Les ONG demandent à l'UE d'agir de toute urgence pour stopper les violences en Libye

“Alors que le bain de sang continue, l'Union européenne, conjointement avec le Conseil de sécurité de l'ONU, doit décider d'actions urgentes pour assurer la protection des civils et éviter des violences futures.”
Elise Ford
Responsable du bureau Union européenne d'Oxfam
Publié le : 25 Février 2011

Alors même que la violente répression du leader libyen Mouammar Kadhafi est toujours en cours, trois des principales organisations humanitaires et de défense des droits humains, Amnesty International, Oxfam et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), pressent l'Union européenne de traduire rapidement ses déclarations en actes.

Les ONG ont accueilli favorablement l'appel de la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à mettre en place des mesures contraignantes à l'égard de la Libye, mais s'inquiètent de la déclaration de Mme Ashton, pour qui “dans les jours qui viennent, nous verrons ce que nous pourrons faire”, alors que ces mesures nécessitent une mise en oeuvre immédiate. 

“Ce dont les Libyens ont besoin maintenant, c'est d'un leadership européen audacieux et uni et non d'une simple expression de préoccupation. Alors que le bain de sang continue, l'Union européenne, conjointement avec le Conseil de sécurité de l'ONU, doit décider d'actions urgentes pour assurer la protection des civils et éviter des violences futures”, a déclaré Elise Ford, responsable du bureau Union européenne d'Oxfam International. “Les Etats membres ne peuvent se montrer frileux lorsqu'il s'agit de défendre les valeurs qu'ils prétendent promouvoir dans la région et dans le reste du monde”.

Les organisations appellent l'Union européenne, et la communauté internationale dans son ensemble, à adopter deux mesures, en cours de discussion entre les Etats membres :

  • Geler tous les biens du Colonel Kadhafi et des hauts dirigeants de l'armée et de la sécurité
  • Imposer un embargo total sur l'exportation et le transfert d'armes, de munitions et d'équipements militaires et de sécurité vers la Libye. 

“Tous les gouvernmenents voisins au sud de l'Europe sont confrontés à des mouvements de contestation populaire. La façon dont l'UE va réagir en Libye pourrait déterminer les choix futurs d'utiliser la force contre les civils, plutôt que de prendre en considération les demandes légitime du peuple”, a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

L'UE n'a jusqu'ici pas réussi à adopter une position commune ferme et à adopter des mesures contraignantes, alors que des pays membres comme l'Italie ont fait part de leurs inquiétudes quant à de possibles importants flux d'immigrés.

“Les inquiétudes à propos d'un possible flux de population depuis la Libye ne doit pas affecter la réponse de l'Union européenne face aux atrocités en cours actuellement. L'Union européenne doit se préparer à aider les personnes fuyant les violences en Libye et garantir une protection à celles qui en ont besoin, en accord avec la convention des Nations unies sur les réfugiés et le droit d'asile de l'Union européenne”, a déclaré Nicolas Beger, directeur du bureau Institutions européennes d'Amnesty International.

Les organisations appellent également l'UE à soutenir la mise en place d'une commission d'enquête internationale afin de juger les crimes vis-à-vis du droit international et autres violations graves du droit international humanitaire en Libye, lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'Homme qui se tenait ce 25 février à Genève. L'enquête devrait fournir aux autorités nationales et internationales les bases nécessaires à la reconnaissance de la responsabilité des auteurs de tous les crimes commis.

Contacts

Amnesty International : Peter Clarke +32-2-5482773 / pclarke@amnesty.eu

FIDH : Grégoire Théry +32 496 21 64 66 / gthery@fidh.org

Oxfam : Angela Corbalan + 32 473 56 22 60 / angela.corbalan@oxfaminternational.org

Permalink: http://oxf.am/Z7H