La crise financière ne doit pas détourner l’attention de la Banque mondiale et du FMI des crises alimentaire et climatique

“Il est clair que les institutions du XXIe siècle ne peuvent pas fonctionner selon des règles d'avant-guerre”
Marita Hutjes
porte-parole d’Oxfam International
Publié le : 8 Octobre 2008

Washington DC : À l’heure où la crise financière menace de toucher durement le monde en développement, la Banque mondiale et le FMI doivent en amortir le choc tout en s’attaquant au problème de la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, déclare aujourd’hui Oxfam.

À la veille de la réunion annuelle des IFI, Oxfam affirme que près d’un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de malnutrition et que 50 pays resteront menacés en 2009, en raison de la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires de base. Ainsi les effets de la crise financière seront-ils encore plus douloureux pour les pays pauvres.

Oxfam signale également le travail de la Banque sur le changement climatique et la réforme interne de son système de vote parmi les principales questions à l’ordre du jour de la réunion de quatre jours qui se tiendra à Washington DC du 9 au 13 octobre.

« Les pays pauvres sont confrontés à un triple coup dur. La Banque mondiale et le FMI doivent aider à amortir les effets de la crise financière mondiale sur les pays les plus pauvres. Mais ils auraient tort de tourner le dos à d’autres priorités urgentes, telles que la flambée des prix du carburant et des denrées alimentaires. Ils doivent également veiller à ce que les pays pauvres aient une place à la table où seront prises les décisions sur leur avenir financier », déclare la porte-parole d’Oxfam International, Marita Hutjes.

Oxfam demande à la Banque mondiale de mettre à jour sa stratégie agricole, datant déjà de cinq ans, de manière à tenir compte de la nouvelle réalité de la crise alimentaire. Par le passé, la Banque a fait pression pour une diminution du rôle de l’État dans l’agriculture. Son échec sur ce plan est clair et elle doit définir une nouvelle vision, déclare Oxfam.

« La lutte contre le réchauffement climatique ne peut pas non plus être écartée par la crise financière. La Banque n’a pas suffisamment réfléchi aux moyens de protéger les communautés les plus vulnérables des effets du réchauffement planétaire », commente Marita Hutjes.

La Banque mondiale est également sur le point de proposer une nouvelle réforme de la division du pouvoir – appelée « Voice Reform Package » (paquet de réforme des voix) – au sein de l’institution. Bien que saluée et nécessaire, il manque à la réforme ce dont la Banque a besoin pour devenir un organe réellement équilibré.

« Toute réforme ne donnant pas aux pays en développement la parité des votes sera insuffisante. Un changement symbolique sera sans réelle utilité. Il est clair que les institutions du XXIe siècle ne peuvent pas fonctionner selon des règles d'avant-guerre », déclare Hutjes.