Loading sacks of flour onto a truck at a flour market in Kabul April 14, 2008. Impoverished Afghans struggling with rising wheat prices are not expected to get relief with food prices soon, a UN official said. REUTERS/Ahmad Masood courtesy alertnet.org
L’espérance de vie en Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres du monde, n’est que de 45 ans

Oxfam au Président Obama : il faut une nouvelle stratégie pour prévenir une crise humanitaire en Afghanistan

“Avec l’insécurité qui s’étend, et les civils qui doivent subvenir à des besoins critiques, il faut une nouvelle stratégie d’ensemble pour éviter une crise majeure.”
Raymond C. Offenheiser
Directeur d’Oxfam Amérique (USA)
Publié le : 31 Janvier 2009

La nouvelle stratégie du Président Obama en Afghanistan, « Plus pour plus », ne comporte pas les mesures nécessaires à inverser la chute vers une crise humanitaire majeure, dit aujourd’hui l’agence d’aide internationale Oxfam.

Jusqu’à cinq millions d’Afghans sont en train de se battre pour pouvoir subvenir à leurs besoins immédiats, la santé de plus d’un million de jeunes enfants et d’un demi-million de femmes est menacée par un risque sérieux de malnutrition, et cependant l’appel d’urgence des Nations Unies pour nourrir les Afghans n’est qu’à demi financé.

Raymond C. Offenheiser, Président d’Oxfam Amérique, a dit : « Avec l’insécurité qui s’étend, et les civils qui doivent subvenir à des besoins critiques, il faut une nouvelle stratégie d’ensemble pour éviter une crise majeure. »

Dans une note envoyée au Président Obama, en plus des besoins humanitaires, Oxfam Amérique s’inquiète du fait que les événements ont atteint un point critique en Afghanistan, et que la situation pourrait encore se détériorer si les États-Unis ne prennent pas les choses en main en s’occupant des échecs du régime, de l’aide, de la reconstruction et de la protection des civils. Dans cette note, Oxfam Amérique souligne dix points essentiels qui pourraient changer les choses en Afghanistan.

« Avec une reconstruction hésitante et l’instabilité qui augmente, les États-Unis doivent chercher au-delà des solutions militaires, et assurer un rôle majeur dans la protection des civils et dans la construction d’une nouvelle approche internationale de l’Afghanistan », dit Raymond C. Offenheiser.

En 2008, les conditions de sécurité ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis l’intervention de 2001. Le nombre des victimes civiles de tous les camps a continué à augmenter, avec plus de 2000 civils morts l’an dernier, dont presque 800 provoqués par des opérations des forces internationales et du gouvernement afghan. La moitié du pays est inaccessible aux Nations Unies, et les attaques sur les travailleurs humanitaires continuent d’augmenter, pénalisant l’assistance au développement et l’aide humanitaire.

Matt Waldman, responsable des politiques d’Oxfam International en Afghanistan, a dit : « C’est trop tard pour les solutions miracles ou les demi-mesures. Il n’y a que des efforts internationaux concertés, donnant la priorité à la sécurité et aux moyens de subsistance des civils afghans, qui peut endiguer la vague de violence. »

La note d’Oxfam Amérique au Président Obama appelle à une meilleure réponse humanitaire à la crise, à des améliorations majeures dans l’efficacité de l’aide, à un meilleur support de l’agriculture et de l‘économie rurale, à une action sur la construction de la paix, la coopération régionale, la réforme du gouvernement et des nouvelles mesures de protection des civils.

Notes aux rédactions

  • L’espérance de vie en Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres du monde, n’est que de 45 ans – et un enfant afghan sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans.
  • Oxfam travaille en Afghanistan depuis plus de vingt ans, s’occupant de programmes d’aide rurale, et apportant son soutien à des organisations partenaires.
  • En juillet 2008, les Nations Unies ont lancé un appel d’urgence conjoint pour l’Afghanistan, demandant 404 millions de dollars. Au 31 janvier 2009, le financement s’élève à 201 millions de dollars.