Crise alimentaire au Sahel
18 millions de personnes en Afrique occidentale et centrale sont menacées par une grave crise alimentaire, selon de récentes évaluations. Les faibles pluies dans la région du Sahel ont entraîné de maigres récoltes et des pénuries d'eau. Oxfam renforce ses opérations sur le terrain afin de venir en aide à 1,2 million de personnes au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad.
En 2012, la région du Sahel risque d’être de nouveau confrontée à une grave crise alimentaire. Si aucune action efficace n’est entreprise, les conséquences sur les ressources et les vies humaines pourraient s’avérer désastreuses, comme ce fut le cas lors des précédentes crises de 2005, 2008 et 2010 qui ont touché plus de 10 millions de personnes.
Le fait que cette crise ait pu être anticipée devrait cependant permettre d’éviter de répéter les erreurs du passé, en engageant des actions en amont, bien plus tôt que lors des crises antérieures. En investissant aujourd’hui dans des actions précoces, plus efficaces et moins coûteuses, il est possible de prémunir les populations les plus vulnérables des pires effets de la crise qui s’annonce, à un moindre coût que si l’on attend.
L’intervention ne doit pas se limiter à répondre aux besoins urgents. Elle doit aussi s’attaquer aux causes profondes des crises afin d’éviter qu’elles ne se reproduisent. En investissant davantage dans des actions de long terme destinées à réduire la vulnérabilité des populations face aux chocs extérieurs, nous pouvons œuvrer à rompre le cycle de la faim au Sahel.
Faites un don
Oxfam a besoin de toute urgence de réunir 53 millions de dollars pour pouvoir apporter une aide vitale à 1,2 million de personnes dans les six pays concernés. A ce jour, nous n'avons pu collecter que le tiers de cette somme. 41 millions de dollars manquent à l'appel pour ne pas laisser des milliers de personnes vulnérables sans nourriture, sans eau potable et sans aide vitale. Aidez-nous à financer nos interventions d’urgence en Afrique occidentale et centrale. Les affiliés ci-dessous ont déjà lancé leur propre appel aux dons :
- Intermón Oxfam (Espagne)
- Oxfam Allemagne
- Oxfam Amérique (USA)
- Oxfam Canada
- Oxfam France
- Oxfam Grande-Bretagne
- Oxfam Hong-Kong
- Oxfam Novib (Pays-Bas)
- Oxfam-Québec
Vous pouvez également adresser un don au fonds général d’urgence via l'affilié national Oxfam le plus proche. Votre argent servira à financer notre travail d’urgence dans le monde, y compris en intervenant dans des pays comme le Niger, la Mauritanie, le Mali, le Tchad et le Burkina Faso.
La situation
Des systèmes d’alerte précoce ont permis de repérer un ensemble de facteurs susceptibles de contribuer à une crise dans les prochains mois. Pluviométrie faible, bas niveau des ressources en eau, mauvaises récoltes, manque de pâturages, prix alimentaires élevés, chute des rentrées d’argent en provenance des migrants sont autant de causes annonciatrices de graves problèmes.
D’après les systèmes nationaux d’alerte précoce, la production céréalière est inférieure à la production moyenne des cinq dernières années. En Mauritanie et au Tchad, elle a même chuté de 50% par rapport à l’an dernier. Au Mali, la production des céréales dans la région du Sahel occidental sera inférieure de 80% à la production moyenne des années précédentes. Les stocks alimentaires nationaux sont dangereusement bas, alors que les prix de plusieurs céréales de base ont considérablement augmenté : les cours du maïs dans la région du Sahel sont supérieurs de 60 à 85% par rapport aux cours moyens sur cinq ans.
D'après les dernières évaluations, 35% de la population du Niger est d'ores et déjà en situation d'insécurité alimentaire, soit plus de 5,4 millions de personnes. La crise alimentaire menace également 3,5 millions de personnes au Mali, 2 millions au Burkina Faso et 700 000 en Mauritanie. Au Tchad, l’insécurité alimentaire concernerait 13 des 22 régions que compte le pays : près de 3,6 millions d'individus risquent de ne pas pouvoir se nourrir correctement.
