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Article d’Oxfam International: http://www.oxfam.org/fr/programs/campaigns/health_and_education/story_pourtous_mali
Publié le: 06 September 2007

Balkissa, enseignement au Mali

 
Balkissa, enseignement au Mali
"J’aide les parents à se rendre compte qu’éduquer une fille, c’est éduquer une nation entière. C’est la raison pour laquelle je me bats pour que les filles soient scolarisées. Je veux qu’elles fassent quelque chose de leur tête". Crédit: Keiron O'Connor/ Oxfam International
Voici Balkissa Alassane. Elle enseigne dans l’école du village N’tahaka au Mali. Elle est également une fervente partisane de l’égalité au sein de sa classe. « J’aide les parents à se rendre compte qu’éduquer une fille, c’est éduquer une nation entière » dit-elle. « C’est la raison pour laquelle je me bats pour que les filles soient scolarisées. Je veux qu’elles fassent quelque chose de leur tête. »

La bataille est rude. Traditionnellement, l’éducation des filles passe après celle des garçons à N’tahaka. Elle est même considérée comme dangereuse. « Les gens de ce village n’envoient que les garçons à l’école » explique-t-elle. « Beaucoup de parents ont peur que s’ils éduquent leurs filles, elles ne deviennent trop indépendantes et quittent le village. Mais j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec eux, et ils ont aujourd’hui le courage d’envoyer leurs filles à l’école. Ils commencent à admettre que les femmes peuvent également étudier et progresser dans la vie, et que toute la société en bénéficie. Il y a chaque année de plus en plus de filles à l’école. »

Expliquer l’intérêt pour la communauté d’éduquer les filles rend les choses plus faciles, assure-t-elle. « Dans le village, il n y a pas de sage femme pour réaliser les accouchements. Notre expert en santé est un homme. Mais ici, les gens n’aime pas qu’un homme s’occupe de la femme d’autrui. On leur a donc fait comprendre que si les femmes avaient accès à l’éducation, elles pourraient devenir sages-femmes et aider les femmes enceintes. »

Sa détermination a un impact sur ses élèves. « Lorsque vous demandez aux petites filles pourquoi elles viennent à l’école, elles répondent : Je veux être directrice de l’école, je veux être comme Balkissa » dit-elle en souriant. « Cela me motive à rester et à les aider à réaliser leurs rêves. »

Balkissa ne se bat pas que pour les filles. Formée dans une grande ville, elle sait bien que l’éducation que l’on reçoit dépend de l’endroit où l’on vit. Dans cette partie du Mali, la plupart des personnes sont des bergers : nomades, ils élèvent leur bétail et se déplacent régulièrement pour laisser une chance à la terre de se régénérer. « Il est fréquent, explique-t-elle, que des enfants arrêtent l’école pendant plusieurs mois, pour suivre leurs parents. Beaucoup reviennent en ayant tout oublié. » Balkissa s’investit donc dans des projets permettant aux enfants de rester avec d’autres familles pendant l’absence de leurs parents.

« Il est injuste que seuls les enfants des grandes villes aient accès à l’éducation et non ceux des villages » dit-elle. « Il faut plus d’égalité à ce niveau. Je voudrais voir les choses changer. Nous devons trouver un moyen de permettre à tout le monde d’avoir accès à l’éducation, sans quoi je pense que les inégalités entre les personnes continueront de se creuser. »

Il y a beaucoup de choses que Balkissa aimerait voir changer. Pour commencer, l’école du village n’a que trois enseignants pour cinq classes. « Nous avons besoin de plus d’enseignants formés », dit-elle. « Nous avons besoin de salles de classe, ainsi que d’un programme de formation continue pour nos enseignants. Nous avons également besoin de manuels pour nous aider à améliorer la qualité de notre enseignement et à mieux faire notre travail. Nous avons tout l’enthousiasme du monde, mais ni les moyens ni la formation adéquate pour être de meilleurs enseignants. Je veux que le gouvernement fasse de l’éducation une priorité. Avec l’aide du gouvernement, nous pourrions faire tellement plus » conclut-elle.

Une personne à elle toute seule peut vraiment changer le cours des choses. Imaginez ce que six millions de personnes pourraient faire ensemble…

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Information dated: September 2007