Efforts humanitaires au Pakistan compromis en raison d’un manque de fonds et d’un blocage aux Nations Unies

 Oxfam a déclaré aujourd’hui que les efforts humanitaires en vue de venir en aide à plus d’un million de victimes du conflit sévissant dans la vallée de Swat au Pakistan sont menacés en raison d’un manque de fonds. Oxfam fait face à des déficits de 4 millions de livres (6 millions de dollars). Oxfam se verra dans l’obligation de fermer ses programmes prévus pour venir en aide à 360 000 personnes si aucun financement n’est reçu d’ici le mois de juillet.

« Il s’agit de la pire crise de financement d’une urgence humanitaire majeure que nous ayons connue en dix ans. Près de 2,5 millions de personnes ont quitté leurs foyers. Un mois s’est écoulé depuis le début de cette situation d’urgence et Oxfam fait déjà face à un déficit de 4 millions de livres ; l’agence devra tourner le dos à des personnes parmi les plus vulnérables dans le monde. À la même période, après le tremblement de terre au Pakistan en 2005, nous comptions sur des fonds de 14 millions de livres engagés par les Nations Unies, les gouvernements et le grand public », a déclaré Jane Cocking, directrice des projets humanitaires d’Oxfam.

La crise du financement ne touche pas seulement les organismes d’aide. L’appel de fonds de 543 millions de dollars lancé par les Nations Unies n’a reçu que 138 millions jusqu’à présent, représentant un manque de financement de 75 pour cent. Parmi les 52 organismes ayant lancé un appel de fonds auprès des Nations Unies, 30 n’ont reçu aucun financement.

La plus grande part des fonds reçus à la suite de l’appel des Nations Unies ont été versés avant la fuite massive des habitants de la vallée de Swat, faisant passer le nombre de personnes déplacées de 500 000 à 2,5 millions au début du mois de mai, le plus important déplacement interne de populations dans l’histoire du Pakistan. Depuis le mois de mai, les pays riches ont versé 50 millions de dollars en réponse à l’appel des Nations Unies, représentant à peine 9 % du total des fonds nécessaires.

Les États-Unis, le pays le plus riche du monde, est de loin le plus grand donateur, ayant versé 68 millions de dollars, soit 12,5 pour cent des fonds nécessaires depuis le début de la crise initiale en octobre 2008. Le Royaume-Uni, le sixième pays le plus riche, a versé une somme représentant 1,6 pour cent des fonds nécessaires. Le Japon, la deuxième économie en importance dans le monde, a versé une somme représentant 1,4 %, tandis que les fonds versés par l’Allemagne, le quatrième pays le plus riche, représentent 1,3 pour cent du financement nécessaire ; suivent ensuite le Canada (1 %), l’Australie (0,8 %), la Norvège (0,4 %), l’Italie (0,3 %), les Pays-Bas (0,3 %), la Suède (0,2 %) et la France (0,2 %).

Selon Oxfam, non seulement les fonds versés en réponse à l’appel des Nations  Unies sont insuffisants, mais une trop faible part de cette somme est distribuée directement aux organismes. La disponibilité rapide de fonds est cruciale lors d’une crise humanitaire. Dans le passé, les gouvernements donnaient directement aux organismes de première ligne une part des fonds réservés à l’aide humanitaire. De nos jours, les fonds versés par les gouvernements ont tendance à aller aux Nations Unies qui les redistribuent ensuite aux organismes sur le terrain.

Bien que le système des Nations-Unies puisse améliorer la coordination et réduire la duplication des efforts, l’allocation des fonds aux organismes de première ligne prend beaucoup trop de temps. D’autres moyens de distribution des fonds doivent suppléer le système de financement des Nations Unies de manière à atteindre le plus rapidement possible les organismes qui sauvent des vies.

Cinq semaines se sont maintenant écoulées depuis l’escalade de la crise.

« À l’approche de la mousson en juillet, les risques graves pour la santé s’accroissent à mesure que les sources d’eau potable deviennent contaminées et que les conditions sanitaires se détériorent. Les organismes seront forcés de fermer leurs programmes à une période où les risques de malaria, d’infection des voies respiratoires et de diarrhées commencent à s’accroître rapidement.

Si nous avons pu éviter un écroulement complet du financement, c’est en raison de la générosité des familles et des collectivités aux modestes moyens qui ont porté assistance à la grande majorité des personnes ayant fui la zone de conflit. Avec tant de bouches à nourrir, ces collectivités seront sous peu à court de moyens. Les nations les plus riches doivent puiser davantage dans leurs poches pour porter assistance aux personnes dans le besoin », a déclaré Jane Cocking.

 

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