Sida: La Conférence Internationale se termine sans percée décisive

“Cette conférence n’est-elle plus rien d’autre qu’une occasion de faire des discours en dépensant beaucoup d’argent ?”
Robert Fox
Oxfam International
Publié le : 12 Août 2008

Les officiels esquivent l’objectif 2010 d’un accès universel aux traitements, dit Oxfam

(Mexico) La Conférence Internationale sur le SIDA s’est terminée aujourd’hui sans projet clair, ni nouvelle impulsion qui lui permettrait d’atteindre l’objectif 2010 – un accès universel à la prévention contre le VIH/SIDA, aux traitements et aux soins.

« Dire que nous sommes déçus serait un euphémisme. Est-ce que la Conférence sur le SIDA n’est plus rien d’autre qu’une occasion de faire des discours en dépensant beaucoup d’argent ? » – se demande Robert Fox d’Oxfam International. « Au lieu de tout mettre en œuvre, les responsables gouvernementaux et les agences des Nations Unies ont parlé d’un objectif 2015 qui serait suffisant, mettre de côté l'objectif 2010 n’a pas eu l’air de leur poser de problème. Combien de gens vont souffrir et mourir dans ces conditions ? »

En 2005, le G8 a posé l’objectif de permettre un accès universel aux services de lutte contre le VIH/SIDA, et cela a été approuvé et élargi par les leaders africains, qui l’ont étendu à la malaria et à la tuberculose l’année suivante. Et cependant, la conférence SIDA 2008 s’est achevée sans aucun projet pour y parvenir.

Annie Lennox, chanteuse et ambassadrice mondiale d’Oxfam, a dit : « Le SIDA est une urgence. Il n’y a pas de temps à perdre. Des millions de gens, parmi les plus vulnérables du monde, comptent sur les gouvernements pour tenir la promesse faite pour 2010. »

« À Vienne, dans deux ans, le Monde se demandera : ‘Qu’avez-vous fait pour mettre fin à cette calamité ?’ » – a imploré Annie Lennox. « Combien de personnes avez-vous mises sous traitement ? Combien de préservatifs féminins avez-vous distribués ? Combien de travailleurs de santé avez-vous formés ?

« Le fait que nous ayons réussi à progresser pour offrir plus de traitement et plus de prévention est une bonne nouvelle », dit Robert Fox. « Mais l’ambiance complaisante des officiels est très perturbante. Le message qui nous vient de ceux qui sont sur la ligne de front de cette pandémie est très différent. Ils savent que les fonds alloués ne sont pas adaptés, que les systèmes de santé sont faibles, et que les médicaments sont beaucoup trop chers. Et la raison de cela est un manque de volonté politique des donneurs, des gouvernements des pays en voie de développement et des entreprises pharmaceutiques. »

Le Dr Mohga Kamal-Yanni, conseiller sanitaire d’Oxfam, explique : « Les officiels ont essayé de dissimuler les véritables problèmes, qui sont de trouver des financements spécifiques pour le SIDA afin de renforcer les systèmes de santé – ce qui était la conclusion principale des politiques définies à Toronto il y a deux ans. Un accès universel, cela signifie des services de santé complets pour tous. »