Le Kenya, premier signataire de la "charte contre la faim" lancée par des ONG

“Les dirigeants du monde savent ce qu'ils ont à faire pour éviter ces souffrances - maintenant ils doivent débloquer les fonds. La Charte donne des solutions réalisables pour lutter contre la faim.”
Fran Equiza
Directeur régional d’Oxfam pour la Corne de l’Afrique, l’Afrique centrale et orientale
Publié le : 24 Septembre 2011

Paris, 24 septembre – Le Premier ministre du Kenya sera le premier dirigeant du monde signataire d’une charte inédite qui doit permettre d’en finir avec les crises alimentaires, comme celle que connaît actuellement l’Afrique de l’Est. Le document intitulé "Charte pour éradiquer la faim" sera dévoilé samedi à New York lors de la réunion de crise sur la Corne de l’Afrique organisée par les Nations Unies.

La charte, soutenue par plusieurs ONG dont Oxfam, ONE, Vision du Monde ou Save the Children, propose cinq décisions clés que les gouvernements de pays riches et pauvres doivent prendre pour mettre fin aux phénomènes de famine et de crises alimentaires résultant de sécheresse, de prix alimentaires élevés et de conflits.

Le Premier ministre du Kenya, Raila Odinga, dont le pays souffre de la crise actuelle, donnera le coup d’envoi au document samedi à New York. Il signera la charte, en présence notamment de Valerie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires et coordinatrice des secours d’urgence et de l’activiste britannique Sir Bob Geldof, et appellera d’autres pays à en faire autant.

La charte a été rédigée par une coalition d’organisations humanitaires et acteurs de la société civile qui demandent aux dirigeants du monde de s’engager pour prévenir de futures crises alimentaires désastreuses. En même temps elles exigent que l’aide d’urgence nécessaire pour la Corne de l’Afrique soit enfin débloquée.

« Les dirigeants du monde savent ce qu'ils ont à faire pour éviter ces souffrances - maintenant ils doivent débloquer les fonds. La Charte donne des solutions réalisables pour lutter contre la faim. Nous demandons aux gouvernements d'agir dès à présent pour aider les personnes souffrant en Afrique de l’Est », a déclaré Fran Equiza, le directeur régional d’Oxfam pour la Corne de l’Afrique, l’Afrique centrale et orientale.

« La sécheresse est inévitable, mais il est inexcusable de laisser les gens mourir de faim. Nous avons une responsabilité collective pour mettre fin à cette souffrance indicible, et cette responsabilité pèse encore plus lourdement sur les épaules des leaders mondiaux réunis à New York cette semaine. Ils doivent montrer aux millions de personnes touchées par cette terrible crise qu'elles ne seront pas oubliées », a souligné Guillaume Grosso, le directeur de ONE France.

L'ONU estime que 750 000 Somaliens sont actuellement menacés de mourir de faim. Les organisations humanitaires et les gouvernements travaillent à fournir une aide d'urgence pour la région, mais il est communément admis que la crise actuelle aurait pu être évitée si des mesures adéquates avaient été prises dès le début.

Des organisations telles que Save the Children, Oxfam, ONE et World Vision appellent les gouvernements du monde entier à prendre des mesures concrètes dans cinq domaines clés :

  • Apporter les bonnes réponses en amont : la crise actuelle en Afrique de l’Est était largement prévisible, mais les signaux d’alarme ont été ignorés. Les gouvernements doivent s’assurer qu’alerte précoce rime avec actions précoces pour prévenir la répétition à l’infini de tragédies en Afrique de l’Est.
  • Soutenir la production alimentaire locale : soutenir les petits agriculteurs locaux et les propriétaires de bétail est l'une des meilleures façons de protéger contre les crises alimentaires, et d’atténuer les conséquences du changement climatique et la flambée des prix alimentaires.
  • Rendre la nourriture abordable : la montée en flèche des prix de denrées alimentaires et du pétrole ont amplifié la crise actuelle, rendant la nourriture de base inabordable pour des milliers de personnes. Les gouvernements doivent accumuler des réserves alimentaires d'urgence et limiter l'utilisation des interdictions d’exportation des aliments pour éviter les pics des prix alimentaires.
  • Protéger les plus pauvres et les plus vulnérables : des millions de personnes dans le monde luttent peur leur survie. Les gouvernements doivent créer et financer des filets de sécurité sociale et investir assez pour assurer aux plus pauvres les mêmes protections et services qu’aux plus riches.
  • Réduire les conflits armés : la violence est l’une des principales causes de famine. Les gouvernements doivent s’engager à assurer l’accès des organisations humanitaires aux zones où les conflits entravent le développement et déployer tous les efforts diplomatiques pour aider à résoudre les conflits. 

Les mesures prises par les gouvernements dans ces domaines peuvent réduire drastiquement le nombre de personnes risquant de mourir de faim. Dans la région, les initiatives lancées après les précédentes crises de la faim, ont permis d’améliorer la vie de milliers de personnes.

Notes aux rédactions

La Charte a été rédigée et est soutenue par :

ActionAid, ADRA International, CAFOD, Channel 16, Christian Aid, Eastern & Southern Africa Farmers' Forum, Islamic Aid, International Medical Corps, International Rescue Committee, Merlin, Muslim Aid, ONE, Oxfam, Plan International, Save the Children, Tearfund, The Eastern Africa Civil Society Forum, The Legal Resources Foundation, Vision du Monde, West African Civil Society Forum

Contacts

ONE France : Verena von Derschau – +33 6 31 22 89 68 – verena.vonderschau@one.org

Oxfam France : Magali Rubino – +33 6 30 46 66 64 – mrubino@oxfamfrance.org

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