Bonn 1: Il est nécessaire d’agir pour combler le fossé entre riches et pauvres au sujet du climat

“Un grand nombre de pays pauvres présents aujourd’hui luttent déjà pour faire face aux effets d’une crise climatique dont ils ne sont pas à l’origine.”
Antonio Hill
Conseiller Politique, Oxfam
9 Avril 2009

Les discussions du mois de juin sur le climat ne mèneront nulle part à moins de combler l’écart entre ce qui est nécessaire d’après les scientifiques et les pays pauvres, et ce que les pays riches sont prêts à fournir. Tel est l’avertissement lancé par l’agence internationale Oxfam aujourd’hui (8 avril), à la fin des négociations à Bonn.

Pour la première fois, les pays en développement ont indiqué clairement le niveau de réduction des émissions qu’ils attendent des pays riches individuellement. Ceci a mis en lumière le vaste fossé existant entre la position des pays riches et celle des pays pauvres. Il est à craindre que l’élan d’optimisme généré par la présence d’une nouvelle équipe américaine ne devienne vite amer si les pays riches ne parviennent pas à combler cet écart.

Les pays en développement, qui seront face à une catastrophe si le changement climatique n’est pas maîtrisé, exigent des pays riches de réduire leurs émissions d’au moins 40 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020. Les petits États insulaires et un grand nombre de pays moins développés font pression pour que la réduction soit de 45 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020, mais une énorme pression est exercée pour exclure toute référence à cette proposition dans la déclaration de clôture des discussions.

Les engagements des pays riches, inchangés à Bonn, s’ajoutent à une réduction des émissions, comprise entre 4 et 14 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2020. En cas d’augmentation des températures entre 2,8 et 4 degrés, 3 millions de personnes supplémentaires pourraient mourir de faim ou de malnutrition, et la pénurie d’eau pourrait toucher jusqu’à 4 milliards de personnes supplémentaires, la plupart dans les pays en développement.

L’Afrique du Sud et le Brésil ont demandé 200 milliards d’USD pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions. L’Europe et, de plus en plus, les États-Unis ont convenu qu’une hausse importante des fonds publics est nécessaire mais aucun pays riche n’a indiqué le niveau de financement nécessaire selon eux.

Oxfam appelle les pays riches à réduire leurs émissions d’au moins 40 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020, et à fournir au moins 50 milliards d’USD chaque année en fonds nouveaux, afin d’aider les pays parmi les plus pauvres au monde à s’adapter au changement climatique.

Antonio Hill, conseiller principal en politiques auprès d’Oxfam, a déclaré :

« Les dirigeants doivent saisir l’occasion qui leur est donnée lors du Major Emitters Forum (forum sur les principaux émetteurs) à New York, pour combler le fossé entre la science et la politique sur la question du changement climatique. S’ils échouent, nous risquons de revenir à la case départ en juin, avec des discussions identiques à celles des deux dernières semaines. »

« Nous nous trouvons à présent à un carrefour où les pays riches doivent choisir la voie à suivre pour nous tous. L’un des chemins nous sortirait de la crise économique et climatique actuelle, pour un avenir à faibles émissions de carbone. L’autre voie conduirait des centaines de millions de personnes dans le monde à la catastrophe. »

« Les pays riches doivent garder à l’esprit les enjeux de ces négociations. Un grand nombre de pays pauvres présents aujourd’hui luttent déjà pour faire face aux effets d’une crise climatique dont ils ne sont pas à l’origine. Ils se battent pour leur survie. »