Afghanistan: la conférence de Paris doit aboutir à une aide plus importante et plus intelligente

“Trop souvent, le pays souffre de promesses audacieuses rapidement oubliées.”
Matt Waldman, conseiller politique en Afghanistan
Oxfam International
Publié le : 11 Juin 2008

« Les gouvernements se réunissant à Paris le jeudi 12 juin pour discuter de l’Afghanistan, doivent fournir davantage d’aide et garantir une utilisation plus efficace de cette aide pour que la paix et la stabilité puissent s’installer dans ce pays ».

L’aide étrangère représente 90 % des dépenses publiques en Afghanistan donc la manière dont ces fonds sont utilisés a un impact considérable sur la vie de presque tous les Afghans et déterminera la réussite de la reconstruction et du développement du pays.

Matt Waldman, conseiller sur les politiques en Afghanistan pour Oxfam International, déclare : « Jusqu’à présent, l'aide internationale en Afghanistan n’a pas été assez loin pour réduire la pauvreté et soulager la souffrance de la population afghane.»

Dans l’ensemble, l’ampleur de l’aide internationale a été insuffisante étant donné l’immense travail de reconstruction en Afghanistan. Une trop grande partie de l’aide fournie a été axée sur les priorités de la communauté internationale et ses préoccupations en matière de sécurité, plutôt que sur la satisfaction des besoins de la population et la construction d’un état plus efficace. « Il s’agit d’une réunion fondamentale qui dressera les grandes lignes de l’orientation que les donateurs devront suivre pour reconstruire l’Afghanistan. Trop souvent, le pays souffre de promesses audacieuses rapidement oubliées.»

Les donateurs internationaux se réunissant aujourd’hui doivent s’engager sur une aide plus importante mais doivent également veiller à ce que ces fonds soient dépensés à meilleur escient. Davantage de fonds doivent passer par le gouvernement afghan, dont les moyens et la transparence doivent être renforcés.

Les donateurs doivent accepter de faire preuve de plus d'ouverture et de transparence avec le gouvernement afghan quant à l‘assistance qu’ils fournissent et aux programmes qu’ils mettent en place. Moins de fonds devraient être consacrés à missionner des consultants et entreprises privées à but lucratif.

L’aide doit être plus transparente et mieux contrôlée, en mettant l’accent sur l’acheminement de cette aide aux populations afghanes les plus pauvres dans les zones rurales. »

Oxfam souhaiterait que :

  • les donateurs s’engagent à faire preuve d’une complète transparence quant à l’aide qu’ils fournissent à l’Afghanistan ;
  • des indicateurs soient établis correctement pour mesurer l’efficacité de l’aide ;
  • le gouvernement afghan et les donateurs entreprennent une évaluation complète des besoins dans le domaine de la reconstruction, du développement et de l’humanitaire en Afghanistan ;
  • la coordination entre donateurs mais aussi entre les donateurs et le gouvernement afghan puisse s’améliorer ;
  • le soutien à l'agriculture et au développement des zones rurales soit plus important et s’améliore ;
  • les moyens de la société civile afghane soient renforcés pour que le gouvernement afghan puisse rendre des comptes.

 

Notes aux rédactions

Les donateurs internationaux se réunissent à Paris pour discuter de la situation en Afghanistan et réagir sur la stratégie de développement national afghane.
Les recommandations spécifiques d’Oxfam sur les mesures devant être prises par les donateurs et le gouvernement afghan figurent dans les rapports suivants :
« Falling Short » (insuffisance de l’aide), ACBAR, mars 2008
http://www.oxfam.org/en/policy/briefingnotes/ACBAR_aid_effectiveness_paper_0803

Afghanistan : « Development and Humanitarian Priorities »

(priorités dans le domaine du développement et de l’humanitaire), Oxfam, janvier 2008