Paraguay

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En 1989, le Paraguay est sorti d’une dictature qui a duré plus de trois décennies - soit l'une des plus longues d’Amérique Latine, un seul parti politique étant resté au pouvoir pendant soixante ans. Mais le pays demeure confronté à plusieurs problèmes, à commencer par la sécheresse qui affecte chaque année une grande partie du territoire et sévit encore plus fortement tous les cinq ans.

Le Paraguay compte six millions d’habitants, dont près de la moitié est installée dans des zones rurales, et 12 millions de têtes de bétail : le commerce de la viande et l’agriculture sont les principaux moteurs de son économie. Le pays attire aussi l’attention en raison de sa faible charge tributaire. En effet, il n’existe pas d’impôt sur le revenu personnel ni de taxe sur l’exportation de soja, véritable « or vert » du Paraguay mais aussi l'un des éléments qui contribue au phénomène de concentration des terres : 2,6% du total des propriétaires fonciers détiennent 85,5% du territoire.

Le soja aggrave les conflits fonciers dans la zone frontalière avec le Brésil. La totalité de la frontière est aujourd’hui entre les mains de Brasiguayos, des Brésiliens qui consacrent plus d’un million d’hectares du territoire paraguayen à la production agricole. Le bas prix de la terre, le faible régime d’imposition et la main d’œuvre bon marché explique cette tenue foncière, une nouvelle menace pour le droit à la terre et au territoire de la population indigène et rurale, et tout particulièrement des femmes.

Oxfam au Paraguay

Au Paraguay, Oxfam œuvre à l’amélioration de la vie de la population paysanne et indigène, aujourd’hui touchée par la pauvreté et le changement climatique et victime d’un modèle de production agricole exclusif et de la concentration des terres. Nous cherchons à contribuer à l’organisation d’un modèle plus juste, s’appuyant sur une utilisation plus équilibrée des ressources naturelles, une répartition plus équitable de la richesse que celles-ci génèrent et où les droits des populations les plus négligées sont enfin respectés.

Nous croyons que les conditions qui pourraient améliorer la vie de milliers de Paraguayennes et Paraguayens existent et nous travaillons avec eux pour : 

  • Renforcer les organisations agricoles, mixtes et de femmes, en encourageant leurs alliances et en améliorant leur capacité de dialogue et de proposition dans le cadre de politiques publiques qui stimulent l’agriculture familiale paysanne, le développement rural et le droit à la terre.
  • Réguler l’agro-industrie et démontrer la viabilité et l’importance de l’agriculture familiale paysanne pour l’économie du pays, afin d’atteindre des normes de sécurité alimentaire nationale, servant d’outil pour parvenir à des indicateurs de bien-être, de développement social et d’équité des genres de la population dans son ensemble et de la population rurale en particulier. 
  • Améliorer la politique fiscale, en l’associant à l’accroissement de l’investissement social de qualité, qui vise particulièrement l’agriculture familiale paysanne, sensible aux inégalités de genre et avec des actions positives en faveur des femmes agricultrices.
  • Réduire la pauvreté, les inégalités et l’insécurité alimentaire des populations indigènes, en améliorant leurs capacités de résilience et d’adaptation au changement climatique.
  • Soutenir les populations indigènes pour qu’elles puissent revendiquer leurs droits et exiger leur participation à l’élaboration, au contrôle et au suivi de politiques de sécurité alimentaire, de réduction de risques de catastrophes, de droits fonciers et d’accès à l’eau et à l’assainissement.