Le Sommet du G8 de 2008 au Japon n’a pas réussi à s’attaquer aux graves problèmes auxquels le monde doit faire face
Le G8 n’a pas réussi à être à la hauteur face au défi d’un monde en crise

Echec du G8 face aux crises mondiales: la pression repose désormais sur l’ONU

« Le Sommet du G8 de 2008 au Japon n’a pas réussi à s’attaquer aux graves problèmes auxquels le monde doit faire face et qui affectent les populations pauvres le plus durement et en premier », déclare aujourd’hui l’agence internationale Oxfam, alors que le Sommet se termine.

Oxfam déclare qu’un regain de leadership est à présent indispensable lors des réunions clés des Nations Unies sur la pauvreté en septembre et sur le climat en décembre.

Selon Jeremy Hobbs, Directeur exécutif d’Oxfam International, l'urgence de l’intervention du G8 n’avait jamais été aussi grande qu’à l’occasion de ce Sommet au Japon. L’accélération du changement climatique, la flambée du prix des denrées alimentaires et la pauvreté grandissante privent des millions de personnes de leurs moyens de subsistance et, dans de nombreux cas, leur ôtent la vie.

« Plusieurs gouvernements ont défendu des mesures pour s’attaquer aux questions fondamentales figurant à l'ordre du jour du G8, mais en fin de compte ce Sommet n’a pas su déclencher ce tournant décisif et si urgent. Le consensus auquel le G8 est parvenu a au mieux manqué de profondeur, surtout sur la question du climat.

« La recherche d’un accord plus profond entre les grandes puissantes mondiales ne s’arrête pas là. Elle déterminera l’ordre du jour de la présidence italienne. Cependant, des millions de personnes vivant dans la pauvreté ne peuvent pas se permettre d’attendre une autre année sans leadership uni et courageux. »

Changement climatique

Le G8 a approuvé, entre autres choses, l’engagement de réduire de moitié les émissions de carbone mondiales d’ici 2050, mais sans convenir d’une année de référence ni d’objectifs intermédiaires. Le G8 a également promis 6 milliards d’USD à la Banque Mondiale pour son Fonds d’Investissement sur le Climat, en déduction des budgets d’aide existants.

Antonio Hill, porte-parole d’Oxfam concernant les politiques sur le changement climatique, a déclaré : « À ce rythme, d’ici 2050 la planète aura brûlé et les dirigeants du G8 seront oubliés depuis longtemps. Le soutien sans conviction du G8 concernant un objectif de « 50 d’ici 50 » sur le climat nous laisse avec une probabilité « fifty-fifty » d’effondrement climatique. Nous avons besoin d’ici 2050 d'une réduction de 80 % par rapport aux niveaux de 1990 et les émissions doivent atteindre leur pic et commencer à chuter d’ici 2015.

« L’annonce du G8 pour 2050 n’est qu’une nouvelle manœuvre dilatoire qui ne permet en rien de réduire le risque auquel des millions de pauvres sont actuellement confrontés. Il est de toute évidence injuste de financer les fonds dédiés au changement climatique à partir des budgets consacrés à l’aide, surtout lorsque l’aide globale est en baisse. Chaque dollar prélevé au profit de l’adaptation climatique est un dollar de moins pour les médicaments et les manuels scolaires. »

Crise alimentaire

Le G8 a promis d’inverser le déclin de l’aide agricole, sans toutefois citer de chiffres, et de soutenir les plans d’action de l’ONU pour affronter cette crise. Le G8 s’est également engagé à veiller à ce que les biocarburants soient produits d’une manière compatible avec la sécurité alimentaire, et à accélérer le développement de biocarburants de seconde génération.

Jeremy Hobbs, Directeur exécutif d’Oxfam a déclaré : « Les dirigeants du G8 ne semblent pas comprendre le problème. Les faits sont clairs. Les biocarburants des pays riches sont en ce moment l’une des principales causes de la crise alimentaire mondiale, et pourtant les pays du G8 ont à peine évoqué ce sujet et continuent de brûler allégrement de la nourriture dans leurs voitures. Cela revient à discuter du Titanic sans parler de l’iceberg. »

Afrique et aide au développement

Le G8 a réitéré sa précédente promesse de fournir 50 milliards d’USD en assistance nouvelle d’ici 2010, la moitié étant destinée à l’Afrique, même s'il n'a pas précisé qui ferait quoi pour inverser le déclin de l’aide observé depuis 2006. Le G8 a également répété la promesse faite il y 12 mois, consistant à consacrer 60 milliards d’USD à la santé ; le calendrier n'a toutefois pas été précisé et la finalité de cette démarche est restée vague.

Max Lawson, expert politique d’Oxfam International au G8, a déclaré : « La tentative maladroite des dirigeants du G8 visant à revenir sur leurs promesses d’aide s’est retournée contre eux. À deux ans de la date butoir de 2010, les dirigeants du G8 doivent à présent fournir les 50 milliards d’USD d’assistance nouvelle promise à Gleneagles. Le monde prend ces promesses au sérieux, même si ce n’est pas le cas des dirigeants du G8. »

Charles Abani, Directeur régional d’Oxfam International pour le sud de l’Afrique, a déclaré : « Les populations pauvres d’Afrique trouveront peu de réconfort dans la tactique de dérobade du G8. Nous ne pourrons nous réjouir que lorsqu’elles auront pu s’en sortir grâce aux 25 milliards d’USD destinés à l’Afrique. Cette somme est dérisoire pour le G8, mais pour les pauvres d’Afrique, elle pourrait leur permettre d’avoir un avenir grâce à des médicaments vitaux et la chance d’apprendre à lire et à écrire.

Oxfam affirme que, selon les tendances actuelles, il manquera 30 milliards d’USD au G8 pour pouvoir honorer sa promesse de 2010 ; cela pourrait coûter jusqu’à cinq millions de vies, la plupart parmi les 30.000 enfants mourant chaque jour de causes liées à des conditions d’extrême pauvreté.

« Le G8 n’a pas réussi à être à la hauteur face au défi d’un monde en crise, un monde qui exige une intervention conséquente. Nous devons pouvoir observer un regain de leadership en septembre, lors du Sommet d’Urgence de l’ONU sur la Pauvreté, et en décembre en Pologne lors de discussions fondamentales de l’ONU sur le climat », a déclaré Jeremy Hobbs.

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