Il faut le leadership de l’Etat haïtien pour relocaliser les 630 000 haïtiens qui vivent dans les camps

“Relocaliser plus de 600.000 personnes ne se fera pas du jour au lendemain.”
Roland Van Hauwermeiren
Directeur d’Oxfam en Haïti
Publié le : 12 juillet 2011

18 mois après le tremblement de terre qui a ravagé le pays, l’organisation internationale Oxfam rappelle qu’il est urgent que l’Etat fasse preuve de leadership pour relocaliser les 630.000 personnes qui vivent dans des camps de fortunes sous des tentes ou des bâches.

Ces victimes du séisme de janvier 2010 sont confrontées à divers défis dont la saison cyclonique en cours, la hausse du choléra dans le pays et les menaces constantes d’éviction forcée. Le gouvernement haïtien, avec le support de la communauté internationale, doit mettre en place une stratégie pour assister ceux-là qui vivent dans les camps en les relocalisant ou en les fournissant de l’aide pour retourner dans leurs maisons.

« Relocaliser plus de 600.000 personnes ne se fera pas du jour au lendemain. Toutefois, le prochain gouvernement doit prendre des décisions fermes en ce qui a trait à l’allocation des terres pour les gens qui n’ont aucun endroit pour s’installer. Par ailleurs, la création d’emplois pour permettre aux gens de recommencer à payer leurs loyers, une solution légale à l’épineuse question foncière et l’enlèvement des décombres sont, entre autres, actions qui peuvent aider les gens à quitter les camps », a dit Roland Van Hauwermeiren, directeur d’Oxfam en Haïti.

Selon un rapport publié récemment, plus de 100.000 personnes sont sous la menace d’éviction forcées dans les camps. En janvier 2010, des centaines de milliers de gens dont leurs maisons ont été détruites ou endommagées se sont réfugiés dans des espaces ouverts qui sont pour la plupart des terrains privés. Aujourd’hui, 18 mois après le sinistre, certains propriétaires veulent récupérer leurs terres.

Tout en reconnaissant les droits des propriétaires, Oxfam rappelle que la méthode consistant à faire de l’intimidation ou l’utilisation de la violence n’est pas acceptable. Les personnes déplacées doivent quitter les espaces qu’ils occupent dans la dignité et surtout avec des perspectives pour le long terme.

« Le gouvernement haïtien doit protéger les droits des personnes déplacées qui font face aujourd’hui à un nouveau traumatisme, celui d’être expulsées de force de l’endroit qu’ils occupent depuis 18 mois », a expliqué Van Hauwermeiren. « Nous sommes d’accord sur le fait que les camps ne peuvent être non plus une solution durable mais les gens ne peuvent pas être évincés sans aucune alternative. »

Le président Martelly a annoncé un projet visant à fermer 6 camps de déplacés où sont logés environ 25.000 personnes. « Nous félicitons les progrès accomplis en ce sens, cependant nous voulons que cette démarche soit inscrite dans une stratégie globale pour relocaliser tous les 630.000 sinistrés qui sont encore dans les camps, 18 mois après la catastrophe de 2010 », a ajouté le directeur national d’Oxfam.

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Peleg CHARLES, (509) 37 01 49 33 / CPeleg@oxfam.org.uk

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