La nomination à la tête du FMI doit suivre un processus juste et basé sur le mérite

“Pour être crédible, la direction du FMI doit être représentative et responsable.”
Sarah Wynn-Williams
Oxfam
Publié le : 20 Mai 2011

A la suite de la démission du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, une coalition mondiale de militants, dont Oxfam, lance un appel pour que l’élection de la ou du prochain-e directeur-trice suive un processus juste, basé sur le mérite.

Les organisations militantes, dont Oxfam, Bretton Woods Project et Third World Network, demandent la fin du "gentleman’s agreement" entre les États-Unis et l’Europe, un accord tacite qui garantit que le directeur ou la directrice général-e du FMI soit toujours un-e Européen-ne et le ou la président-e de la Banque mondiale toujours un-e Américain-e.

Selon les mots de Sarah Wynn-Williams, porte-parole d’Oxfam : "Le temps est venu pour le FMI d’adopter une approche ouverte et basée sur le mérite pour choisir ses dirigeant-e-s. Le vote à main levée, ainsi que la nomination d’un-e dirigeant-e soutenu-e par une majorité de gouvernements membres du FMI (et non juste une majorité des quotes-parts) constituent deux éléments fondamentaux qui sont actuellement absents du processus actuel. Le FMI ne peut pas continuer à choisir ses dirigeant-e-s d’une manière aussi imparfaite. Pour être crédible, la direction doit être représentative et responsable."

Bhumika Muchhala, membre du Third World Network, ajoute : "Le ou la prochain-e directrice-eur général-e du FMI devra être choisi-e en suivant un processus ouvert, transparent et inclusif, en basant la sélection sur le mérite et non la nationalité, et en faisant l’effort conscient de permettre aux pays non européens d’endosser un rôle de leadership. Il est grand temps que les États-Unis et l’Europe mettent fin à cet accord tacite et honteux passé entre eux et qui leur permet de garder la mainmise aussi bien sur le FMI que la Banque mondiale."

Les militants réclament la fin des accords passés en privé, l’assurance que les suffrages seront exprimés en public et la nécessité pour tout-e candidat-e victorieux-se d’obtenir le soutien de la majorité des gouvernements.

Jesse Griffiths, membre du Bretton Woods Project, s’exprime : "La directrice-eur devra se montrer indépendant-e des gouvernements puissants - et être perçu-e comme tel-le - et devra bien connaître les problèmes des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, dans lesquels la plupart des interventions du FMI ont lieu. Elle ou il devra faire preuve d’engagement pour réduire les inégalités et la pauvreté au niveau mondial".

Notes aux rédactions

En 2009, le FMI a accepté "d’adopter un processus de sélection de la direction du FMI qui soit ouvert, transparent et basé sur le mérite". Cette annonce est venue confirmer un engagement antérieur pris lors de la réunion du G20 à Pittsburgh, en 2008, selon lequel "les directeurs et cadres dirigeants de toutes les institutions internationales devraient être nommés selon un processus ouvert, transparent et basé sur le mérite".

Cependant, depuis lors, deux directeurs généraux adjoints du FMI ont été nommés sans suivre un tel processus, les deux postes ayant été octroyés à des candidats originaires de pays du G7. En octobre 2010 c’est un Japonais, Naoyuki Shinohara, qui a été nommé tandis qu’en février 2011 Nemat Shafik a été nommé, un Anglo-Egyptien qui est aussi le secrétaire permanent du Département du Royaume-Uni pour le développement international. Le premier directeur général adjoint est un Américain, John Lipsky.

Lors des sessions de printemps du FMI et de la Banque mondiale en avril 2011, des militants d'une vingtaine d'organisations ont publié un document intitulé "Heading for the right choice? A professional approach to selecting the IMF boss"

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