Des réfugiés qui ont fuit les combat entre les troupes gouvernementales et les insurgés tutsis fidèles au Général renégat Laurent Nkunda, regardent des soldats de l'ONU patrouillant sur une route de Kibati, a environ 25 kilomètres de la capitale provincia
Hommes, femmes et enfants se pressent sur la route menant à Goma

RD. Congo: Oxfam lance un cri d’alarme avec l’escalade de la violence

“Les besoins humanitaires augmentent alors que des milliers de personnes supplémentaires doivent fuir leur domicile.”
Publié le : 29 Octobre 2008

« Les récents combats au Congo oriental ont déplacé des dizaines de milliers de personnes supplémentaires, contraintes de quitter leur domicile », a déclaré Oxfam aujourd’hui en demandant une intervention urgente pour que la région puisse se sortir de cette crise.

Lundi dernier, 20.000 hommes, femmes et enfants auraient quitté la région de Kibumba, au nord de Goma. Parmi eux, environ 4.000 personnes campent actuellement dans un site de fortune à Kibati, à l’extérieur de la ville de Goma, avec très peu d’aide humanitaire. Un nombre inconnu de personnes dans les villages au nord de Kibumba ont fui dans l’autre direction, vers Rutshuru. Avec l’intensification des combats entre l’armée congolaise et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, environ 200.000 personnes ont été déracinées de chez elles depuis le mois d’août.

Juliette Prodhan, responsable d’Oxfam au Congo a déclaré :

« Hommes, femmes et enfants se pressent sur la route menant à Goma, cherchant désespérément un refuge dans les camps surpeuplés de la ville. De nombreuses personnes sont forcées de dormir en plein air car elles ne trouvent pas d’abris. Le nombre de personnes en train de fuir est stupéfiant. Les populations ont besoin de notre aide de toute urgence. Et pourtant, les combats ne semblent pas terminés et davantage de personnes risquent de fuir dans les jours qui viennent. »

Oxfam fournit de l’eau propre est des installations sanitaires aux camps situés autour de Goma, afin de réduire au minimum la propagation des maladies, et a augmenté son aide proportionnellement pour pouvoir s’occuper du nouvel afflux de population. Au cours des deux derniers mois, plus de 15.000 personnes supplémentaires sont arrivées dans les camps déjà débordés à l’extérieur de Goma. Oxfam est également en train de développer un plan pour fournir de l’eau et des installations sanitaires à un nouveau camp de la ville qui a été proposé et qui ouvrira si la situation continue de se détériorer.

En plus de son intervention face aux besoins humanitaires immédiats, Oxfam International appelle les diplomates et les ministres des Affaires étrangères à faire pression de toute urgence pour éviter que la crise ne s’aggrave davantage.

Juliette Prodhan a déclaré : « Un accord de paix, ce qui a été convenu en janvier de cette année, représentait un immense espoir pour un grand nombre de personnes de la région. Le monde ne doit pas rester les bras croisés face à son effondrement. Davantage de violence ne fera que provoquer plus de misère humaine et de souffrances pour des populations qui ont déjà trop souffert. Le monde doit agir maintenant et demander un cessez-le-feu ainsi que des solutions à cette crise avant qu’il ne soit trop tard. »

Notes aux rédactions

  1. Le 23 janvier, le gouvernement congolais et 22 groupes armés ont signé l’accord de paix de Goma, s’engageant à cesser le feu immédiatement et à respecter les lois internationales en matière de droits humains. L’accord de Goma faisait suite à l’accord de novembre 2007 entre les gouvernements congolais et rwandais, portant le nom de Communiqué de Nairobi et visant à régler la question de la présence des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais, au Congo oriental.
  2. Même avant la récente montée de la violence, la République démocratique du Congo était l’un des pires endroits au monde pour les civils. Depuis 1998, le pays a perdu 5,4 millions de personnes dans le conflit et lors de la famine et des épidémies que ce dernier a déclenchées. Plus d’un million de personnes sont déplacées dans l’est du pays. Les viols sont endémiques. Cette année, plus de 1.100 femmes par mois ont déclaré avoir été violées, même si les chiffres réels risquent d'être bien plus élevés.