Des réfugiés qui ont dû s'enfuir à suite au conflit en RDC retournent maintenant vers leurs villages. Auteur : REUTERS/Stringer. Courtoisie d'alertnet.org
Le climat est très tendu, le cessez-le-feu peut être rompu à tout moment.

RD Congo : Oxfam va doubler son aide dans l’Est du pays

“Le climat est toujours très tendu. Il y a un cessez-le-feu mais il pourrait être rompu. ”
Rebecca Wynn
Porte-parole d'Oxfam International
Publié le : 5 Novembre 2008

Oxfam vient d’annoncer son intention de doubler son aide en RDC afin d’assister près de 200.000 personnes prises au piège dans les récents combats à l’Est du Congo.

Oxfam procure actuellement de l’aide à environ 85.000 personnes et son personnel s’est rendu dans plusieurs camps aux alentours de Goma dans le cadre de la planification de ses interventions croissantes.

Du camp de Kibati, à 4km au Nord de Goma, où vivent environ 7.000 déplacés sous des bâches et des abris faits de feuille de bananiers, Rebecca Wynn d’Oxfam explique :

« L’accalmie de ces derniers jours nous a permis d’évaluer les besoins et de planifier le doublement de notre aide. Le cessez-le-feu doit être respecté si nous voulons que les populations aient accès à l’aide dont elles ont désespérément besoin.

Dans le camp de Kibati, les gens disposent de latrines et de pompes à eau, mais ces dernières sont sales et doivent être entretenues pour éviter la propagation de maladies.

Ici, les gens ont faim et n’ont rien à manger. Certains s’aventurent dans les plantations de bananiers aux alentours du camp, ce qui est très dangereux en raison des soldats ivres qui rôdent dans la zone. Mais les gens ont désespérément faim et risquent leur vie.

Beaucoup de personnes arrivent encore dans les camps mais certains se risquent à repartir. Ils veulent rentrer chez eux. Ils m’ont dit "Nous ne voulons pas rester ici. Pourquoi devrions-nous vivre sous une bâche en plastique alors que nous avons une maison?" Mais rentrer chez soi est dangereux. Ils n’ont le choix qu’entre rester ici et avoir faim ou mettre leur vie en péril en rentrant chez eux. »

R. Wynn ajoute que l’aide internationale pourrait à tout moment être suspendue :

« Le climat est toujours très tendu. Il y a un cessez-le-feu mais il pourrait être rompu. Il est indispensable que la communauté internationale poursuive ses pressions diplomatiques. ».

Oxfam travaille actuellement dans quatre camps à Goma, où 65.000 personnes reçoivent de l’aide, et procure de l’eau à 20.000 personnes à Kanyabayonga, au Nord de Goma. Il est prévu d’apporter de l’aide à 100.000 personnes supplémentaires au nord et à l’Ouest de Goma.

Notes aux rédactions

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