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Article d’Oxfam International: http://www.oxfam.org/fr/policy/briefingnotes/bn0604_coffee_groundsforchange
Publié le: 05 April 2006

Des raisons de changer: Faire entendre la voix des petits producteurs dans le prochain Accord international sur le Café

 

La production de café joue un rôle crucial dans la vie de millions de foyers ruraux dans le monde en développement. Les petites familles de fermiers produisent plus de 75 % du café consommé à travers le monde. Pourtant, l’instabilité du marché et la baisse des termes de l'échange, ainsi que l’insuffisance de l'accès aux infrastructures, des ressources financières et de l’information sur le marché , ne permettent pas aux familles rurales d’atteindre des moyens d’existence durables. Le marché du café continue de mettre en évidence le besoin d'aborder la crise de ce produit de base à l’échelle mondiale, crise qui est en train d'entraver le développement de nombreux pays. Les petits fermiers et les ouvriers agricoles ont particulièrement souffert de cette crise. Leur condition a été liée à l’émigration et à la production croissante des cultures illicites, ce qui provoque un cercle vicieux d'instabilité sociale, tant au niveau local que régional des tendances qui ont des implications sur les intérêts mondiaux pour une paix et une stabilité généralisées.

Au cours des 20 dernières années, le secteur privé, les ONG et les consommateurs ont répondu aux défis en matière de durabilité, auxquels font face les producteurs de café, par une série d'initiatives plurilatérales et axées sur les forces du marché. Des systèmes de certification tels que Fair Trade, Organic, Utz Kapeh et Rainforest Alliance ont constamment affiché une croissance qui excède de loin celle de l’ensemble du marché du café. Il a été prouvé que ces initiatives peuvent offrir de nombreux avantages aux petits exploitants de café et aux ouvriers agricoles. Néanmoins, cette variété croissante d'initiatives a également généré des obstacles, des coûts et des incertitudes, qui ont limité l’accès total de  ceux qui en ont le plus besoin. Les difficultés imposées à ces initiatives constituent un défi de taille au développement durable, dans la phase de production de la chaîne d'approvisionnement. En fixant l’attention sur les conditions macroéconomiques du marché mondial du café, l’OIC offre une possibilité d’optimiser les impacts des initiatives volontaires de la chaîne d’approvisionnement sur la durabilité.

Selon les dispositions de l’Article 52 de l’Accord international sur le café (AIC), ce dernier expirera le 30 septembre 2007. Lors de la deuxième Conférence mondiale sur le Café en septembre 2005, plusieurs organisations ont présenté l’Organisation internationale du Café et ses délégués via la Carta de Salvador- la Déclaration du Salvador , qui met l’accent sur les conséquences actuelles de la crise du café, auxquelles font face les petites familles de fermiers et les ouvriers agricoles. Les débats de l’OIC portant actuellement sur l’avenir de l’Accord international sur le Café présentent une opportunité historique de s’attaquer à la crise actuelle en contribuant aux chaînes d’approvisionnement  de café durables.
L'OIC représente l'unique forum conçu pour débattre des questions ayant trait au café au niveau international. Elle doit également fournir un cadre pour la coopération internationale visant le développement d'une économie caféière durable. Le seul fait que l'OIC réunisse les pays importateurs et exportateurs nets de café en vue de développer des stratégies mondiales communes constitue une grande opportunité pour la création et la mise en œuvre d’un système commercial équitable et participatif. La négociation du prochain AIC présente une rare opportunité de fortifier l'esprit sous-jacent de gouvernance participative formulé dans l'OIC à ce jour.

Ci-dessous se trouve une liste de recommandations spécifiques pour étendre la portée de l’organisation aux petits producteurs et autres intervenants non gouvernementaux, ainsi que pour créer des stratégies spécifiques en vue de développer une chaîne d’approvisionnement durable au niveau international.

  • 1re recommandation: pour essayer d'instaurer une entente et une approche communes en matière de durabilité dans le secteur caféier au plan mondial, l’Organisation internationale du Café devrait constituer un “Comité consultatif de la Durabilité” en utilisant le document WP Board 960/04 de l’OIC et l’actuel Comité consultatif du Secteur privé comme points de référence.
  • 2e recommandation: pour essayer d’étendre la portée du Comité consultatif du Secteur privé aux producteurs de petites exploitations, la représentation totale des pays exportateurs devrait passer de 8 à 12, en plus d’un représentant de pays exportateur pour chaque “groupe caféier” et ce spécialement pour les organisations de petits exploitants.
  • 3e recommandation: selon son mandat d’organisation principale chargée de produire et de diffuser les statistiques mondiales propres au secteur caféier, l’OIC devrait établir un “observatoire du café”, une plate-forme d’information en ligne qui fournit des données globales sur les niveaux de prix pour les cafés différenciés selon leur situation géographique, leur “durabilité”, et autres conditions de production relatives à la qualité.
  • 4e recommandation: afin de promouvoir la participation durable des petits exploitants sur ce marché, l’OIC devrait travailler avec les gouvernements membres, le secteur privé, et la société civile pour a) encourager l’accès aux crédits des organisations de petits producteurs, b) établir des facilités et des outils de gestion des risques adéquats destinés aux petits fermiers ayant peu de ressources, et c) organiser et gérer un “bureau central” permettant de diffuser les informations sur les projets d'assistance technique mis en oeuvre dans les pays membres. L’OIC devrait également établir des “Fonds sociaux pour la Durabilité” afin de faciliter la participation des petits exploitants au Comité consultatif de la Durabilité et du Secteur privé, ainsi que la mise en oeuvre de meilleures techniques de gestion et de commercialisation, de diversification et de renforcement des organisations de producteurs.
Date de publication originale: Avril 2006