L’action d’Oxfam
Oxfam augmente ses opérations afin de répondre dès à présent aux besoins des populations les plus vulnérables. Dans plusieurs régions affectées, nous aidons les communautés à renforcer leurs capacités de résilience face à la prochaine crise et nous nous tenons prêts à fournir une aide alimentaire en cas de nécessité. Oxfam prévoit d’apporter un soutien à près de 1 million de personnes au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad.
Au Mali, Oxfam poursuit ses activités malgré des interruptions importantes au lendemain du soulèvement dans le nord du pays, fin mars. En raison d’une situation encore fragile et du climat d’insécurité, nous avons dû suspendre les opérations de notre bureau à Gao, violemment pillé par une bande armée. Nos activités humanitaires à proximité de la ville de Gao se poursuivent, essentiellement par des programmes d’aide financière aux personnes les plus vulnérables. Dans la région de Kayes, nous augmentons notre intervention pour aider les familles vulnérables par des transferts d’argent et des activités dans le domaine de l’eau et de la santé publique. Nous avons également envoyé une équipe à Mopti afin d’évaluer les besoins dans cette zone susceptible de devenir un point de rassemblement, puisqu’il s’agit de la première ville réputée sûre sur la route qui mène hors des territoires occupés du Nord.
Oxfam intervient au Burkina Faso pour faire en sorte que plus de 100 000 personnes puissent avoir accès à la nourriture, via des activités argent-contre-travail, des programmes d'assistance vétérinaire destinés aux communautés pastorales et une aide aux réfugiés maliens, entre autres.
En Mauritanie, Oxfam compte venir en aide à près de 70 000 personnes dans les régions de Gorgol et Brakhna en fournissant de l'alimentation pour le bétail, en transférant de l'argent, en réhabilitant des puits et en renforçant les programmes d'approvisionnement en eau. 1 300 femmes, réunies au sein de coopératives, peuvent ainsi bénéficier de systèmes d’irrigation qui permettent d’alimenter leurs jardins potagers avec des eaux fluviales.
Au Tchad, où Oxfam est présent depuis 45 ans, nous souhaitons apporter un soutien à 200 000 personnes avec des transferts d'argent, des distributions de semences et d'alimentation animale et des programmes de construction et réhabilitation de puits, d'approvisionnement en eau et d'équipements sanitaires.
Au Niger, Oxfam et ses partenaires ont démarré des programmes d'appui financier, de travail-contre-rémunération, d'approvisionnement en eau et d'équipements sanitaires. Nous souhaitons venir en aide à 450 000 personnes parmi les familles les plus vulnérables, les communautés pastorales, les réfugiés du Mali et les foyers les plus pauvres qui accueillent ces derniers.
Au Sénégal, enfin, nos programmes concernent essentiellement un appui dans le domaine agricole, par la fourniture de semences et d'engrais pour la saison des cultures à venir, et un soutien financier aux familles vulnérables afin de s'assurer qu'elles disposent de ressources suffisantes pour se procurer de la nourriture, dans les régions de Kolda (sud) et Kedougou (est).
Une intervention rapide et précoce face à la crise qui s’annonce est essentielle pour protéger les populations concernées en 2012. Mais Oxfam rappelle aussi que, pour éviter que ces crises ne se répètent encore et encore, il faut agir face aux causes profondes et fournir une aide de long termeaux populations les plus pauvres d’une région dans laquelle, chaque année « normale », hors période de crise, 300 000 enfants meurent de maladies liées à la malnutrition.
Dernière mise à jour : avril 2012
En savoir plus
- Blog : Alerte alimentaire au Sahel
- Rapport : Échapper au cycle de la faim, les chemins de la résilience au Sahel
- Note d'information : La faim au Sahel : une urgence permanente ? Tout faire pour la prochaine sécheresse ne cause pas une nouvelle crise humanitaire (15 décembre 2010)
- Reportage : Niger, sur le front de la guerre contre la faim
