Des familles campent dans un centre d'évacuation. Photo : Eleanor Farmer/Oxfam
Des familles campent dans un centre d'évacuation. Photo : Eleanor Farmer/Oxfam

Philippines : de nouvelles tempêtes causent des ravages dans un pays qui se relève à peine du typhon

“Les gens ont du mal à trouver où se mettre au chaud et en sécurité”
Justin Morgan
Directeur pays d'Oxfam aux Philippines
Publié le : 20 Janvier 2014

Une catastrophe s’ajoute au cataclysme pour les millions de personnes déplacées par le typhon Haiyan

La saison des pluies a apporté de violentes tempêtes cette semaine et, dans les régions sinistrées des Philippines, des milliers de personnes ont été évacuées suite à l’effondrement de leur tente ou compte tenu de la précarité de leur abri de fortune, tandis que d’autres restaient dans des abris inondés.

Après le passage du typhon Haiyan en novembre, plus de 4 millions de personnes se sont retrouvées sans abri. Les familles se sont efforcées de réparer les habitations à l’aide de bâches d’urgence en plastique et de matériaux récupérés dans les décombres voisins et vivent maintenant dans des structures peu solides et extrêmement vulnérables aux inondations ou aux glissements de terrain.

À Guiuan, la première ville frappée par le puissant typhon de l’histoire à toucher terre, de nombreuses tentes se sont effondrées sous le poids de la pluie, et des bâches ont été arrachées, laissant les habitants exposés aux éléments.

Une catastrophe qui s'ajoute à une autre

« Les gens ont du mal à trouver où se mettre au chaud et en sécurité, explique Justin Morgan, directeur pays d’Oxfam aux Philippines. Le typhon Haiyan a fait davantage de sans-abri aux Philippines que le tsunami qui avait frappé l’Asie du Sud-Est en 2004. Alors qu’il ne reste que trois des 32 centres d’évacuation mis en place à Guiuan au lendemain du typhon Haiyan, c’est une catastrophe qui vient s’ajouter à une autre de dimension déjà cataclysmique. »

Des millions de personnes vivent dans des conditions désastreuses compte tenu du manque d’abris temporaires et risquent de contracter des maladies d’origine hydrique et de souffrir d’insuffisance respiratoire.

Bien que les bailleurs se soient généreusement engagés à verser 331 millions de dollars pour financer l’intervention, le budget Abris de l’ONU demeure en déficit de 24 %. Cela signifie que près de 400 000 personnes ne recevront pas d’abri temporaire adéquat, à moins que des fonds supplémentaires n’arrivent.

L’État fournit un logement provisoire aux personnes sinistrées, mais les mesures prévues seront loin de pouvoir répondre au besoin immense.

Reconstruire durablement

« Les abris d’urgence résistent mal aux conditions météo extrêmes auxquelles nous nous trouvons confrontés aux Philippines, déplore Justin Morgan. Dans l’un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles, il est essentiel de fournir rapidement des habitations solides et de construire des centres d’évacuation de qualité pour celles et ceux qui continuent de vivre dans des secteurs dangereux et difficiles.

« L’État s’est engagé à construire de meilleures habitations que celles qui existaient dans les régions pauvres avant le typhon, et ces tempêtes rappellent à quel point il est essentiel qu’il tienne ses promesses. »

Oxfam souligne la nécessité d’une nouvelle injection de fonds pour les achats de matériel de construction : trousses à outils, toits en tôle ondulée et dalles de fondation en béton, par exemple.

En même temps, l’État, les Nations unies et les organisations humanitaires doivent travailler avec les personnes sinistrées pour rapidement trouver et déblayer des terrains sûrs où construire des logements temporaires et permanents.

Notes aux rédactions

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Contacts

Pour de plus amples informations, merci de contacter :

Anna Ridout, aux Philippines : +63 916 674 9742 / +63 919 509 8134 ou aridout@oxfam.org.uk

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