Sommet de l’UA : Pour sauver la vie des femmes et des enfants il faut moins de rhétorique et plus d’action

“Les Africains en ont assez de la rhétorique – ils ont besoin de vrai changement dans leur vie quotidienne.”
Desire Assogbavi
Chef du bureau Oxfam de liaison avec l’UA, Addis Abéba
Publié le : 27 juillet 2010

De retour du Sommet de l'Union Africaine, les dirigeants africains doivent maintenant agir pour mettre en œuvre les promesses qu'ils ont faites concernant la santé maternelle et infantile, a déclaré une coalition d'organisations de la société civile.

La coalition a vu dans la déclaration finale du Sommet quelques démarches positives qui pourraient sauver la vie de millions de femmes et enfants africains si elles sont correctement mises en œuvre. Ces démarches risquent cependant d'être inutiles si aucune action n'est entreprise maintenant.

La coalition comprend Fair Play for Africa (Jeu équitable pour l'Afrique), FEMNET, Oxfam, Save the Children (Sauver les enfants) et White Ribbon Alliance (Alliance du ruban blanc).

Les organisations ont particulièrement apprécié la décision d'investir davantage pour les travailleurs de santé communautaire ainsi que le réengagement à atteindre « l'objectif Abuja » : investir 15 pourcent du budget national dans les soins de santé. Ceci étant, la promesse d'Abuja avait été faite en 2001 et cette année seulement trois pays – Rwanda, Tanzanie et Libéria – ont atteint cet objectif, selon des statistiques récentes de l'Organisation mondiale de la santé.

La coalition a déclaré que les mots seuls ne signifient rien s'ils ne sont pas appuyés par des actions concrètes et cohérentes. Les dirigeants doivent assurer des fonds consacrés à la santé des mères, nouveau-nés et enfants pendant les cinq prochaines années.

Nora Matovu-Winyi, directrice exécutrice de FEMNET a déclaré, « Les dirigeants africains doivent maintenant produire des projets concrets et des agendas pour montrer comment ils vont réorienter leurs politiques, programmes et budgets afin d'éradiquer la mortalité maternelle et enfantine en Afrique. Aucune femme ne devrait mourir en accouchant. »

Pendant les trois jours du Sommet des Chefs d'Etat, environ 37.000 enfants et plus de 2.000 femmes sont morts à travers le continent africain, la plupart a cause de maladies qui pourraient être prévenues et traitées grâce a de meilleurs politiques et investissements.

Certains leaders au sommet ont exprimé le souci de ne pas avoir suffisamment de fonds pour donner la priorité aux soins de santé.

« L'ironie de cette excuse, manquer de ressources, c'est que Malawi qui est un pays très pauvre a réduit de façon significative le nombre de morts d'enfants ces dernières années, précisément parce qu'ils ont donné la priorité à ce but » a dit Chikezie Anyanwu, conseiller en plaidoyer de Save the Children pour l'Afrique.

Malawi est actuellement une des 10 nations africaines sur la voie d'accomplir l'Objectif millénaire pour le développement (OMD) 4 : réduire la mortalité enfantine de deux tiers d'ici 2015 par rapport a 1990. Le progrès vers l'OMD 5 – réduire la mortalité maternelle de trois quarts – a été encore plus lent en Afrique.

« Jusque récemment Malawi atteignait aussi l'objectif d'Abuja de dépenser 15 pourcent pour la santé. Nous espérons que le fait de se savoir ‘sur la voie' ne leur donne pas l'impression qu'ils peuvent maintenant reculer de cet engagement », a poursuivi Anyanwu.

A Kampala les dirigeants africains ont promis de réduire les dépenses non remboursables pour les soins de santé, a travers certaines stratégies comme la gratuité des soins obstétriques et des soins pour les enfants en-dessous de cinq ans. Ils doivent donner suite à cette promesse ainsi qu'aux autres qui pourraient sauver des millions de vie, a déclaré la coalition.

Desire Assogbavi, chef du bureau Oxfam de liaison UA à Addis Abéba a dit : « Bien que cette déclaration soit une démarche positive, elle a déjà été promise autrefois mais n'a jamais été réalisée. Seulement 10 pourcent des décisions de l'UA sont effectivement appliquées. Il y a un besoin urgent de mettre en place des mécanismes de suivie et de surveillance, afin d'assurer que les décisions soient implantées au niveau national. Les peuples africains en ont assez de la rhétorique – maintenant ils ont besoin de voir un vrai changement dans leur vie quotidienne. »

Les gouvernements africains doivent accélérer le lancement d'un programme complet pour les objectifs de développement. Une démarche-clé serait d'annoncer publiquement des agendas et échéances d'ici a 2015, date cible pour les Objectifs du Millénaire pour le développement de l'ONU.

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