Rosario Juarez Panta, 69 ans, au bord du fleuve Piura, près de Chulucanas, Piura, Pérou. Dans l'image il y a les restes d'une petite maison qui a été détruite par des inondations. La région est de plus en plus vulnérable aux inondations et la terre glisse
Les communautés vulnérables ont besoin d'aide pour s'adapter aux impacts du changement climatique.

Discussions des Nations Unies sur le climat: le financement s’évapore

“La question qui reste ouverte est de savoir d’où viendra l’argent nécessaire pour l’adaptation”
Barry Coates
Directeurr, Oxfam Nouvelle Zélande
Publié le : 16 Décembre 2008

Poznan, Pologne – Oxfam s’est félicitée d’une avancée dans les négociations, qui permet aux pays en voie de développement d’avoir un accès direct au fonds d’adaptation, une des questions les plus inextricables de la Conférence sur le changement climatique. Oxfam a cependant dénoncé l’obstruction des pays riches pour une autre décision qui aurait pu faire une véritable différence pour ceux qui souffrent des conséquences de la crise du climat.

« C’était une décision importante sur les questions fondamentales de la responsabilité, de l’efficacité et du contrôle de l’argent qui est disponible pour les pays pauvres afin de subvenir à leurs besoins d’adaptation urgents », dit Barry Coates, l’un des dirigeants d’Oxfam.« Cependant, la question qui reste posée est de savoir d’où viendra l’argent nécessaire pour l’adaptation. Nous avons besoin d’une décision urgente au sujet de l’augmentation future du financement de l’adaptation, mais nous n’y sommes pas parvenus. »

Le fonds d’adaptation a été mis en place sous l’égide de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, afin d’aider les programmes d’adaptation dans les pays en voie de développement. L’objectif est de protéger les communautés vulnérables des impacts du changement climatique, et de les aider à s’adapter.

« Il a fallu plus de dix ans pour mettre en place ce fonds. Il est plus urgent que jamais de trouver des fonds pour des besoins tels que l’adaptation de l’agriculture, la réduction des risques de catastrophe naturelle, et la résistance des communautés », dit Barry Coates. « Les gouvernements des pays riches se sont finalement réveillés, ils ont réalisé que les pays vulnérables doivent avoir un accès direct au financement, au lieu de devoir faire face à des procédures trop compliquées. »

Au moins 50 milliards de dollars par an sont nécessaires pour aider les pauvres à faire face aux impacts d’un climat qui change, suivant les estimations d’Oxfam, et encore beaucoup plus si les émissions ne sont pas réduites très rapidement, et suffisamment. La Norvège et d’autres pays ont proposé des mécanismes innovants, liés au marché, qui fourniraient un financement adéquat.

Le mécanisme de financement des besoins d’adaptation doit être prévisible, fiable et obligatoire – et pas alloué par les budgets annuels – et il doit y avoir de nouveaux moyens de financement supplémentaires », dit Barry Coates.

Un accord était sur la table de travail, jusqu’à la fin de la conférence qui a duré deux semaines, mais il a été bloqué par l’Union européenne, le Canada, l’Australie et la Russie lors des dernières heures des négociations. D’après Barry Coates : « Une grande partie des pays en développement, sévèrement et à juste titre, a rejeté l’intransigeance affichée par les pays riches à Poznan »

« C’est une étape importante que d’être parvenus à la décision de mettre en place le fonds d’adaptation, mais ce n’est qu’une petite partie des progrès qu’il faut nécessairement faire pour aider les communautés vulnérables à s’adapter aux changements climatiques, et pour garantir qu’un accord ambitieux sur ce sujet soit finalement signé à Copenhague l’année prochaine. Mais certains pays ont refusé de faire face à leurs responsabilités qui sont d’aider ceux qui souffrent de la crise du climat dont ils sont la cause. Des gens vont par conséquent mourir », dit Barry Coates.

Notes aux rédactions

Le fonds d’adaptation a été créé par le Protocole de Kyoto en 1997, et les règles en ont été établies par la Conférence des Parties (CoP) de Marrakech en 2001. Les principes de fonctionnement du fonds ont été établis lors de la CoP de 2006 à Nairobi, et le fonds a formellement été établi lors de la CoP de la CCNUCC de Bali l’an dernier. Le bureau du fonds d’adaptation s’est réuni trois fois en 2008, et se réunira de nouveau, immédiatement après la CoP de Poznan. Oxfam a fait une proposition pour le fonds d’adaptation dans son rapport « Comment transformer le carbone en or », qui serait de faire un prélèvement sur les enchères des crédits d’émission.