Un accord global sur l'aide ne tient qu’à un fil

“Les donateurs n’ont pas réussi à améliorer l’efficacité de leur aide, et maintenant ils essaient de changer les règles du jeu.”
Farida Bena
Porte-parole d’Oxfam
Publié le : 17 Novembre 2011

Des négociations sont en cours à Paris pour décider de l'avenir de l'efficacité de l'aide mondiale

Selon Oxfam, les négociateurs des pays donateurs réunis demain [vendredi 18 novembre] à Paris envisagent d’abandonner le système de contrôle de l'aide internationale qui garantit la transparence des donateurs et améliore la qualité de leur aide au développement.

Deux semaines avant une réunion cruciale sur l’efficacité de l'aide à Busan, en Corée du Sud, où plus de 2 000 délégués seront présents, dont la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, les pays donateurs font pression pour abandonner les accords sur l’efficacité de l'aide qui avaient été conclus ces dernières décennies avec les pays bénéficiaires.

Pour Farida Bena, porte-parole d’Oxfam : « Les donateurs n’ont pas réussi à améliorer l’efficacité de leur aide, et maintenant ils essaient de changer les règles du jeu ».

L'enjeu porte sur la « Déclaration de Paris » de 2005 dans laquelle les donateurs et les pays pauvres avaient conclu un accord : les bénéficiaires devaient s'attaquer à la corruption, renforcer leurs institutions et prendre d'autres mesures pour mieux gérer l'aide. En retour, les donateurs devaient rendre leur aide plus coordonnée et prévisible, et également permettre aux pays en développement de mieux contrôler la manière dont l'argent était dépensé. Tous s’était mis d’accord sur un système mondial de surveillance qui permettait de suivre les progrès et ainsi constment améliorer l'aide future.

Six ans plus tard, les pays bénéficiaires de l'aide ont tenu leurs engagements. Mais pas les donateurs. Le dernier rapport de contrôle de l'OCDE montre que les pays en développement ont fait des progrès « significatifs », notamment dans l'amélioration de leur planification et leur gestion financière. Mais les donateurs n’ont eux progressé significativement que sur un seul de leurs 13 critères : l'amélioration de leur coordination.

« L’abandon de ce processus, comme le proposent les donateurs, affaiblirait inévitablement la pression politique pour rendre l'aide plus efficace, et, de fait, reviendrait à abandonner les principes de la déclaration de Paris », ajoute Farida Bena.

« Plutôt que d'essayer de négocier l’abandon de leurs engagements, les donateurs doivnt saisir cette opportunité pour encore améliorer l'aide. Les personnes souffrant de la faim dans le monde sont plus nombreuses que les habitants d’Amérique du Nord et l'Europe réunis. Bien négocié, un accord d'aide à Busan entrainerait des résultats concrets pour les personnes vivant dans la pauvreté ».

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