Zimbabwe: réponse d'Oxfam à l’annonce de levée de l’interdiction des ONG

“La crise humanitaire au Zimbabwe requiert une attention urgente.”
Charles Abani
Directeur régional d'Oxfam
Publié le : 29 Août 2008

Aujourd’hui, Oxfam a accueilli avec prudence l’annonce du gouvernement zimbabwéen sur la levée immédiate de l’interdiction concernant les agences d’aide et les ONG participant aux travaux humanitaires et de développement.

Oxfam avait été obligé de suspendre tous ses travaux sur le terrain au Zimbabwe, sur ordre du gouvernement le 4 juin dernier. Cette interdiction prohibait la distribution de nourriture à plus de 2 millions de Zimbabwéens dont les besoins étaient urgents. Les projets de livraison de semences et de bétail pour la prochaine saison agricole avaient été également suspendus.

Charles Abani, directeur régional d’Oxfam, a déclaré : « Nous accueillons cette annonce favorablement car la crise humanitaire au Zimbabwe nécessite d’agir en urgence. Sans une reprise immédiate de l’aide alimentaire dans tout le pays, une famine généralisée et une aggravation de la malnutrition seront inévitables. Les services sanitaires et d’approvisionnement en eau ont également terriblement besoin d’aide. »

Le ministère zimbabwéen des services publics a organisé une réunion lundi [1er septembre] avec les agences d’aide et les ONG locales « pour clarifier les modalités des opérations ».

Charles Abani a ajouté : « Nous espérons que ces « modalités » ne se traduiront pas par des restrictions sur les agences d’aide ou sur la société civile locale. Il est vital que les acteurs non gouvernementaux disposent de la marge de manœuvre nécessaire pour exécuter leur mandat d’assistance auprès des populations pauvres et vulnérables du Zimbabwe. »

Compte tenu de l’effondrement économique du Zimbabwe, l’insécurité alimentaire ne se limite pas simplement aux zones rurales mais aujourd’hui elle représente aussi une véritable menace pour les familles pauvres des zones urbaines. Oxfam prévoit de fournir une aide alimentaire à plus de 500 000 personnes dans les provinces des Midlands et de Masvingo, ainsi que dans plusieurs centres urbains dans tout le pays, comme à Harare et à Bulawayo. L’agence prévoit également de travailler à la prévention de maladies comme la diarrhée et le choléra, survenant suite à la détérioration des conditions sanitaires et de la qualité de l’eau. Oxfam a également l’intention de reprendre ses travaux de collaboration avec plusieurs partenaires locaux en matière de développement.

« Nous tenons à soutenir les autorités zimbabwéennes afin d’agir rapidement face à la crise humanitaire. Dans un esprit tourné vers l’avenir, nous souhaiterions également travailler avec des partenaires zimbabwéens sur des projets de relance et de reconstruction à plus long terme », déclare Charles Abani.