Baijayanti Kaur montre l'une des affiches qu'elle utilise dans le cadre de son travail de prévention du VIH/SIDA. Credit: Shailan Parker/Oxfam
Le préservatif féminin est la seule méthode dont disposent les femmes pour se protéger

Cri d’alarme en faveur des préservatifs féminins

“Le préservatif féminin est la seule méthode dont disposent les femmes pour se protéger. Adopté dans de nombreux pays et cultures, il fonctionne et il est économique.”
Oxfam
Publié le : 6 Août 2008

Mexico : Un nouveau rapport de l’agence internationale Oxfam déclare que les représentants du domaine de la santé ont perdu 15 ans, ce qui a coûté de nombreuses vies, en ignorant délibérément la meilleure invention disponible pour protéger les femmes contre le virus HIV et les autres maladies transmises sexuellement.

Ce rapport intitulé « Négliger les femmes et ne pas assurer leur protection » déclare qu’il est scandaleux que les préservatifs féminins aient reçu un financement si faible et aient été tellement ignorés par les décideurs qu’ils restent largement indisponibles et trop chers pour la plupart des femmes.

« Ce scandale né de l’ignorance et de l’inertie dure depuis 15 ans. La gravité de ce problème a doublé car l’épidémie du virus HIV touche maintenant les femmes dans des proportions plus importantes que les hommes, surtout en Afrique subsaharienne. Nous savons à présent que des millions de femmes auraient pu échapper au virus HIV et à des grossesses non souhaitées, et auraient pu devenir plus autonomes par la même occasion, si elles avaient eu accès à cette simple méthode », déclare Farah Karimi, porte-parole d’Oxfam.

Selon Karimi : « Le préservatif féminin est la seule méthode dont disposent les femmes pour se protéger. Il a été adopté dans de nombreux pays et cultures, il fonctionne et il est économique. Maintenant, ce qu’il faut est un leadership politique et du financement. Pas davantage d’excuses. »

Oxfam déclare que des études ont indiqué un fort niveau d’acceptabilité chez les hommes comme chez les femmes concernant le préservatif féminin (jusqu’à 97 % en Inde par exemple). Le préservatif féminin demeure la seule méthode principale de prévention actuellement disponible pour les femmes. Toutefois, un seul modèle de préservatif féminin a été commercialisé depuis son invention en 1993 et aucune amélioration n’a été apportée depuis.

Selon ce rapport, au cours des dix dernières années, un peu plus de 6 millions d’USD ont été dépensés pour le développement d’un nouveau préservatif pour les femmes, fabriqué par PATH, un groupe à but non lucratif. À titre de comparaison, rien qu’en 2006, les donateurs ont dépensé plus d’1 milliard d’USD pour tenter de développer de nouvelles technologies de prévention du virus HIV. Avec si peu d’investissement et d’innovation, le prix du préservatif féminin reste inaccessible en comparaison avec le préservatif masculin.

Carlos Zarco, Directeur de Rostros y Voces, le membre observateur d’Oxfam International au Mexique, déclare : « Le préservatif féminin est 18 fois plus cher que son équivalent masculin. La raison pour laquelle les femmes ne l’utilisent pas davantage est évidente. Les taux d’infection du virus HIV chez les femmes continuent d’augmenter. Les jeunes femmes en Afrique subsaharienne représentent 75 % des nouveaux cas liés au virus HIV. Le préservatif féminin réduirait assurément ce pourcentage. »

Le rapport indique qu’un investissement de 20 millions d’USD permettrait de commercialiser de nouveaux préservatifs féminins, de stimuler la concurrence et de faire baisser leur prix. Cette somme représenterait un investissement suffisant pour mener à bien deux programmes de fabrication de préservatifs féminins.

Dans ce rapport, Oxfam appelle tous les gouvernements et toutes les agences internationales à inclure les préservatifs féminins dans leur planning familial et leurs programmes de prévention du SIDA, ainsi que dans leurs propositions de financement auprès du PEPFAR (Plan d’urgence américain pour la lutte contre le SIDA), du Fonds Mondial et de l’UNITAID.

Karimi conclut : « Ceci peut être une situation bénéfique pour tous, surtout pour ces jeunes femmes représentant le groupe le plus vulnérable. »