Financement du développement : les pays riches échouent à passer des paroles aux actes

“Doha représente un test pour qu’une réforme radicale du fonctionnement du FMI et de la Banque mondiale.”
Maylis Labusquière, Responsable du Plaidoyer
Oxfam France – Agir Ici
Publié le : 29 Novembre 2008

Réactions au discours de Nicolas Sarkozy

Oxfam International salue le fait que Nicolas Sarkozy est le seul chef d’Etat des pays riches à s’être rendu à la Conférence de Doha sur le financement du développement où il a ce matin appelé au renforcement du multilatéralisme. Cet appel trop longtemps attendu arrive alors que la crise financière a montré la faillite des institutions financières héritées de la Seconde guerre mondiale.

"« La réforme du FMI engagée en 2008 a seulement augmenté les droits de vote des pays en développement de 2% : une réforme sans suite qui n’a pas changé la donne ! Doha représente un test pour qu’une réforme radicale du fonctionnement du FMI et de la Banque mondiale soit présentée avant leurs Assemblées de printemps en 2009. » déclare Maylis Labusquière, d’Oxfam France – Agir Ici. Le chemin à parcourir est encore long la preuve en est : l’absence remarquée des Présidents du FMI et de la Banque mondiale, M. Strauss- Khan et M. Zoellick ici à Doha.

Oxfam France – Agir Ici aimerait croire Nicolas Sarkozy quand il met en avant la responsabilité des pays riches dans la lutte contre la pauvreté. « Si il y avait vraiment une volonté politique européenne de ne pas sacrifier le développement au nom de la crise financière, qui va jeter 40 millions de personnes dans la pauvreté dès le début de 2009, les chiffres de l’aide européenne suivraient. » déclare Ariane Arpa, chef de la délégation d’Oxfam International.

Comme la plupart des pays européens, la France n’atteindra pas l’objectif de consacrer O,56% de son Revenu National Brut à l’aide au développement d’ici 2010.   La France vient d’annoncer un budget d’aide au développement pour les trois prochaines années qui n’accorde aucun réel effort budgétaire pour les pays pauvres. « Pour être crédible, Nicolas Sarkozy doit présenter avec ses partenaires européens des calendriers clairs et contraignants d’augmentation de leur aide au développement pour atteindre l’objectif de O,56% du Revenu National Brut d’ici 2010 » précise Maylis Labusquière, d’Oxfam France –Agir Ici.

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