d’enfants supplémentaires vont mourir inutilement parce que les gouvernements n’ont pas réussi à atteindre l’objectif 2005 d’éducation des filles. »
Notes à l'intention des rédacteurs
Qu'est ce que la Campagne mondiale pour l’éducation ?
- La Campagne mondiale pour l’éducation (CME) est une large coalition d’agences de recherches pour l’éducation et le développement et de syndicats, représentant des organisations agissant dans plus de 100 pays. Ses membres incluent Oxfam, Action Aid, Save the Children, PLAN, World Vision ainsi que l’Internationale de l’éducation qui représente tous les syndicats d’enseignants du monde. Le but de la CME est que chaque enfant dans le monde reçoive une éducation de qualité. Pour plus d’informations, voyez le site : www.campaignforeducation.org
Manifestations de la semaine d'action globale
Pendant la Semaine d’action, du 24 au 30 avril, diverses manifestations seront organisées, notamment des visites d’enfants dans leurs Parlements nationaux pour y présenter leurs ‘ami(e)s’ découpé(e)s ainsi que des manifestations de ‘Retour des politiciens à l’école’ qui verront des membres du Parlement visiter des salles de classe et rencontrer des enfants et leurs ‘ami(e)s’. Il y aura aussi des marches et des rassemblements devant les bâtiments des Parlements en compagnie des ‘ami(e)s’. On prévoit qu’environ 1 million d’enfants dans 100 pays à travers le monde participeront à la Semaine d’action en 2005.
- Des ‘ami(e)s’ collecté(e)s dans tout le
Niger seront présenté(e)s par des
enfants au Premier ministre Hama Amadou.
- Au
Pérou, des enfants exclus de
l’éducation présenteront leurs
‘ami(e)s’ au président de la République, Pres
Alejandro Toledo.
- Au
Ghana, la Semaine d’action démarrera
avec un lancement national par le Vice-président de la
République du Ghana, auquel participeront des ministres et des
enfants. La semaine culminera le 29 avril par une rencontre entre
une délégation d’enfants et de leurs
‘ami(e)s’ avec le Président – une
manifestation reproduite au niveau régional où des
‘ami(e)s’ seront présenté(e)s aux ministres
régionaux.
- En Espagne, trois femmes politiques issues des trois principaux partis politiques espagnols feront ensemble un ‘retour à l’école’. L’une de ces élèves sera la ministre de l’Education, María Jesús Sansegundo
Ce qui s'est passé en 2004
- Pendant la Semaine d’action globale 2004, plus de 2 millions de jeunes et d’adultes dans 117 pays se sont exprimés pour défendre l’éducation – et les dirigeants mondiaux, parmi lesquels 14 chefs d’Etat et des milliers de députés et de législateurs, les ont écoutés.
Ce qui doit se passer pour que tous les enfants soient scolarisés
- Les gouvernements doivent agir sans équivoque et investir 6% du PNB dans l’éducation. L’éducation primaire doit être gratuite, obligatoire et de bonne qualité. Les besoins des adultes illettrés doivent être pris en compte. Les pires formes de travail des enfants doivent être éliminées. L’éducation des filles et des femmes doit devenir une priorité.
- La Banque mondiale et le FMI doivent annuler la dette des pays pauvres, qui engloutit les ressources nécessaires pour l’éducation.
- Les pays riches doivent doubler leur aide aux pays pauvres, et financer correctement l’ Initiative de mise en œuvre accélérée de l’Education pour tous, qui soutient des pays qui prennent des mesures positives pour scolariser tous leurs enfants.

